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Journal du 1er décembre 2009

L’usine dieppoise investit plus de 10 ME
dans des procédés uniques au monde
Nestlé purifie l’air dieppois !

Directeur de Nestlé à Rouxmesnil-Bouteilles, Philippe Peter attache
une attention toute particulière au respect de l’environnement.

Depuis ses origines, l’usine dieppoise de Nestlé s’est montrée très attachée à son image en termes de respect de l’environnement. Une démarche qu’elle poursuit avec des investissements hors normes pour des résultats qui le sont tout autant. Au final, elle s’est dotée d’équipements qui font d’elle une référence mondiale.

Parler d’environnement et de développement durable, je peux vous dire que ça nous connaît et que cela nous préoccupe depuis bien longtemps » lâche dans un sourire Philippe Peter, directeur de l’usine de Rouxmesnil-Bouteilles.

Nestlé se chauffe au marc de café

Depuis « bien longtemps » c’est-à-dire depuis ses origines au début des années soixante-dix. Mais la première grande étape a eu lieu en 1983 avec la création inédite d’une chaudière mixte conjuguant charbon et… marc de café. En revanche, ce n’est pas ce dispositif mais le processus de torréfaction qui offre parfois aux Dieppois d’agréables odeurs selon le sens du vent et la localisation, ce qui équivaut à un bon baromètre !

« Depuis 1983 nous sommes pleinement satisfaits de cette installation confie Philippe Peter, à tel point que presque toutes les autres usines du groupe s’y sont mises ». Ce standard sera remplacé dans le futur et il n’est pas exclu que le marc de café en devienne la source unique d’énergie.

Pour l’usine, la chaudière revêt un caractère primordial puisqu’elle est la principale source de production de vapeur qui permet la concentration du café et assure le chauffage et pré-chauffage des installations du site.

La consommation d’eau baisse de façon spectaculaire

C’est également au cœur de ces années quatre-vingt que l’entreprise a décidé de se pencher sur sa consommation d’eau, particulièrement conséquente. « Lorsque l’on rince, il en sort un jus coloré, schématise le directeur. Pour décolorer ce jus, et donc abaisser la pollution, nous avons installé une “osmose inversée” qui est devenue par la suite, il y a deux ans, un “évaporateur”. »

De 2007 à 2009, les efforts de Nestlé pour améliorer le circuit d’utilisation de l’eau et éviter que trop d’eau ne parte dans les égouts se sont révélés très largement payants. « Nous sommes en effet parvenus à baisser notre consommation de 40 % ! »

Un résultat spectaculaire au regard de la dimension du site. L’action de l’évaporateur a été associée à de multiples autres actions de récupération de l’eau résultant des transferts thermiques importants pouvant exister : « C’était une eau produite qui était gâchée alors qu’elle pouvait tout à fait être récupérée ».

En parallèle, le produit lui-même – en l’occurrence le café grillé et moulu dans d’énormes cafetières – apporte sa part d’énergie puisque les calories dégagées sont utilisées pour chauffer l’eau. « Au final nous sommes parvenus à diminuer nos besoins en vapeur de l’ordre de 16 % ».

La guerre aux poussières

S’inscrivant dans cette démarche globale et permanente, Nestlé s’est engagé en septembre de cette année dans une tout autre lutte pour le respect de l’environnement : celle des poussières.

« C’est notre dernière étape mais pas la dernière ! Nous avons pris conscience d’une réglementation devenant de plus en plus stricte mais aussi d’une montée en puissance de notre activité ». Du coup, la tour de séchage est désormais – depuis septembre – équipée d’un système unique de filtrage de l’air comprenant des filtres à manche. « Et là aussi les résultats sont spectaculaires ». Le taux de poussières rejetées dans l’air a tout simplement été divisé par quinze !

Ces filtres se présentent comme d’énormes tubes de dix-sept mètres de hauteur et de six mètres de diamètre, remplis de pas moins de 273 manches qui filtrent l’air.

L’avenir, ce sera une réflexion portant sur l’évolution des chaudières qui tournent actuellement au fioul. « Nous sommes en relation avec les services préfectoraux et la Dreal – Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement – pour un passage, courant 2010, à une chaufferie au gaz qui devra faire diminuer encore les émanations et nous mettra en conformité avec les nouvelles réglementations ».

Dernière action environnementale enfin en direction des boues de sa station d’épuration : « Là encore, avec la Dreal, nous identifions les filières de traitement et d’épandage. Un plan a été élaboré avec des parcelles sur vingt-sept communes ».

De telles démarches répondent à une politique de groupe mais Dieppe fait figure de site pilote depuis le chauffage au marc de café jusqu’aux « bags filters » récemment installés. A tel point que le modèle est ensuite décliné à l’échelon mondial. Voilà deux ans que le site dieppois s’est doté par ailleurs d’un service dédié « Hygiène, sécurité et environnement » qui suit de près les réglementations et assure une veille réglementaire.

Laurent Rebours

 


Le bâtiment qui n’était pas encore habillé et laissait entrevoir
les énormes systèmes de filtration.

En chiffres

• 5 mg : Désormais le taux de poussières (il est même légèrement inférieur à 5 mg) rejetées dans l’air après passage dans les filtres à manche. Auparavant il était de 80 mg !

• 10,5 ME : Le montant global des investissements récents en matière de protection de l’environnement : 6 ME pour le système de filtres à manche et, dans le courant de l’année 2010, 4,5 ME pour une chaufferie à gaz.

• 23 000 : En tonnes, la production annuelle de l’usine dieppoise en Nescafé et Ricoré.

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