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Journal du 20 novembre 2009

Malaise chez le personnel communal
Mairie : la CFTC crie
au harcèlement au travail

La section locale de la CFTC des territoriaux se dit inquiète du malaise ressenti par une partie du personnel de la Ville depuis l’élection de la nouvelle municipalité. Selon son représentant, certains employés seraient victimes de harcèlement et de discrimination. L’un d’entre eux aurait même tenté de se pendre à la mairie.

« Harcèlement insidieux », « isolement », « discrimination », Alain Bretez, le responsable de la section locale de la CFTC des territoriaux ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque le malaise ressenti par, selon lui, une partie du personnel municipal. Il estime la situation alarmante  Il a notamment en sa possession trois certificats médicaux d’employés municipaux attestant soit de problèmes de harcèlement moral au travail soit de dépression causée par le stress. « Je reçois régulièrement dans mon bureau des gens en pleurs. C’est difficile à gérer », explique-t-il. Il déplore le management « de clan » qui se pratiquerait actuellement au sein des services municipaux.

« Une personne a même fait une tentative de suicide dans son service à la mairie. Il a tenté de se pendre, il y a environ deux mois », martèle le responsable syndical. « Ces gens ont besoin d’écoute. Mais on alerte la mairie et on n’a aucun retour. Là, on est extrêmement inquiet », poursuit-il. Il convient que l’adjoint aux ressources humaines, Lucien Lecanu, l’a reçu à la fin du mois d’octobre avec un des employés en situation de détresse profonde, mais il estime qu’il a fallu du temps à la municipalité pour répondre à sa demande de rendez-vous. Trop de temps. « A chaque fois on nous oppose qu’on est minoritaire », lance le représentant syndical, la CFTC ayant remporté environ 10 % des suffrages lors des élections professionnelles.

Pourtant de son côté l’élu explique que sa porte a toujours été ouverte aux responsables syndicaux comme aux membres du personnel. « Parmi les mille employés qui travaillent pour la mairie, malheureusement il y a des gens en difficulté mais ce n’est pas seulement lié au travail. Et bien évidemment chez nous, il y a du stress comme dans toute entreprise », note Lucien Lecanu. Il explique être conscient que les réorganisations entreprises dans différents services de la ville ont pu y contribuer car « des habitudes avaient été prises. Mais nous n’avons aucune intention de brimer les gens. Il ne faut pas diaboliser la situation comme le fait M. Bretez ».

Il souligne par ailleurs que le cas de la personne qu’il a rencontrée avec ce syndicaliste à la fin du mois d’octobre, personne qui s’estime harcelée dans son service, a bien été pris en considération. « Mais on réfléchit actuellement à la demande de reclassement de cet employé. On a bien compris qu’il fallait le déplacer, mais ce n’est pas évident. », poursuit-il. Il note que « c’est un agent technique, pas un administratif », et qu’il faut donc lui trouver un poste qui corresponde à ses qualifications.

En revanche il explique ne pas avoir eu connaissance avant la fin du mois d’octobre de la tentative de suicide, qui n’aurait pas été ébruitée par la personne concernée et le seul témoin de la scène.

Alain Bretez estime par ailleurs, parmi les faits qui concourent au malaise au sein des agents, que des discriminations sont faites lors du recrutement du personnel. Il assure que la priorité est donnée à des « fils de » et non aux compétences. A cela, Lucien Lecanu répond que le recrutement est validé par un jury, composé de cadres dirigeants de la collectivité.

V. W.

Grève des balayeurs ?

S’ils ne sont pas reçus en mairie rapidement avec la CFTC, ils déposeront leurs balais. Voilà l’esprit de la pétition signée par la quasi-totalité des titulaires du service balayage de la Ville. L’objet de leurs réclamations : la nouvelle réorganisation de leur service qui ne les satisfait pas « et des promesses non tenues ». A l’origine de leur courroux, des changements d’horaires non assortis selon eux des compensations financières promises. Pour Lucien Lecanu, l’adjoint au maire en charge des ressources humaines, cette réorganisation est motivée par la nécessité de faire de Dieppe une ville propre même l’après-midi et d’augmenter la productivité du service.

Auparavant, avant cet été, les hommes du service balayage officiaient de 6 heures à 13 heures avec une pause casse-croûte légale « mais qui empiétait largement sur le temps de travail, d’après l’adjoint au maire, puisque prise dans les locaux du chemin de la Rivière loin des sites balayés ». Désormais les employés avec leur matériel ont été rapatriés quai du Tonkin et ils commencent plus tard le matin mais en prenant une pause d’une heure le midi pour finir en milieu d’après-midi. Leur temps a été annualisé pour permettre une modulation de leurs horaires selon les saisons. Par ailleurs les employés travaillent désormais plus longtemps le dimanche matin.

Pour Lucien Lecanu, le point a déjà été fait avec les employés lors d’une réunion organisée par les élus et les cadres le 2 octobre dernier. Et pour lui les promesses financières ont été tenues puisque les salaires ont été augmentés de 40 à 80 e par mois. Il souligne également que la municipalité a multiplié les investissements : locaux, vêtements… pour améliorer les conditions de travail du service.

Selon le responsable de la CFTC des territoriaux, Alain Bretez, les employés du service balayage ne l’entendent pas de cette oreille et comptent bien, s’ils ne sont pas écoutés, se mettre en grève.

Rien à signaler pour la CGT

Si la CFTC s’enflamme concernant la situation de malaise ressenti par le personnel communal, la CFDT reste prudente et la CGT estime la situation calme. Pour Dominique Lesueur, secrétaire de la section CFDT, « le harcèlement moral, il y en a, faut pas se le cacher, mais comme partout. Dire qu’il n’y en a pas ce serait mentir. » Mais selon lui ce harcèlement n’est pas dû à une couleur politique. La CFDT a eu à défendre des employés sur ce sujet lors de la précédente municipalité et en a, notamment un, à défendre sous cette municipalité. Un cas préoccupant, puisque la personne aurait tenté de mettre fin à ses jours voilà environ un an. Le plus difficile selon Dominique Lesueur reste à déterminer qui sont les véritables victimes de harcèlement. Ce ne sont pas ceux qui le clament haut et fort mais plutôt ceux qui cachent leur mal-être, « et qu’on découvre un jour en pleurs dans un couloir ». Ce que déplore la CFDT c’est l’absence d’un réel CHSCT qui puisse travailler sur ces problèmes au sein de la collectivité.

En revanche, côté CGT, on estime qu’il n’y a aujourd’hui rien à signaler. « La CGT a fait 78 % des voix lors des dernières élections professionnelles. Aujourd’hui, comme dans le passé, si on avait eu vent de quoi que ce soit : (harcèlement, mise au placard… ) on serait intervenu. Car on ne cautionne pas cela, quelle que soit la municipalité. »

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