LES ITALIENS ET LA TECHNOLOGIE DANS LA VIE QUOTIDIENNE

 

Les innovations technologiques imprègnent notre expérience quotidienne en changeant les comportements et les modes de vie. Jusqu’à il y a quelques années, en train ou en métro, on pouvait voir des gens différents feuilleter un journal ou un magazine, lire un livre. Aujourd’hui, ils sont devenus des chiffres rares. Il est beaucoup plus facile de rencontrer des gens qui compilent leur smartphone ou leur tablette pour lire un magazine, chercher des informations ou visiter des réseaux sociaux. Les outils technologiques n’ont pas éliminé, mais ont incorporé, transformant les systèmes de communication précédents : ainsi le quotidien, le magazine, le livre ou la communication prennent une déclinaison numérique. Mais ce n’est pas tout. Le choix d’un séjour ou d’un restaurant, la réservation d’un voyage, l’achat de biens ou de services, les opérations bancaires et bien plus encore se font via Internet et avec des applications spéciales. En temps réel et de n’importe où. Tant et si bien que l’irritation est palpable lorsque nous ne pouvons pas nous connecter au réseau, lorsque la connexion Internet est trop lente ou qu’il n’y a pas de wi-fi Comme le note également le dernier rapport de l’Istat (Citoyens et nouvelles technologies, 2014) augmenter l’accès au web pour les familles italiennes, réduire les écarts entre groupes sociaux dans la possession des biens technologiques, l’utilisation des services e-commerce et nuage est en croissance. Si l’on y regarde de plus près, l’Italie est toujours en queue du classement européen pour l’accès à Internet (25e place sur 27), mais en tout état de cause, nous sommes de plus en plus immergés dans l’utilisation des nouvelles technologies de communication. Mais quelles sont les répercussions dans les différents domaines de notre vie du fait de leur utilisation ?

L’enquête LaST a tenté d’aborder cette dimension en demandant aux Italiens d’évaluer comment ils perçoivent cette présence, qu’elle s’améliore, qu’elle s’aggrave ou qu’elle ne soit pas pertinente dans leur vie quotidienne. Et les résultats ne semblent pas si évidents. En général, il y a un désenchantement face aux effets réels. Comme si la diffusion quotidienne et la praticabilité de ces technologies nous avaient, d’une part, rapidement fait oublier les conditions précédentes. Et, d’autre part, ils sont aujourd’hui considérés, d’une certaine manière, comme évidents et utilisables par définition. Ainsi, pour aucun des domaines de vie proposés, la majorité des personnes interrogées ne voit clairement de progrès. Le seul aspect qui approche le seuil de 50% est celui des relations sociales personnelles : 44,4% ressentent un changement positif. Mais c’est aussi là que les positions sont les plus polarisées : 16,0% considèrent au contraire qu’elles se sont dégradées. Immédiatement après, on retrouve ceux qui perçoivent des améliorations dans leur vie professionnelle (32,4%). Et puis, en un mot, il y a ceux qui observent des progrès dans la réduction de la paperasserie (21,0 %) et dans la réalité du travail ou des études (20,7 %). Au bas de ce classement se trouve la possibilité de comparer les services (14,0%) et d’obtenir des informations (10,2%). Par conséquent, si l’on exclut la dimension des relations sociales, pour tous les autres domaines, l’opinion prévaut clairement que les nouvelles technologies ne changeront pas substantiellement les conditions de vie d’une personne. Surtout pas le niveau d’information qui, paradoxalement, devrait être l’un des domaines les plus privilégiés pour l’utilisation des instruments technologiques.

En résumant les différentes orientations, il est possible d’esquisser une mesure de synthèse générale. Trois attentes fondamentales se font jour en ce qui concerne les effets des nouvelles technologies de la communication dans les différents domaines de la vie quotidienne. Le groupe principal est constitué des « indifférents » (68,4%) ou de ceux qui ne voient pas de changements particuliers. Paradoxalement, il s’agit des jeunes générations, de ceux qui sont actifs dans le monde du travail et des étudiants, de ceux qui ont un diplôme et sont hyper-connectés avec le réseau. En d’autres termes, c’est comme si les « digital natives » et les utilisateurs intensifs du web étaient déjà habitués à ces outils et percevaient les technologies similaires comme un outil de base, qui fait déjà partie de leur vie. Le deuxième groupe est « enthousiaste » (30,0%) formé par ceux qui ressentent dans presque tous les domaines les améliorations apportées par les nouvelles technologies. Il est intéressant de noter que ce profil est particulièrement répandu parmi la population âgée, peu scolarisée et qui n’utilise le réseau que pour des raisons personnelles et non pour le travail. Par conséquent, si les nouvelles technologies sont une découverte (parce qu’elles n’existaient pas ou n’étaient pas utilisées auparavant), il est d’autant plus possible d’observer les changements positifs qui se sont produits. Enfin, le groupe des « pessimistes » (1,6%) est très marginal, c’est-à-dire ceux qui ne s’identifient qu’à la dégradation dans l’introduction des nouvelles technologies.

Mais il y a, enfin, un autre aspect que de tels résultats mettent en lumière. L’amélioration de l’impact des nouvelles technologies de communication, du moins dans la perception d’une grande partie des répondants, s’arrête à leur utilisation dans la sphère personnelle, de leurs propres relations : l’utilisation des réseaux sociaux comme signe d’un nouveau mode de communication. Mais elle n’a pas (du moins pas encore) d’impact systémique : sur le lieu de travail ou en studio, dans sa propre profession, dans ses relations avec l’administration publique ou dans l’utilisation des services. Ainsi, la troisième dernière place que notre pays occupe dans le classement européen nous fait prendre conscience du chemin (numérique) qu’il nous reste à parcourir car nous pouvons réellement percevoir les bénéfices induits par les nouvelles technologies de communication.