Sport : Le dopage de plus en plus présent dans le E-sport ?

Se doper avant de participer à une compétition E-sportive n’est malheureusement plus une rareté. Le phénomène entrave sévèrement à l’attractivité de l’industrie pour les sponsors, en plus de mettre la santé des joueurs en péril. Face à cela, des organisations comme l’ESIC s’efforcent d’imposer des règles qui devraient permettre de freiner l’épidémie.

 

Si le sport traditionnel n’a jamais réussi complètement à endiguer le problème, a-t-on des raisons de croire que l’e-sport saura faire mieux ? L’e sport est déjà trop ancré dans la culture pour que son développement soit sérieusement mis en danger à cause des scandales sur le dopage. Mais il ne s’agit pas d’une question de survie. Il s’agit de santé, d’éthique et de réputation. Si les organisations compétentes ne réagissent pas dans les années à venir, il est certain que beaucoup de spectateurs perdront leur intérêt pour l’e sport. A quoi bon regarder une compétition lorsqu’un participant triche ?

 

Il y a quinze ans, remporter un tournoi national voulait dire gagner un chèque de 200 euros ou repartir avec une nouvelle carte graphique. Avec de tels enjeux, il est clair que prendre une drogue pour amé- liorer ses performances paraissait démesuré. Depuis, les récompenses atteignent des millions, les contrats s’arrachent entre joueurs professionnels, et la volonté d’atteindre le sommet est plus irrésistible que jamais. Les jeunes joueurs qui se lancent dans l’e-sport ont des parcours différents, mais tous ont déjà consacré plusieurs années de leur vie à un même jeu.

 

Un choix loin d’être facile suivant la famille où l’on grandit et l’attachement que l’on a au chemin traditionnel des études censées sécuriser un job dès la sortie de l’école. Ils misent souvent tout sur une saison qui culmine avec un match qui décidera de la pérennité de leurs carrières. S’ils échouent, ils devront abandonner leur rêve et tout ce que pour quoi ils se battent depuis des années. Dans ce cas de figure, une solution facile pour avoir un avantage sur son adversaire semble très séduisante.

 

Il y un an explosait le scandale qui a fait émerger le problème de la drogue : Kory Friendsen, joueur professionnel de CSGO (jeu de tir) admettait librement lors d’une interview, avoir avec les autres membres de l’équipe pris de l’adderall avant de s’installer devant leurs écrans. Avec 250 000 dollars en jeu, on imagine que le choix fut évident pour certains.

 

Protéger la santé et l’avenir des joueurs.

 

D’après ce que l’on sait, les cas restent rares. Le phénomène n’est pas si répandu que certains le font entendre. Non, les pro gamers ne se rendent pas dans une pharmacie avant d’aller à une compétition. Quelques soit le profil de tout joueurs, tous doivent être dépistés systématiquement, à un rythme prescrit par une autorité médicale. Si l’e sport veut être pris au sérieux, il n’y a pas d’autre alternative.

Prenons quelques minutes pour comprendre ce qu’est l’adderall. Loin d’être la seule drogue que prennent les joueurs professionnels, elle reste la numéro 1 dans la majorité des cas. Il s’agit d’un médicament uniquement prescrit sur ordonnance. A l’origine, il est prescrit pour les personnes souffrant de trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. L’adderall contient des sels mixtes d’amphétamine (dont nous vous épargnons les noms) qui accroissent les neurotransmetteurs déjà actifs dans votre cerveau.