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Le livre de l'histoire de la ligne

Le livre de l'histoire de la ligne Du même auteurL'histoire de la ligne Régis, photographe
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"La longue histoire de la ligne Dieppe-Brighton puis Newhaven"
N° 1 hors-série de "Connaissance de Dieppe et de sa région".

Garemaritime.jpg (77129 octets)
Dieppe, gare maritime, vers 1900.Photo G. Marchand

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Introduction
et un écrit de Samuel Burton en 1793.


De la Révolution à 1822

- Princes de Galles
- Duchesse d'York
- The Royal Brothers
- Les Frères Royaux

- Princess Royal
- Eliza
- Duc de Wellington
- Neptune
- Elizabeth

- le Nautilus
- Témoignage sur "le Prince Régent" (entre 1815 et 1818)
- Union
- Thomas
- Témoignage sur "l'Unité" (1818)
- Témoignage sur le "Nancy" par Dibdin (1818)

De 1822 à 1847
- Swift
- Rapid
- Papin
- Ann
- Attwood
- Talbot
- Eclipse
- Mountaineer
- Belfast
- Brokle-Bank
- Appolo
- Quentin-Durward
- Dart
- Lord Melville
- Albion
- Vénézuela
- Menaï
- Magnet
- Fame

De 1847 à 1855
- Brighton (1er)
- Dieppe (1er)
- Newhaven (1er)
- Magicien
- Ayrshire Lassie
- Culloden
- Rosethay-Castle
- Aquila
- Collier
- Lady Bird
- Paris (1er)
- Wave Queen
- Dundroon Castle
- London

De 1856 à 1875
- Dieppe (2e)
- Alar
- Marco
- Lyons
- Orléans
- Brighton
- Idoc
- Victoria
- Marseille
- Alexandra
- Bordeaux
- Rennes
- Staffa
- Viking

De 1875 à 1899
- Honfleur
- Paris (2e)
- Brighton (3e)
- Victoria (2e)
- Britanny
- Normandy
- Rouen (2e)
- Paris (3e)
- Seine
- Tamise
- Seaford
- Sussex
- Manche

De 1899 à 1945
- France
- Arundel (4e)
- Brighton (4e)
- Dieppe (3e)
- Newhaven (2e)
- Rouen (3e)
- Paris (4e)
- Versailles
- Worthing
- Brighton (5e)

De 1945 à 1990
- Dinard
- Victoria
- Ile de Guernesey
- Ile de Tanit
- Londres
- Arromanches
- Brighton (6e)
- Lisieux
- Falaise
- Normannia
- Dover
- Villandry
- Valençay
- Caledonian Empress
- Senlac
- Chartres
- Chantilly
- Casablanca
- Le Prince Laurent
- Stena Londoner
- Stena Parisien

Conclusion de l'auteur :
du nouveau terminal à... l'avenir?

UNE LIGNE QUI A 250 ANS D'EXISTENCE... et qui se maintient malgré les années, les guerres, les Révolutions, les corsaires, les mouvements sociaux les jours fastes et néfastes...

 En ce mois de juillet 1994, la Ligne Dieppe-Newhaven qui totalise 250 ans d'existence, vient de tourner une nouvelle page de son Histoire, avec la mise en service du nouveau Terminal dieppois, suivie de son inauguration et qui marque ainsi l'ouverture du port extérieur si espéré.

Déjà, en 1972 et en 1973, il faut signaler la modernisation des installations portuaires avec le nouveau Terminal, à Newhaven, pour un accueil plus agréable des voyageurs. L'année 1964 marque aussi une grande date avec l'arrivée des car-ferries, en premier, le 'Falaise", paquebot anglais transformé.

A la suite des travaux d'agrandissement du port de Dieppe, on note depuis le 1er mai 1889, les horaires fixes des paquebots qui n'ont plus à attendre la marée haute pour sortir ou entrer. A partir de 1885, c'est la francisation d'une partie des paquebots et des cargos.

En 1867, le service est doublé en saison d'hiver : un navire de jour et un de nuit. L'été, à partir du 1er mai 1851, la Ligne fonctionnera tous les jours.

Et 1847, c'est l'abandon de Brighton-Shoreham pour le port de Newhaven, aménagé dans l'embouchure de l'Ouse, pour recevoir les paquebots et accueillir les passagers en partance ou arrivant de Dieppe.

Il faut savoir qu'en 1847, les Chemins de Fer britanniques créent une Compagnie Maritime et ouvrent une Ligne régulière le 8 décembre, assurée par trois vapeurs à roues. Pour des raisons imputables à la Législation britannique, cette Compagnie fut dissoute en 1850, et remplacée par une autre, en avril 1851, mettant en service trois autres bateaux : le "Rothesay-Castle", le "Culloden" et "Ayrshire Lassye".

En 1793, c'est la déclaration par Samuel Burton, capitaine des "Frères Royaux", certifiant aux autorités françaises révolutionnaires, qu'il assure le service des paquebots voiliers de Brighton à Dieppe, depuis trente ans. Il faut savoir aussi que son père était également capitaine de paquebot et qu'il y en avait d'autres, comme John Chapman, etc.

Intéressante cette déclaration de Samuel Burton en cette période de guerre entre la France et l'Angleterre, qui montre que malgré tout, des paquebots s'aventuraient encore sur la Ligne Brighton-Dieppe.

L'embargo était mis sur le capitaine et sur son navire.

Un exemple :

Le capitaine anglais Samuel BURTON, et ses démêlés à Dieppe, au cours de la Révolution

Le 31 Janvier 1793, le paquebot-voilier "Les Frères Royaux" accostait dans l'avant-port de Dieppe malgré la guerre entre l'Angleterre et la France. C'était la seconde fois d'ailleurs que l'embargo était mis sur ce navire anglais. Et le lendemain, 1er février 1793, le capitaine, Samuel BURTON, eut à s'expliquer devant les représentants de la Municipalité dieppoise. Nous avons retrouvé cette déclaration dans les archives dieppoises du Fonds Ancien.

La voici :

"J'ai l'honneur de vous représenter qu'il y a environ trente ans que je suis capitaine de Paquebot faisant les voyages de Brighton à Dieppe et de Dieppe à Brighton, et que lors de l'embargo qu'il y a eu en ce port au commencement de la guerre dernière, j'étois du nombre de ceux de ma Nation qui y furent arrêtés ; et que sur la représentation de mon genre de navigation, il me fut délivré un ordre de partir de suite avec les passagers qui étaient munis de passe-ports pour l'Angleterre ; ce que j'effectuais immédiatement après l'ordre qui me fut transmis : dans l'entière confiance où j'ai toujours été que dans le cas où il surviendrait des ordres ministériels de faire arrêter dans tous les ports de la République françoise, tous les navires de ma Nation, j'obtiendrais la même faveur que celle qui m'avait été accordée précédemment, ayant su qu'il y avait à Brighton, un certain nombre de passagers ainsi que de marchandises que l'on m'a dit être destinées pour les troupes françaises, j'y ai embarqué le tout et suis entré hier en ce port avec ma sécurité ordinaire, ce qui me paraissait d'autant mieux fondé que j'avais été informé, qu'au Havre, on y avait obtenu dernièrement, une permission du Ministre, qu'en cas d'embargo, les Paquebots obtiendraient la liberté de retourner de suite : toutes ces considérations me font espérer que vous voudrez bien vous intéresser à faire lever l'ordre de l'arrestation de mon paquebot et me permettre de retourner avec les passagers qui sont icy munis de passe-ports ainsi que ce qu'il y a de marchandises destinées à l'Angleterre. C'est une seconde faveur qu'espère de votre générosité, celui qui a l'honneur d'être avec une entière reconnaissance,

Citoyens,

Votre très humble et obéissant serviteur."

Burton.GIF (578 octets)

Ce fut le Ministre de la Marine de l'époque, Monge, qui leva, à la date du 17 février, l'embargo mis sur ce bâtiment et sa libre navigation. Le paquebot, "Les Frères Royaux", resta donc avec son capitaine, immobilisé à Dieppe pendant trois semaines. Ensuite, on n'entendit plus parler des paquebots anglais en notre port, avant 1802, date de la Paix d'Amiens, et pour une courte durée. Il fallut attendre les "Cent Jours", pour que l'activité reprenne entre Brighton et Dieppe.

 

UNE LISTE DÉJÀ LONGUE...

"Prince de Galles", paquebot voilier, capitaine Samuel Burton. Ce bateau possède deux cabines avec chacune huit lits et une grande chambre à deux lits. Desservait avant la Révolution, et jusqu'en 1793, la ligne entre Brighton et Dieppe. Il partait de Brighton, tous les samedis au soir, pour Dieppe, et de Dieppe, tous les mardis au soir, pour Brighton. Sur une affiche d'époque, on lit, entr'autres, ceci : "Les chevaux et les voitures doivent être envoyés le jour avant que l'on met à la voile".

"Duchesse d'York", paquebot voilier qui assurait au début de la Révolution de 1789, le service des voyageurs entre Dieppe et Brighton et vice-versa, sous le commandement du Capitaine Samuel Burton, fils, de Brighton.

"The Royal Brothers", voilier anglais, cité notamment en 1790, effectuant le trajet Brighton-Dieppe et retour, pour les voyageurs. Capitaine Burton.

"Les Frères Royaux", paquebot voilier anglais, cité à Dieppe en 1793, capitaine Burton.

"Princess Royal", paquebot voilier, avec "deux élégantes cabines, contenant chacune huit lits ; outre une grande chambre où il y a deux lits. Les cabines ou la grande chambre, peuvent se louer séparément s'il est requis par une famille. Ce navire part tous les mardis au soir de Brighton pour Dieppe, et tous les samedis au soir, de. Dieppe pour Brighton". Capitaine propriétaire, John Chapman.

"Éliza", paquebot voilier anglais, capitaine Charles Lind, est cité au port de Dieppe, de juillet à octobre 1814 et en mars 1815. Ce nom est mentionné dans un jugement de la justice de Paix de Dieppe, en date 22 juillet 1814, à propos de plaintes de la Douane de Dieppe, contre des passagers de ce paquebot, et à différentes reprises.

"Duc de Wellington", paquebot voilier anglais, capitaine Cole, fréquenta le port de Dieppe en août 1814, en mars 1815, venant de Brighton. Cité dans des jugements rendus par la Justice de Paix de Dieppe, entre l'Administration des Douanes et certains passagers qui passaient en fraude des tissus anglais alors que c'était prohibé.

"Neptune", paquebot-voilier anglais, fréquenta le port de Dieppe, venant de Brighton dans les années 1814 et 1815.

"Élizabeth", paquebot voilier anglais, assurait le service Brighton-Dieppe, d'août 1814 à 1818-1819.

"Le Nautilus", voilier anglais, cité au port de Dieppe, venant de Brighton, en octobre 1814. Capitaine Winsfield.

"Prince Régent", paquebot voilier anglais fréquentant le port de Dieppe et Brighton, de fin mars 1815 à 1818 environ.

Un témoin du temps rapporte que "c'est un fort joli paquebot qui fait habituellement le trajet pour Dieppe ou Brighton. Nous y descendons, dit-il, à l'aide d'une petite échelle, et nous en visitons les coins et recoins, lesquels sont tellement aménagés, que la carcasse contient une quantité de lits de repos élégamment décorés, de coffres et d'armoires.
Les chambres autour desquelles ces lits sont pratiqués, sont ornées de bancs, de pliants, de tables et autres petits meubles, le tout du plus bel acajou, et tenu avec une extrême propreté.
Sur le Tillac, sont des cages à volailles, les attirails de la cuisine, et des bancs pour le commun des passagers légers d'argent.
"Amable s'amuse beaucoup de tous ces détails, et plus encore, de voir de très jeunes mousses déployer en grimpant au haut des mâts, une agilité qui leur fait envie.
Le prix de la traversée est annoncé comme étant de deux guinées dans l'intérieur, et d'une guinée sur le Tillac, mais il paraît que là, comme ailleurs, il est des accomodements. Quand nous fûmes sortis de ce paquebot, nous avons, dis-je à notre écolier, visité en Parisiens, ce bâtiment que nous quittons. Nous en avons observé l'élégante distribution et tu as été enchanté de refaire un bout de toilette devant un "bonheur du jour", mais comme tu penses bien, cette élégance ne serait que le moindre mérite d'un vaisseau destiné à voguer sur le vaste océan."

"Union", paquebot voilier français, cité au port de Dieppe, en mars 1815. Revenant de Brighton, il fut capturé par un croiseur anglais.

"Thomas", voilier anglais, cité au port de Dieppe en avril 1814, sous le commandement du capitaine Clair.

"L'Unité", (The Unity), paquebot voilier anglais cité au port de Dieppe, en 1818.

Un témoin du temps signale ceci : "J'aperçois un autre paquebot qui arrive à pleines voiles, car la marée a sensiblement atteint sa plus grande hauteur. Il faut voir comment ce bâtiment s'avance, halé par des femmes et des enfants déguenillés qui gagnent quelques sous à ce travail. C'est encore un paquebot anglais "The Unity". On voit le nom vers la proue, au bas de cette figure sculptée.
"Ce bâtiment est encore un paquebot qui arrive de Brighton, et nous présidons au débarquement, spectacle amusant et curieux. Les passagers, montés sur le Tillac, semblent dévorer des yeux la terre hospitalière.
"Les douaniers accourent faire une visite rigoureuse, et un galant gentleman, cherchant en vain à déguiser sa corpulence factice, est atteint et convaincu d'avoir voulu passer en fraude des cachemires ou des gazes, que peut-être, hélas ! il destinait à quelques belles Françaises, tandis qu'à côté de lui, une jeune et jolie lady atteste, en souriant, à ces messieurs si sévères, qu'il existe une cause très réelle de sa très légitime rotondité, à laquelle ils n'ont rien à reprendre.
"Aux douaniers succèdent les aubergistes, tiraillant les voyageurs pour les amener à leurs hôtels. Nos yeux s'arrêtent principalement sur deux dames anglaises remarquables par leur beauté, et paraissant souffrir encore du mal de mer".

"Nancy", paquebot voilier, cité à Dieppe, en 1818, venant de Brighton. Un des passagers, le célèbre Bibliographe anglais, Thomas-Frognall Dibdin nous a laissé entre autres, ce récit :

"Ce fut le 14 avril (1818), écrit Dibdin, et par le plus beau temps du monde, que je quittai mon domicile pour la terre des châteaux, des églises et de la chevalerie.
"Les vents contraires, peut-être l'indolence et la mauvaise volonté du capitaine, nous retinrent deux jours entiers à Brighton. Il fut décidé que nous partirions, le lendemain, vendredi. Nous nous jetâmes dans le canot du bâtiment ; nous gagnâmes le joli petit paquebot, le "Nancy", capitaine Blaber. L'ancre fut levée, la voile déployée et le cap fut mis au large... Vers minuit, nous entendions le capitaine crier qu'il voyait le phare Dieppe ; nouvelle bien agréable pour nous. Mais comme il nous était impossible d'entrer dans le port avant 7 heures du matin, à cause de la basse mer, nous dûmes attendre à l'ancre et toujours ballottés.
"Ce que je n'oublierai point, ce sont les sentiments beaucoup plus profonds que j'éprouvais en apercevant à la barre, lorsque le jour me permit de distinguer les objets, le vieux matelot qui dirigeait notre bâtiment dans le port. Son visage était sillonné de rides ; un bonnet de nuit, rouge, couvrait sa tête ; une jupe bleue, courte et large, formant de grands plis, lui serrait la ceinture : "Voilà, me dis-je, un vétéran de la marine française !"
"Vers 7 heures du matin, nous étions sur le pont ; la mer continuait à rouler de grosses vagues d'une couleur noirâtre, et le jour arrivait lentement, escorté de nuages lorsque nous parvînmes à l'entrée extérieure du port. Et cet immense calvaire élevé sur la droite, ne pouvait manquer de faire sur nous, une vive impression. Ce n'est pas que le crucifix ne soit d'assez mauvais goût ; tout son mérite, fort insignifiant sans doute, consiste à n'avoir point de rival en France pour ses proportions gigantesques. A mesure que nous avancions, nous pouvions distinguer plus facilement les navires et les maisons. Le bassin est vaste. On y voit que des bâtiments de commerce confondus au milieu des bateaux pêcheurs en grande quantité ; mais le rapport de ces derniers avec les maisons pour la couleur et la construction, le bruit des quais, les tonneaux, les planches, les cordages, mille autres objets différents étalés sur le port, tout cela formait un tableau intéressant et très animé. La population nous a paru innombrable et composée principalement de femmes. Ces grandes coiffes, ces énormes boucles d'oreilles et tout le reste de l'accoutrement, nous donnaient presque à penser qu'au lieu de nous trouver à 25 lieues seulement de nos roches blanches, nous étions réellement tombés aux Antipodes.
Une bonne heure s'écoula encore avant que nous ne puissions mettre pied à terre, salués, dès ce moment et souvent heurtés par tous ceux qui voulaient nous faire descendre à leur hôtel. «Mais Monsieur, par ici, par ici, c'est ici que vous serez charmés de votre réception..." C'est l'hôtel d'Angleterre que nous cherchons, répliquais-je ! "A la bonne heure, s'écria un jeune et vif garçon, suivez-moi, je vous prie..." A peine entrions-nous dans le café de l'hôtel, que le bon Delarue s'écria : "Vous voilà donc à Dieppe ! Soyez les bienvenus !" Nous répondîmes que nous étions satisfaits, et pour oublier les désagréments du voyage, nous demandâmes des oeufs et du café, bien décidés d'ailleurs à nous accommoder de tout."

Notre Anglais fut bien vite réconforté et sans perdre de temps, il visita ensuite la ville et ses faubourgs, en notant ses impressions.

"Swift'', paquebot voilier à aubes construit en 1822, signalé comme desservant plus ou moins régulièrement la ligne de Brighthelmston (Brighton) à Dieppe et vice versa, en 1822 et peut-être encore, les années suivantes.

"Rapid", voilier anglais, à aubes construit en 1824. Il apparaît à Dieppe vers 1825 et desservit la ligne pendant une quinzaine d'années. Il effectuait la traversée en neuf heures. Il partait de Dieppe le mercredi et le samedi pour Brighton et revenait au port de Dieppe, le lundi et le jeudi, (en 1838).

"Papin", frégate anglaise desservant la ligne, vers 1839.

"Ann", sloop voilier anglais, cité au port de Dieppe en 1832, capitaine Saunders. Dans la Presse dieppoise, à la date du 12 août 1832, on lit cette insertion : "The fast sailing sloop "Ann", captain Saunders, leaves Brighton every Wednesday and Dieppe every Monday - chief cabin 10 shillings, for friegh or passage, apply to, M. Morel, briker, n° 17, sous les Arcades".

"Attwood", voilier à aubes de 130 tonneaux, construit en 1826, et en service sur la ligne Londres-Ostende. Fut transféré sur la ligne Shoreham-Brighton-Dieppe, en 1830, et acheté par la G.S.N.C.O., en 1836.

"Talbot", voilier anglais, à aubes, construit en 1825. Il est signalé arrivant de Brighton, au port de Dieppe, avec douze passagers, en avril 1831. Son capitaine se nommait Norwood.

"Eclipse", paquebot voilier à aubes, construit en 1825. Il figure au mouvement des navires du port de Dieppe, à la date du 8 juin 1831.

"Mountaineer", voilier paquebot à aubes, construit en 1826, pour la ligne Shoreham-Brighton-Dieppe. Il est cité au port de Dieppe de 1833 à 1836, et mettait huit heures à effectuer la traversée.

"Belfast", paquebot voilier à aubes, anglais, arrivé au port de Dieppe, le 16 avril 1836 avec 25 passagers. Construit en 1821, 204 tonneaux, pour la ligne Londres-Calais. Remplaça le "Mountaineer" sur la ligne Dieppe-Brighton. Et un journal dieppois, à la date du 20 août 1836 écrit : "Ce nouveau paquebot, en raison de la dimension de ses roues et de la force de ses machines, aura une marche des plus rapides. Il est arrivé samedi à Dieppe avec une heure d'avance sur son horaire..."
Mais à la date du 23 juin 1838, le journal dieppois, 'La Vigie", signale son insuffisance, critique sa lenteur et son faible tonnage. Le 27 août 1838, le "Belfast qui transportait en Angleterre le duc de Nemours, heurta la jetée de Shoreham et des avaries l'immobilisèrent. Il fut remplacé par "Brokle-Bank"... qui ne vaut guère mieux". estime "La Vigie de Dieppe".
Après réparations, le "Belfast", fin août 1838, reprenait son service sur la ligne.
En avril 1840, les journaux dieppois annoncent que le "vieux Belfast" va être remplacé par le 'Dart".

"'Brokle-Bank", paquebot anglais qui remplaça le "Belfast" en juin 1836. Il fut fort critiqué (en 1838), par la Presse de l'époque et aussi par les marins.

"Appolo", paquebot cité dans le journal local "Mémorial Dieppois", du 2 Juillet 1835. On attendait alors ce navire à Dieppe, pour remplacer le "Mountaineer", qui devait aller au Havre.

"Quentin-Durward", paquebot à aubes construit en 1825, et qui assurait le service sur la ligne Dieppe-Brighton-Shoreham, en 1836.

"Dart", steamer voilier anglais, capitaine Cheesman, remplaça sur la ligne, le "Belfast", en avril 1840. Mais ce dernier reprit du service, de septembre 1841 à novembre 1843. Il fut remplacé alors par le "Menai".
Construit en 1819. Dans le journal, "Mémorial Dieppois", daté du 19 mai 1840, on lit ceci : "Samedi soir, vers 9 heures, le "Dart", navire à vapeur qui succède au "Belfast", destiné à faire les services entre Brighton et Dieppe, est entré dans notre port. Le "Dart" ne paraît pas avoir plus de 10 à 11 ans d'âge respectable, mais qui lui laisse encore devant lui, l'espoir de quelques années de bons services. Il tire environ 2 mètres d'eau et dispose d'une machine de 120 chevaux, sa jauge étant de 139 tonneaux, sans compter l'emplacement de la machine. Il est plus long que le "Belfast"."

Le "Dart" fit quelque temps le service de Londres aux divers ports à l'entrée de la Tamise, avant d'assurer les liaisons avec les ports de Boulogne-sur-Mer, de Calais et d'Ostende.
A l'intérieur de ce navire, sous le rapport de l'élégance et des commodités, le "Dart" était visiblement supérieur au "Belfast". Il est d'abord plus grand, plus propre et plus confortable pour la quarantaine de passagers qu'il transporte, avec souvent, une ou deux voitures et leurs chevaux. Le capitaine Cheesman qui le commande, certifiait que par beau temps, le "Dart " pourrait assurer la traversée en 6 ou 7 heures.

"Lord Melville", paquebot voilier anglais, à aubes, cité dans le port de Dieppe, en octobre 1841. Construit à Chester, en 1822, il faisait 116 tonneaux. Il navigua entre Londres et Calais, puis entre Brighton et Dieppe. "La Vigie de Dieppe" du 16 octobre 1841, signale que le "Lord Melville", remplaçant le "Dart", est arrivé le 13 octobre dernier, avec vingt passagers.

"Albion", paquebot signalé dans les mouvements des navires du port de Dieppe, en septembre et octobre 1842, capitaine Cheesman. Il remplaça le "Dart", jusqu'à la fin de la saison.

"Vénézuéla", paquebot à aubes, affecté à la ligne en septembre 1843. Sa jauge était de 308 tonneaux. Il fut construit en 1840, pour la ligne Londres-Ostende et vint à Dieppe, en renfort du "Dart" qui poursuit son service.

"Menaï ", paquebot anglais, à aubes, de 263 tonneaux, construit en 1836, et fut sur la ligne de 1844 à août 1848. Dans son numéro du 28 novembre 1843, un journal dieppois annonce que le "Menaï" qui effectuait un service Brighton-Le Havre, va remplacer le 'Dart", sur la ligne de Dieppe-Brighton". Puis, le 9 Janvier 1844, on apprenait que le service avait été "interrompu la semaine dernière". Il reprit le 6 avril suivant avec le "Menaï" qui amena 43 passagers. À la date du 3 mai 1844, le "Menaï" est doublé par le "Magnet". Ainsi, deux paquebots assurent le service de la ligne. Le 5 avril 1845, on apprend que le "Menaï" qui a repris le service, est entré à Dieppe avec 35 passagers, et en est reparti avec 50. Le 2 août 1850, le "Menaï" revenait à Dieppe avec 25 passagers.

"Magnet", paquebot à aubes, construit en 1826, pour la ligne Londres-Boulogne, d'une de 296 tonneaux. Le 26 avril 1844, le dieppois "La Vigie annonce "qu'à partir du 1er mai prochain, le "Menaï" sera remplacé par le "Magnet". Le 1er mai 1844, en effet, le "Magnet" arrivait au port de Dieppe avec 39 passagers... et le "Menaï" continua ses traversées.

"Fame", paquebot à aubes, de 294 tonneaux, construit en 1844.
A la date du 28 mai 1844, "La Vigie" nous apprend que le "Fame", doublant le "Magnet", est entré au port, le 25 mai, avec 56 passagers. Puis en 1847, dans ce même journal, on lit que le "Fame" assure toujours son service Brighton-Dieppe au tarif réduit de 7 sh 6 p., en première classe, de 5 sh, en seconde classe. Il faut préciser qu'à cette date, le "Fame" était en concurrence avec le paquebot de la Compagnie de Newhaven.

"Brighton" (premier du nom), paquebot à aubes, prit son service sur la ligne, le 1er juillet 1847 pour l'assurer jusqu'en 1850. Capitaine Scott.
Le 2 juillet 1847, la "Vigie" mentionne l'arrivée la veille, du paquebot "Brighton", venant de Shoreham en 5 heures. On apprend aussi que deux autres paquebots suivront sur la ligne Newhaven-Dieppe.
En 1850, le "Brighton" était vendu aux Italiens, lors de la suppression (provisoire), du service Newhaven-Dieppe.

"Dieppe", (premier du nom), paquebot à aubes sur la ligne en 1847. Construit en 1847. Le 2 Juillet 1847, "La Vigie" annonce que le "Brighton" est arrivé à Dieppe, venant de Shoreham...; le "Dieppe" est parti au Havre et un troisième, le "Newhaven", doit entrer en service sur la ligne, très bientôt. On note d'ailleurs, quelque temps après, au mouvement portuaire, les entrées du "Dieppe", du "Fame", du "Newhaven" et du "Brighton". Quatre navires assuraient alors le trafic voyageurs entre Dieppe et Newhaven.
Le "Dieppe" fut vendu en 1850, à des Écossais.

"Newhaven", (premier du nom), paquebot à aubes construit en 1847. Il est aussitôt affecté après son lancement, à la ligne Dieppe-Newhaven. Fut vendu en 1850, aux Bermudes, après la dissolution de la Compagnie Anglaise.

"Magicien", paquebot à aubes de 175 tonneaux, construit en 1842. Fut tout d'abord affecté sur la ligne Shoreham-Brighton-Dieppe, puis sur celle de Douvres-Boulogne.
Par "La Vigie" du 29 mai 1849, on apprend que le service Dieppe-Newhaven a repris depuis le 22 mai, avec le "Magicien" qui est entré avec 19 passagers et qui est reparti avec un seul, le 27. Pendant que la Compagnie Anglaise de Newhaven-Dieppe était en dissolution, le "Magicien", de l'autre Compagnie, poursuivit son service.
Le 22 juin 1850, la liaison avec Dieppe-Newhaven reprenait. Le "Magicien" arrivait toujours à Dieppe avec sensiblement le même nombre de passagers.

"Ayrshire Lassie", navire à aubes sur la ligne Dieppe-Newhaven en 1851. Sa date de construction reste ignorée mais on sait qu'il servit, à l'origine, de remorqueur et de steamer d'excursions, à Liverpool. Il fut vendu, hors de service, en 1851.
A la date du 2 mai 1851, les horaires de la ligne sont assurés par les paquebots "Ayrshire Lassie", "Culloden" et "Rothesay Castle".

"Culloden", paquebot à aubes, sur la ligne, en 1851. Il servit tout d'abord à Glascow où il fut vendu. Mais "trop lent", il était revendu à la fin de cette année, puis transformé en schooner, il finit sa carrière à Melbourne.

"Rothesay-Castle", paquebot à aubes dont on ignore la date de mise en chantiers. C'est à Glasgow, sur la Clyde qu'il navigua avant d'être vendu en 1851. Il assura, cette année-là, le service sur la ligne Dieppe-Newhaven mais "trop lent", il fut lui aussi revendu à la fin de l'année. Transformé en schooner, il servit en Australie où il était revendu pour payer ses dettes. Il devait finir sa carrière dans un naufrage.

"Aquila" , paquebot venu sur la ligne, en renfort de "I'Ayrshire Lassie", en 1851.

"Collier", paquebot à aubes, assura le service en 1851, sur la ligne Dieppe-Newhaven.

"Lady Bird", paquebot, le premier à une hélice que l'on vit apparaître sur la ligne, en 1852. "La Vigie de Dieppe" nous renseigne encore à la date du 6 février 1852 : "Le paquebot "Lady Bird" a inauguré le service avec 22 passagers. Malgré le mauvais temps, ce paquebot n'a mis que sept heures pour faire la traversée, mais par temps normal, il ne mettra plus que cinq heures".

"Paris", (premier du nom), paquebot à aubes. Entra en service sur la ligne, le 18 juin 1852. Il jauge 350 tonneaux. Il fut lancé le 6 mai 1852. Le journal dieppois "la Vigie", à la date du 22 juin 1852, nous apprend que le "Paris", en sortant du port, a abordé l'estacade du "Petit Veules". Son beaupré a été cassé. Le "Paris" fait "la course" avec le "Wave Queen", de la Compagnie concurrente.
Le 29 septembre 1854, on sait par le journal, à Dieppe, que le "Paris" a été abordé le 23, au cours de la nuit, par une goélette inconnue. Il a subi de graves avaries, la salle des machines a été inondée, et la mer l'a jeté à la côte, près de Newhaven. Réparé, il navigua ensuite sur la ligne de Jersey et fit naufrage au large de Saint-Hellier, en 1863.

"Wave Queen", (Reine des Ondes), paquebot à aubes, 66 mètres de longueur, lancé en 1852, pour des armateurs belges qui le refusèrent. A la date du 10 août 1852, il est signalé qu'un nouveau steamer "La Reine des Ondes" (Wave Queen) est entré au port de Dieppe et qu'un pari de 10.000 francs avait été engagé entre ce paquebot et le "Paris". C'est le 'Wave Queen" qui gagna... mais le 17 août 1852, M. Bosson, agent à Dieppe de la Compagnie du "Paris", fait savoir que ce dernier était parti de Newhaven, 30 minutes après le "Wave Queen" et qu'il est entré au port de Dieppe, dix minutes après lui. Il a donc mis 20 minutes de moins pour faire la traversée.
Le 14 septembre 1852, on apprenait que, par suite d'une violente tempête, le "Wave Queen" s'est échoué à l'Est de Newhaven, et le 1er octobre suivant, paraissait dans la presse locale, une lettre de M. Bosson, pour une mise au point de cet accident de mer. Sur la ligne, il assure le service avec le "Lady Bird" et le "Paris".
Le "Wave Queen" fut vendu hors de service, en 1856.

"Dundroon Castle", paquebot à aubes lancé en 1853. "La Vigie" du 13 mai 1853 signale que le nouveau paquebot, le "Dundroon Castle", est entré en service sur la ligne Dieppe-Newhaven. Il navigua ensuite sur la ligne de Jersey.

"London", paquebot à aubes, de 341 tonneaux, construit en 1853, effectua quelques traversées sur la ligne Dieppe-Newhaven, en 1853 et en 1854. Il fut vendu aux Italiens après la guerre de Crimée, et dénommé "Garibaldi", il acheva sa carrière comme charbonnier en Italie.

"Dieppe", (deuxième du nom), paquebot à aubes, construit en 1855, fit son entrée au port de Dieppe, le dimanche 24 juin 1855, et la population dieppoise admira ses "formes gracieuses". Il navigua sur la ligne de Saint-Malo, en 1863 avant d'être vendu à des Français.

"Alar", paquebot à aubes, construit en 1856. Il assura, pendant quelque temps, le service entre Newhaven et Dieppe.

"Marco", paquebot à aubes, construit en 1856, fit plusieurs traversées sur la ligne. Peu de renseignements sur ce navire et sur sa carrière.

"Lyons", paquebot à aubes, de 269 tonneaux, construit en 1856. Sa vitesse était de 11 noeuds un quart. Il assura le service entre Dieppe et Newhaven. "La Vigie" en fait mention en juin 1860. Le 19 février 1869, le "Lyons" s'échoue sur les pouliers de galets.
Le "Lyons" fut pris en charge par les Français, puis vendu à J.C. Lèves, en novembre 1884. Il fut démoli en 1887.

"Orléans", paquebot à aubes lancé en 1856. 269 tonneaux. Assura pendant plusieurs années, le service Dieppe-Newhaven. Sa vitesse était de 11 noeuds un quart.
Le 26 juin 1860, "La Vigie" signale sa présence dans le port de Dieppe.
Le 25 novembre 1862, on apprend que ce paquebot a pris en remorque quatre canots harenguiers dont les sennes s'étaient mêlées par suite d'une "saute" de vent. Puis, le 11 novembre 1864, le paquebot "Orléans" et le remorqueur du port, le "Rival", parvenaient à ramener au port de Dieppe, le bateau de pêche "Estelle", coulé, qui flottait entre deux eaux. Le paquebot "Orléans" fut démoli en décembre 1878.

"Brighton" (deuxième du nom), paquebot à aubes, construit en 1856, 286 tonneaux. Il battit le record de la traversée en parcourant les quelque 64 milles, en 5 heures 20. Il fut vendu en 1858 pour assurer le service sur la ligne des îles Weymouth, et fit naufrage dans le brouillard, près de Guernesey, en janvier 1887.

"Idoc", paquebot à une hélice, de 221 tonneaux, construit en 1858. Par suite d'acquisition, entra en service sur la ligne Dieppe-Newhaven, en 1871.

"Victoria", (premier du nom), paquebot à aubes, de 374 tonneaux, construit en 1861 et affecté tout d'abord à la ligne Boulogne-Folkestone. Il assura le service sur la ligne Dieppe-Newhaven, à partir de 1863.
"La Vigie", du 23 juin 1863, signale son arrivée dans le port de Dieppe, ce qui donna lieu à une réception officielle.
Par la suite, il ne fut plus question du "Victoria", mais on sait cependant qu'il fut démoli en 1895.

"Marseille", paquebot à aubes, de 432 tonneaux, construit en 1864. Vitesse, 13 noeuds.
Il arriva à Dieppe le 17 septembre 1864. "La Vigie" mentionne qu'il est de sept mètres plus long que "l'Alexandra" et qu'il effectue la traversée en 4 h 26.
Le 7 mai 1881, le "Marseille" s'échouait sous la falaise près de Biville-sur-Mer. Les passagers furent débarqués sur des canots. Le "Marseille" a été tiré de sa fâcheuse position à marée haute, après avoir été renfloué.
Il fut vendu en 1884 et démoli en 1891.

"Alexandra", paquebot à aubes, construit en 1862. Vitesse, 16 noeuds et demi.
Il arriva à Dieppe quelques jours avant le 20 septembre 1864, date à laquelle il est cité pour la première fois par "La Vigie".
Le 14 octobre 1864, en sortant des jetées dieppoises, "l'Alexandra" aborda un bateau de pêche dont le patron fut tué.
Le 7 septembre 1865, ce paquebot s'échouait dans les roches, à la pointe de l'Ailly. Il fut renfloué morceaux par morceaux, et réparé par la Maison Mazeline et Compagnie, au Havre, d'où il revint à Dieppe, le 30 avril 1867. Il fut remis en service sur la ligne, en mai.
"La Vigie" du 23 février 1869, signale que "l'Alexandra" fit la traversée en 4 h 30. Le 6 octobre de cette même année, ce paquebot aborde sans gravité, une goélette qui entrait au port, remorquée par "l'Ursa Major".
"L'Alexandra" fut vendu en 1883, pour un service d'excursions, à Liverpool, et revendu en 1891, à Hassing Léonard Cy, il reprenait du service en Manche.

"Bordeaux", paquebot à aubes, construit en 1865, 432 tonneaux, vitesse: 13 noeuds.
"La Vigie" du 12 septembre 1865 annonce son arrivée à Dieppe.
Le 4 août 1874, ce journal dieppois écrit que le paquebot "Bordeaux" qui a transporté l'Impératrice d'Autriche à l'île de Wight a repris son service sur la ligne Dieppe-Newhaven. Le salon installé sur la dunette, pour l'Impératrice, a été très remarqué.
Le 14 mars 1887, en raison du brouillard, le "Bordeaux" mouilla à quelques encablures de la plage. Quand le brouillard se dissipa, la mer était basse... Aussi, une douzaine de canots durent aller chercher les passagers. On ne peut douter du pittoresque des allées et venues.
En 1889, le "Bordeaux" était vendu. Il fut démoli en 1894.

"Rennes", paquebot à deux hélices, 289 tonneaux, vitesse : 13 noeuds, lancé en 1866. Ce paquebot n'est pas nominativement cité dans la presse dieppoise, cependant, "La Vigie" du 1er mars 1867, indique que le service va être doublé et qu'au 1er mal, il sera assuré par trois départs quotidiens : deux bateaux à aubes et un à hélices. Ce dernier est certainement le "Rennes".
A noter qu'en 1866, la Compagnie London, Brighton et South Coast Ry, furent les pionniers du paquebot à deux hélices avec le "Rennes", avec une machine Compound de 600 H.P. Mais l'expérience ne fut guère concluante, car il fallut vingt ans pour qu'un nouveau "deux hélices" apparaisse dans les services du "Channel".

"Staffa", paquebot affrété en 1867, en renfort sur la ligne Dieppe-Newhaven, pour assurer le transport des passagers nombreux attirés par l'Exposition Universelle de Paris.

"Viking", paquebot à une hélice, construit en 1871, 194 tonneaux. Vitesse : 8 noeuds. Il assura pendant quelque temps le service sur la ligne Dieppe-Newhaven.

"Honfleur", paquebot à une hélice, 375 tonneaux, lancé en 1875.

"Paris", (deuxième du nom), paquebot à aubes, construit en 1875. 483 tonneaux. Vitesse : 13 noeuds.
A la date du 19 novembre 1875, "La Vigie" mentionne l'entrée au port d'un nouveau paquebot, "Ville de Paris". Il fut rebaptisé plusieurs fois après sa vente, en 1888, à Fairfield, à Barmvelle, en 1890, il s'est appelé "Flamingo". Il fut vendu à Hambourg, en 1892, pour assurer un service sur Héligoland. Fut revendu à Londres, en 1897, pour un service à effectuer sur la ligne Tilbury-Ostende où il fut nommé "La Belgique".
Vendu à Glasgow en 1902, il est rebaptisé "Glandalle". Le "Paris" fit naufrage en 1905, sur la côte ouest de l'Écosse.

"Brighton", (troisième du nom), paquebot à aubes, de 531 tonneaux, lancé le 21 mars 1878.
Premier navire sur le "channel", construit en acier Siemens-Martin et avec un gouvernail à vapeur manoeuvré du pont. Vitesse de ce navire : 16 noeuds.
Le 29 mars 1878, la "Vigie" annonce que le "Brighton" et le "Victoria" entrent en service.
Le 19 juin 1885, on apprend que le "Brighton", capitaine Clarck, sauve à 35 milles au large de Dieppe, un aéronaute en détresse et son ballon "Jupiter", de 500 m3.
Le 17 janvier 1893, le "Brighton" heurte la jetée, s'échoue et coule dans le chenal de Dieppe. Le 24 janvier, il était renfloué et conduit dans les bassins. Le 13 février 1893, son épave est mise en vente et est acquise pour 50.000 francs, par M. Bulot-Ducros, de Boulogne-sur-Mer. Il avait coûté un million de francs (or), en 1878.
Le navire, remis en état, fut vendu à Pockett's, à Swansea. Pendant la guerre de 1914-1918, l'Amirauté britannique l'utilisa comme mouilleur de mines en Méditerranée, avant d'être vendu aux Turcs. Il a été démoli en 1927.

"Victoria" (deuxième du nom), paquebot à aubes, de 534 tonneaux, lancé le 21 mars 1878 pour entrer en service sur la ligne Dieppe-Newhaven, dès le 29 mars. C'est sur ce steamer que le 24 juin 1886, le comte de Paris et le duc de Paris, expulsés de France par la loi d'exil, s'embarquèrent au Tréport, pour l'Angleterre.
Le 13 avril 1887, à 3 h 50 du matin, par temps de brouillard, le "Victoria" s'échoue dans les roches de l'Ailly. Il y eut 16 victimes. La tempête détruisit complètement le navire, la machine et la cheminée furent englouties, tambours des roues, passerelles, etc., furent poussés à la côte par le courant.

"Britanny", paquebot à aubes, de 605 tonneaux, construit en 1882. Vitesse : 17 noeuds et demi. Longueur : 70 mètres.
A la date du 13 juin 1882, "La Vigie" annonce que le steamer "Britanny" vient d'entrer au port de Dieppe. Il sera bientôt suivi d'un second.
Le 18 juillet 1884, le "Britanny" effectue le trajet Newhaven-Dieppe et retour, dans des conditions de rapidité remarquables. Il assura le service de Newhaven à Dieppe, jusqu'en 1901. Il fut vendu à Liverpool et démoli en 1901. Il était le sister-ship du "Normandy".

"Normandy", paquebot à aubes de 605 tonneaux, construit en 1882. Longueur 70 mètres.
A la date du 1er septembre 1882, "La Vigie" annonce la mise en service, la veille, 31 août, du paquebot "Normandy", qui sera inauguré officiellement le 5 septembre, par une excursion jusqu'en face d'Ault. Record de traversée : 3 h 32 en 1885.
Il assura le service Dieppe-Newhaven jusqu'en 1901. Il fut vendu à Liverpool Compagny, en 1901, puis à M. Richards, en 1904. On ne sait ce qu'il devint ensuite.
Sister-ship du "Britanny".

"Rouen", (deuxième du nom), paquebot à aubes, de 760 tonneaux, construit en 1888. Vitesse : 19 noeuds. C'est à Glasgow que le "Rouen" a été lancé le 12 avril 1888. Sa longueur : 76 mètres, soit 6 mètres de plus que le "Britanny" et le "Normandy".
"La Vigie" du 3 juillet 1888 annonce que le "Rouen" aborde et coule le vapeur "Éléonore", près des jetées de Dieppe.
Le "Rouen'' fut vendu en 1903 à Barraw, et rebaptisé "Duchess of Bucclench", il fit le service de l'île de Man. Il a été démoli en 1909. C'était le sister-ship du "Paris".

"Paris", (troisième du nom), paquebot à aubes, 760 tonneaux, lancé en 1888. Longueur : 76 mètres. Vitesse : 19 noeuds. Il prit certainement son service sur la ligne courant août de cette même année 1888. Fut vendu en 1913 à Shipping Federation et démoli en 1924. Il était le dernier paquebot à aubes sur la ligne.

Une anecdote à signaler, amusante aujourd'hui : c'est un record inverse de traversée: 36 heures. Ce paquebot partit de Dieppe, mais au large, fut pris dans une forte tempête de printemps 1890, accompagnée de blizzard, et par malchance, une avarie de roues. Ses superstructures couvertes de glace, il dériva jusqu'en vue du Cap Gris-Nez. Il put repartir de lui-même, ayant refusé l'assistance des remorqueurs, et entra seul, dans le port de Douvres.

"Seine", premier paquebot français à deux hélices, de 918 tonneaux. Il a été construit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, au Havre, en 1891. Longueur: 82 mètres, doté d'un moteur de 4.000 chevaux, vitesse: 20 noeuds.
Le "Seine" fit sa première traversée d'essais, le 8 août 1891, en 3 heures 10 minutes.
Par suite de la tempête, au cours de la nuit du 26 mars 1898, à 3 h 50 du matin, le "Seine" heurta violemment la jetée du Pollet et se fit d'importantes avaries. Puis, le 30 août 1898, ce paquebot était vendu à une Compagnie de navigation de Marseille, mais cette vente ne fut pas suivie d'effet. Le 11 décembre 1900, le "Seine" est désarmé et en décembre 1905, il est vendu à M. Potel, ferrailleur à Brest. Et le "Seine" quitta le port de Dieppe à la remorque d'une "Abeille".

"Tamise", paquebot français à deux hélices, 965 tonneaux, construit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, à Grâville, fut lancé le 11 septembre 1893. Longueur : 82 mètres, puissance : 4.500 chevaux, vitesse : 21 noeuds et demi.
Il arriva pour la première fois à Dieppe le 24 novembre 1893. Sa traversée d'essais, le 24 novembre, eut lieu en 3 heures et 3 minutes.
Le "Tamise" fut vendu en 1912.
(photo ci-contre)

"Seaford", paquebot anglais à deux hélices, de 996 tonneaux. Fut construit à Dumbarton et lancé le 19 avril 1894. Il arriva à Dieppe le 23 juillet 1894. Longueur : 78 mètres 35, vitesse (aux essais), 20 noeuds 6.
"La Vigie", en date du 27 juillet 1894, mentionne qu'un "pari de 15.000 francs", avait été engagé entre le "Seaford" et le "Seine". Partis ensemble de Dieppe, le "Seine" arriva à Newhaven avec 10 minutes d'avance.
Le 20 août 1895, le "Seaford" coula à 35 milles au large de Newhaven, ayant été abordé à babord par le cargo "Lyons". Il n'y eut pas de victimes. Le "Seaford" a coulé environ 25 minutes après l'abordage. Il avait coûté 1.750.000 francs.

"Sussex", paquebot anglais, puis français, à deux hélices. Construit à Dumbarton et lancé le 30 avril 1894. Il arriva à Dieppe le 25 juillet 1896 et remplaça le "Seaford".
Longueur : 84 mètres. Sa vitesse fut de 20 noeuds et demi et sa jauge, de 1.117 tonneaux.
(photos ci-contre)

A la date du 23 décembre 1898, "La Vigie" annonce que le "Sussex" a abordé un chalutier de Boulogne-sur-Mer, et ensuite, le musoir ouest du port de Dieppe. En 1912, il recueillit la plupart des passagers du paquebot "Océana" qui faisait son dernier voyage vers Bombay et qui avait été abordé par le "Pissagua".
Le 13 Janvier 1914, on apprend que le "Sussex" vient d'être acheté à S. C. Ry, et passe sous pavillon français.
Le 24 mars 1916, pendant la guerre, le "Sussex", converti en transport de troupe, est torpillé par un sous-marin allemand, entre Folkestone et Dieppe. Il y eut 80 morts dont le célèbre compositeur espagnol, Granados. Réparé au Havre, le 18 mai 1917, il devient dragueur de mines.
Le 17 janvier 1919, le "Sussex" est acheté par l'Etat, et ne reviendra plus à Dieppe. Vendu en 1920 à un armateur grec, il navigua jusqu'en 1922.
Enfin, à la date du 19 septembre de cette dernière année, il est pris à Toulon, par un remorqueur qui le conduisit à Gênes pour y être démoli.

"Manche", paquebot français à deux hélices, de 992 tonneaux, construit aux Forges de la Méditerranée, au Havre. Lancé le 1er avril 1897, il arriva à Dieppe vers le 10 juin 1897. Longueur : 82 mètres, puissance, 4.500 chevaux, vitesse aux essais, 21 noeuds et demi. Il effectua la traversée Dieppe-Newhaven en 2 heures 59. Ce navire était semblable au "Tamise". Le paquebot "Manche" a été vendu le 2 décembre 1912, à la Chambre de Commerce de Bordeaux qui le rebaptisa "Verdon", et l'utilisa dans l'estuaire de la Gironde avant d'être démoli en 1919.
(photo ci-contre)

"France", paquebot français à deux hélices, de 1015 tonneaux. Mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, au Havre, en février 1899. Ce paquebot devait s'appeler tout d'abord "Loire", mais on apprit à Dieppe, courant février, qu'il portera le nom de "France". Début juin, il est lancé. Longueur : 82 mètres, creux : 4 mètres 60, force : 5.000 chevaux, vitesse : 22 noeuds. C'est le capitaine Guérin qui, le premier, le commanda. Arrivée du "France" au port de Dieppe, le dimanche 27 août 1899, à 6 heures du soir, venant du Havre avec les personnalités à bord, banquet à la gare maritime, avec un train spécial ensuite, pour Paris.
Le 1er mars 1900, on note une catastrophe à bord, l'éclatement d'un collecteur de vapeur. Huit chauffeurs ébouillantés meurent sur le coup, deux autres sont blessés, et un neuvième meurt quelques jours plus tard.
(photo ci-contre)

Vers le 10 septembre 1913, on installe la T.S.F. sur le paquebot "France" ; le "Rouen" et le "Newhaven" en seront bientôt dotés. Vendu en 1914, il fut racheté à la déclaration de guerre et converti en transport de troupe et mis à la disposition de l'Amirauté britannique.
Le 23 avril 1919, il est ramené de Southampton à Dieppe. Le 1er septembre 1919, il fait des essais en mer après avoir été remis en état pour remplacer, en cas de besoin, le "Dieppe" ou le "Rouen".

Vers le 10 novembre 1919, le "France" est rentré aux bassins, par suite de la perte d'une de ses hélices, au cours d'une traversée.
Lorsqu'il fut remis en état de naviguer, le "France", vendu le 20 octobre 1920, devint alors le ''Fortuna'' qui partit de Dieppe pour Buenos-Aires, le 21 décembre 1921. Il a été rencontré en détresse en mars 1922, et fut ramené à Lorient. Depuis, et jusqu'en 1962, il servit en Argentine. Il y a lieu de remarquer que le paquebot France fut le seul à avoir les mâts et les cheminées verticaux, au lieu, comme les autres paquebots, de pencher vers l'arrière.

"Arundel", (quatrième du nom), paquebot anglais à deux hélices, de 1067 tonneaux, construit à Dumbarton, fut lancé le 6 avril 1900. Il arriva lu port de Dieppe le 22 juin suivant, pour entrer en service sur la ligne, le 5 juillet. Longueur : 82 mètres. Sa vitesse était de 20 noeuds 7. Il servit de transport de troupe pendant la guerre de 1914-1918. Fut vendu en février 1934, pour être démoli en Allemagne.
(photo ci-contre)

"Brighton", (quatrième du nom), paquebot anglais à deux hélices, de 1129 tonneaux, d'une longueur de 84 mètres, d'une puissance de 6.000 chevaux, filant 21 noeuds et demi sur la ligne. Ce fut le premier bateau à turbines en service sur la ligne Dieppe-Newhaven.
Construit à Dumbarton, il y fut lancé le 10 juin 1903. Il arriva à Dieppe, le 27 août 1903 pour entrer en service sur la ligne, le 6 septembre suivant.
Dans son numéro daté du 8 novembre 1910, "La Vigie" nous apprend que le "Brighton" aborda, dans la brume, un grand voilier. Par la suite, on sut que c'était le cinq mâts allemand "Preussen", qui s'était échoué sur la côte, à Douvres, et qui, à la suite de son abordage, venait d'être mis en pièces, par la tempête.
(photo ci-contre)

Le "Brighton" servit un moment pendant la guerre de 1914-1918, de quartier général flottant au roi Georges V et transporta le Président Wilson et sa femme, de Calais à Douvres. Il a été ensuite transformé en navire-hôpital. Ce navire a été vendu en 1930 à Sir Walter Guiness, qui le transforma en yacht.

"Dieppe", (troisième du nom), paquebot anglais à deux hélices, de 1128 tonneaux. Construit à Glasgow et lancé le 11 avril 1905. Il arriva au port de Dieppe le 6 juillet 1905 pour prendre son service sur la ligne, le 10.
Longueur : 83 mètres 30, puissance : 6.500 chevaux. Sa vitesse fut 21 noeuds 3/4 ou 22 noeuds.
Pendant la guerre de 1914-1918, le "Dieppe" fut aménagé en navire-hôpital. Il vint même à Dieppe, chercher des soldats anglais blessés, le 28 avril 1915.
Le "Dieppe" fut vendu en septembre 1933, à Lord Moyne, qui le convertit en yacht sous le nom de "Rosaura".
(photo ci-contre: les deux trains qui assuraient la liaison ferroviaire Dieppe gare maritime - Paris)

"Newhaven", (deuxième du nom), paquebot français à turbines et à trois hélices, de 1888 tonneaux, construit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, au Havre. Fut lancé le 19 décembre 1910. Longueur : 92 mètres. Puissance : 9.000 chevaux pour une vitesse de 24 noeuds.
(photo ci-contre)
Le "Newhaven" entra en service sur la ligne, le 3 juin 1911. Pendant la guerre de 1914-1918, il fut lui aussi, transformé en navire-hôpital.
Le 5 août 1924, à 2 h 10 du matin, dans un épais brouillard, il s'échoue sous la haute falaise de Berneval. il fut renfloué le 14, à la marée de 11 heures.
Vers novembre 1932, en même temps que le "Rouen", il fut transformé pour fonctionner au mazout.
Au cours de la guerre de 1939-1945, le "Newhaven" ainsi que le "Rouen" et le 'Versailles", participa en juin 1940, à l'évacuation de Dunkerque. Découvert à Bayonne, par les troupes allemandes, il fut alors utilisé par eux, comme transport de troupe. Le "Newhaven" fut retrouvé à Kiel, en Allemagne, après la guerre et ramené à Dieppe où il arriva le 12 octobre 1945.
Sa reconversion en paquebot s'avérant trop onéreuse, il fut relégué avec le "Rouen", au Tréport. Vendu au début de l'année 1949, il quitta ce port pour être livré aux démolisseurs.

"Rouen", (troisième du nom), paquebot français à turbines et à trois hélices, de 1882 tonneaux. Construit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, au Havre, il fut lancé le 18 mai 1912. Longueur : 92 mètres, puissance : 9.000 chevaux, et sa vitesse : 24 noeuds.
Le "Rouen" arriva à Dieppe le 19 septembre 1912.
Pendant la guerre de 1914-1918, il fut transformé en croiseur auxiliaire. Torpillé en face de Cherbourg, le 28 décembre 1916. Il est retrouvé désemparé, l'avant complètement sectionné (comme le "Sussex"). Le 31 janvier 1917, il est ramené à Dieppe et réparé, il reprit son service après guerre.
Au début de la guerre 1939-1945, il participe, lui aussi, à l'évacuation de Dunkerque. Il est capturé dans le port de Bayonne par les Allemands, qui s'en servent après transformations, en navire de recherches scientifiques. Il est retrouvé à Kiel (Allemagne), après la guerre et ramené à Dieppe son port d'attache, le 12 octobre 1945, avec le "Newhaven".
Il est alors relégué au Tréport avant d'être vendu aux démolisseurs. Ramené à Dieppe, il est démoli fin 1949 et début 1950.

"Paris", (quatrième du nom), paquebot anglais à deux hélices, de 1790 tonneaux. Construit à Dumbarton, il fut lancé le 12 avril 1913. Longueur : 92 mètres. Puissance : 12.000 chevaux. Vitesse : 25 noeuds. Les essais eurent lieu le 14 juillet 1913, et la traversée s'effectua en 2 heures 35 minutes, un record à cette époque.
Pendant la guerre de 1914-1918, ce fut aussi un navire-hôpital, et au cours de celle de 1939-1945, il servit de transport de troupe. Le 2 juin 1940, il était affecté sur la ligne Douvres-Dunkerque, lorsque les Allemands le coulèrent.

"Versailles" paquebot français à turbines et à deux hélices, de 2.156 tonneaux.
Mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, au Havre, en 1914, il ne fut lancé que le 20 avril 1920. Il arriva au port de Dieppe le 22 juillet 1921. Longueur: 93 mètres 10. Puissance : 15.000 chevaux. Vitesse : 25 noeuds.
Son voyage inaugural eut lieu les 6 et 7 août 1921.
(photo ci-contre)

A la date du 2 janvier 1923, "La Vigie" signale que le 'Versailles", en sortant du port de Dieppe, heurta violemment la jetée ouest, par suite du blocage du servomoteur du gouvernail.
En 1932, il fut transformé pour l'utilisation du mazout.
Il participa également à l'évacuation de Dunkerque en 1940, et, endommagé, fut ramené à Nantes où les Allemands s'en saisirent pour en faire un navire d'entraînement. De nouveau endommagé, il était retrouvé dans le port danois d'Aalborg et fut ramené en France, semble-t-il, pour y être démoli.

"Worthing", paquebot anglais à deux hélices, de 2.294 tonneaux, construit à Dumbarton. Fut lancé le 3 mai 1928. Il arriva à Dieppe le 27 août 1928, et fit la traversée d'essais Dieppe-Newhaven, le 30 août suivant, en 2 heures 39 minutes. Longueur : 93 mètres 33. Jauge : 2288 tonneaux. Puissance : 14.500 chevaux. Vitesse: 24 noeuds.
Transformé en transport de troupe, en 1939, il devint par la suite, navire-hôpital et participa à l'évacuation de Dunkerque en juin 1940.
En 1942, il fut converti en transport de péniches de débarquement. Il reprit le service transmanche sur Ia ligne Dieppe-Newhaven, le 24 mars 1945. Désarmé en 1955, il est vendu à un armateur grec, pour assurer le service Le Pirée-Samos jusqu'en 1964.
Sur la ligne Dieppe-Newhaven, il est remplacé par le "Londres ", acheté en 1954, par le South Coast Railway.

"Brighton", (cinquième du nom), paquebot anglais avec turbines, deux hélices, chauffage au mazout, de 2.391 tonneaux. Construit à Dumbarton, il fut lancé le 30 novembre 1932. Longueur : 93 mètres 33. jauge : 2.391 tonneaux. Puissance : 16.400 chevaux. Vitesse : 24 noeuds.
Le "Brighton" arriva au port de Dieppe le 7 avril 1933. Il fut réquisitionné en 1939, et fut utilisé par l'Armée comme transport de troupe avant de devenir un navire-hôpital. Dans le port de Dieppe, pourtant navire-hôpital "Croix Rouge", il fut bombardé et coulé le 21 mai 1940, dans le bassin de Paris, par l'aviation allemande, alors qu'il avait un plein chargement de soldats blessés, prêts à partir pour I'Angleterre. Renfloué par les Allemands, il devait être démoli.

"Dinard" assura le service Dieppe-Newhaven après la guerre, dès la reprise, à partir du 15 janvier 1945.

"Victoria", paquebot anglais, en service dès la reprise de la Ligne.

"Ile de Guernesey", assura le service Dieppe-Newhaven, après la guerre, dès le 15 janvier 1945.

"Ile de Tanit" assura le service, également après la guerre, dès le 15 janvier 1945.

"Londres", paquebot français puis anglais, à deux hélices, de 2.586 tonneaux. Mis en chantiers avant la guerre, il fut achevé par les Allemands, et lancé au Havre, le 19 novembre 1941. Il fut utilisé comme mouilleur de mines. Il avait alors pour nom "Lothringen" et servit aux embouchures de l'Elbe et de la Weser, puis sur la côte danoise. Il fut récupéré à Copenhague, après les hostilités. En 1945, le 23 novembre, il est ramené à Dieppe pour aller au Havre, et y être reconverti en paquebot.
Le "Londres" revint à Dieppe le 9 avril 1947 et fut inauguré le 18 avril suivant.
Longueur : 94 mètres 09, puissance : 23.000 chevaux, vitesse : 26 noeuds, jauge 2434 tonneaux.
En juin 1954, il est acheté par la Compagnie anglaise South Coast Railway, et reprend son service, sur la ligne, en mai 1955, mais cette fois, sous pavillon anglais. En 1963, il est vendu à un armateur grec, pour assurer la liaison entre Le Pirée, Rhodes et Chypre. Il fut détruit par un incendie en avril 1966.

"Arromanches", paquebot français, à deux hélices, de 2.600 tonneaux, muni de turbines à mazout. Il a été lancé le 5 mars 1946, au Havre. Longueur 94 mètres 09. Puissance 23.000 chevaux. Vitesse : 26 noeuds.
L'"Arromanches" arriva à Dieppe le 7 août 1947 pour entrer en service le 11 août suivant.
En mars 1950, ce paquebot gagna le port de Calais pour y prendre Vincent Auriol, alors Président de la République, se rendant en visite officielle en Grande Bretagne.
Le 8 juillet 1964, pris dans une forte tempête, l"'Arromanches" s'échoua à l'Est de Newhaven, mais reprit bientôt son service.
Il fut vendu à la Grèce, et devenu le "Leto", il quitta Dieppe le 25 février 1965, pour assurer le service journalier des Cyclades, jusqu'en 1972.

"Brighton", (sixième du nom), paquebot anglais à deux hélices, de 2.875 tonneaux, d'une puissance de 18.500 chevaux, pour une vitesse de 24 noeuds. Longueur : 95 mètres 08. Lancé le 7 octobre 1949, son voyage d'essais sur la ligne Dieppe-Newhaven, eut lieu le 4 mai 1950 ; il entra en service le 8 mai suivant.
Il resta en service sur la ligne, jusqu'en Juin 1964, puis il fut utilisé comme navire d'excursions vers Boulogne-sur-Mer. Rebaptisé "Sir Richard Grenville", puis "Duchesse de Bretagne", il assura le service des Îles anglo-normandes. Il fut démoli en 1970, en Belgique.

"Lisieux", paquebot français à deux hélices, lancé au Havre, le 26 février 1952. Longueur : 95 mètres 56, puissance : 22.000 chevaux, jauge : 2.956 tonneaux, vitesse : 25 noeuds.
Les essais eurent lieu en rade du Havre, le 25 février 1953. Il arriva au port de Dieppe le 12 mars suivant. Son inauguration officielle eut lieu le 21 mars 1953.
Jusqu'en juin 1965, il resta en service, puis fut utilisé comme bateau d'excursions, d'abord à partir de Saint-Malo, puis de Weymouth. Vendu ensuite à un armateur grec et rebaptisé "Apollon" en 1966, il navigua entre Le Pirée, Tunos et Mykonos, assurant un service quotidien.
(photo ci-contre)

"Falaise", paquebot anglais lancé en 1947, puis transformé en car-ferry pour la ligne Dieppe-Newhaven. Fit ses essais sur la ligne, le 15 mai 1964. Son inauguration eut lieu le 31 mai suivant, en même temps que les nouveaux bureaux de l'Automobile-Club de l'Ouest.
Il prit son service sur la ligne, le 1er Juin 1964. Ce fut le premier navire équipé de stabilisateurs. Sa vitesse était de 20 noeuds et demi.

"Normannia", car-ferry, remplaçant en octobre 1964, le "Falaise", en réparations.

"Dover", car-ferry remplaçant le "Falaise", en octobre 1967.

"Villandry", car-ferry français lancé à Nantes, en novembre 1964 et arrivé au port de Dieppe, le 29 avril 1965. Fut mis en service sur la ligne, le 13 mai suivant.
Longueur : 105 mètres, largeur 17 mètres, puissance 12.380 chevaux. Vitesse : 21 noeuds, 1200 passagers, 150 voitures.

"Valençay", car-ferry français lancé en février 1965 et arrivé à Dieppe le 21 juin suivant pour être mis en service sur la ligne, le 6 juillet. Longueur : 105 mètres, largeur : 17 mètres, vitesse : 21 noeuds, 1200 passagers, 150 voitures.

"Caledonian Express", car-ferry affecté pendant six semaines sur la ligne, à partir du 13 mai 1972.

"Senlac", car-ferry anglais, entré en service sur la ligne, le 1er mai 1973. Jauge : 3.000 tonneaux. Pouvait transporter 1400 passagers et 200 voitures. Il fit son dernier voyage sous pavillon anglais, fin janvier 1985, mais passa aussitôt sous pavillon français, sur la même ligne Dieppe-Newhaven. (photo ci-contre)

"Chartres", car-ferry français, baptisé au cours de son inauguration officielle, à Calais, le 6 mars 1974.
Arrivé au port de Dieppe le 8 mai 1982. Longueur : 115 mètres, largeur 19 mètres 20, jauge brute : 4.590 tonneaux, vitesse 20 noeuds et demi. 1400 passagers prévus et 250 voitures.

"Chantilly", car-ferry français, construit en 1966, de 3.425 tonneaux, 110 mètres de longueur, 18 mètres de large, d'une puissance de 9.500 chevaux. Vitesse : 19 noeuds et demi. Passagers prévus : 1200 et 210 voitures.
Assurait le service sur la ligne Calais-Douvres avant Dieppe-Newhaven, à partir de 1986.

"Casablanca", arrivé au port de Dieppe, en mars 1990.

"Le Prince Laurent", car-ferry, fit sa première traversée le 4 février 1990.

"Stena Londoner", (ancien "Versailles", puis "Stena Nautica"), arrivé à Dieppe, modernisé, le 22 mai 1992.
Longueur: 125 mètres, largeur 23 mètres, tirant d'eau 5 mètres 50, puissance : 16.700 chevaux. Vitesse 20 noeuds, 1700 passagers et 330 voitures ou 50 semi-remorques.
(photos ci-contre)

"Stena Parisien", (ancien "Champs Elysées") arrivé à Dieppe le 2 juillet 1990. Modernisé, il fit son entrée à Dieppe le 3 juin 1992.
Longueur: 130 mètres, largeur 23 mètres, tirant d'eau 5 mètres, puissance 21.600 chevaux, 1800 passagers prévus et 350 voitures ou 54 semi-remorques.

Addendum de l'auteur en décembre 1998

"En amenant les personnalités britanniques, c'est le "Stena Parisien" qui inaugura le 25 juillet 1994, le nouveau Terminal, actuellement en service. Le ruban symbolique d'inauguration fut coupé par Charles Revet, président du Conseil Général en présence de Jean-Paul Lalitte, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie, Antoine Rufenacht, président du Conseil Régional, Philippe Pondaven, sous-préfet, etc.

Le nouveau Terminal transmanche entra officiellement en service le mardi 4 août 1994. (photo ci-contre)

Stena Pegasus : ce monocoque n'assura le service sur la Ligne que quelques mois seulement. Il n'était guère adapté à la navigation sur la Manche.

Stena Cambria : le Stena Cambria remplaça le Stena Parisien qui laissa le port de Dieppe, le 5 janvier 1997, pour naviguer sous le nom de Manet, sur la ligne Calais-Douvres.

Stena Antrim : le Stena Antrim remplaça sur la ligne, le Stena Cambria vers mars 1997. Il assurait alors le service avec le Lynx III. (photo ci-contre)

Stena Lynx : le Lynx III (ou perceur de vagues) comme on l'appelle, donna une impression de puissance, de sprinter aussi.Il ne mit qu'une heure quarante huit minutes, lors de sa traversée commerciale, le lundi 24 mars 1997. On le surnomma aussi l'"étoile filante des mers". Il était de la 3e génération de ferries à grande vitesse. Il traversait la Manche à 40 noeuds à l'heure avec 640 passagers à son bord et 150 voitures. (photo ci-contre)

Stena Cambria
Une nouvelle Compagnie est créée, le 10 mars 1998. Elle s'appelle « P&O-Stena Line », une Compagnie autonome appartenant à la fois au groupe britannique P&O Line European Ferries (60%) et au groupe suédois Stena Line (40%).

Le Stena Cambria remplaça le Stena Antrim, réaménagé avec plus de confort, plus accueillant aussi. Il peut transporter 1300 passagers et 280 voitures ou 38 camions articulés. Il assure, seul, le service en cette période inquiétante pour la ligne.
(photo ci-contre)

Elite : le catamaran Elite fit suite au Lynx III. Il n'assure plus le service depuis quelque temps.

La Ligne Dieppe-Newhaven ou Newhaven-Dieppe se trouve actuellement dans une impasse des plus sérieuses. Ne parle-t-on pas même de sa suppression ? On n'ose y croire. La Chambre de Commerce avec Jean-Paul Lalitte et la ville de Dieppe, avec Christian Cuvilliez, député-maire, s'occupent activement, avec les personnalités britanniques, afin de remédier rapidement à cette grave situation. Il pourrait y avoir un éventuel repreneur mais il faut pour le moment, rester des plus vigilants."
(photo ci-contre)

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Paquebot venant de Brighton vers 1840quai1840.JPG (95019 octets)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le Tamise
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le "train des Anglais"TraindesAnglais.JPG (106311 octets)

Le port de Newhaven, vers 1900 PortNewhaven.jpg (26019 octets)

 

 

l'ArundelArundel.jpg (101872 octets)

 

 

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les deux trainsDeuxtrains.JPG (100910 octets)

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Départ du "train maritime" vers 1930
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le chargement des voitures après la LibérationChargeauto.JPG (82731 octets)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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un catamaran qui n'a effectué que des essais et le car-ferry accostés à l'ancien terminal
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l'arrivée du Stena Londoner en pleine villeLondoner.JPG (144325 octets)

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le nouveau terminal
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l'Elite
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