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Journal du 21 mars 2008

Communauté d’agglomération :
qui va succéder à Jean Dasnias ?
Les maires doivent choisir leur champion

Tous les maires de l’Agglo étaient invités à une réunion, mardi soir, pour tenter de dégager un programme consensuel aux seize communes. Un groupe de travail pourrait cadrer un projet avant que tous ne se mettent d’accord sur un candidat susceptible de pouvoir le porter. Alors, seulement, sera élu le président de Dieppe-Maritime pour succéder à Jean Dasnias.

Les propositions devront être concrètes, directement mesurables sur la vie des habitants ». Dans la droite ligne des municipales, l’élection du président de la communauté d’agglomération est de toutes les discussions. Sauf que pour tous les élus, la question se pose plus en termes de programme qu’en termes d’homme. Pour prendre la suite du premier président Jean Dasnias, les maires des seize communes de Dieppe-Maritime se sont donc réunis mardi soir. Un premier tour de table dont l’idée était de « mettre en place un groupe de travail pour aboutir à un programme puis d’arriver à un consensus sur la personne qui le portera » indique Gill Géryl, maire de Martin-Eglise, à l’initiative de la réunion.

Rumeurs et bruits de couloir

Il y a quelques semaines, déjà, Gill Géryl a fait savoir dans nos colonnes qu’il ne se porterait pas candidat à la présidence. Un choix qu’il maintient, pour raisons personnelles, « mais qui ne m’empêchera pas, si le futur président le désire, de m’impliquer et de travailler auprès de lui ». Depuis quelques semaines, déjà, et parfois sans même que les principaux intéressés ne le sachent, des noms circulent comme possibles candidats à la présidence de l’Agglo.

On y trouve : Guy Sénécal (Arques), Bernard Bazille (Saint-Aubin-sur-Scie), ou Jean-Jacques Brument (Hautot-sur-Mer). Mais aussi un petit nouveau : Patrick Boulier, fraîchement élu maire de Varengeville. Aucun ne s’est pourtant porté candidat. Bruno Bienaimé, maire de Martigny, ne fait pas davantage acte de candidature. Et pour cause, il vient d’être élu conseiller général et n’en prendra pas plus, même s’il garde un œil sur l’Agglo : « Le successeur aura une structure avec des bases solides même s’il y a encore à progresser et en tant que conseiller général, je peux être très utile à l’Agglo sans en être président ».

Circule également le nom de Christian Cuvilliez dont le charisme sied mal à un simple poste de conseiller municipal de Dieppe. Pourtant, le principal intéressé se dit « solidaire des décisions prises dans les négociations avec les partenaires ». Depuis le début de la campagne, Sébastien Jumel, nouveau maire de Dieppe, affirme ne pas revendiquer la présidence de l’Agglo. Il ne sera donc pas candidat, pas plus qu’aucun élu dieppois.

L’emblématique premier président, Jean Dasnias, qui laissera son poste dans quelques semaines, n’a, quant à lui, pas de « poulain » : « Par expérience, je sais que si le président de l’Agglo est le maire de la commune centre, il faut qu’il comprenne qu’il y a quinze autres communes. Et si c’est le maire d’une autre commune, il faut que la Ville centre joue le jeu ». Tout en confirmant qu’il a « toujours fait du travail utile et que tout s’est toujours très bien passé avec les adjoints de la ville centre, Jean Dasnias précise qu’il faut une véritable volonté d’action commune et de collaboration ». Tout commence avec l’économie, le tourisme et l’aménagement du territoire. Des idées forces mises en lumière lors de la réunion.

Candidat « évident »

D’ici quinze jours ou trois semaines, le temps nécessaire pour que tout le monde s’entende sur un projet, il s’agira de décider qui le portera. Là encore, tous les maires souhaitent trouver LE candidat du consensus : une personnalité « pas trop marquée politiquement » qui récolterait l’appui de tous. Certains des noms qui se chuchotent sont d’ailleurs prêts à travailler si leurs collègues le leur demandent :

« Je ne voterai pas pour un homme mais pour un programme. Si quelqu’un est en adéquation avec ces priorités, très bien. Sinon, je n’ai pas l’habitude de m’imposer mais si les élus estiment que ces axes sont à défendre au sein de l’Agglo, je ne suis pas habitué à refuser de donner un coup de main. Je dirai donc oui à la présidence uniquement si on me la propose sur la base de ce projet » indique Guy Sénécal (voir par ailleurs). Une idée que partage Jean-Jacques Brument : « Le socle préparatoire est réalisé. Il va maintenant falloir concrétiser. Si je peux aider à synthétiser et à réunir les bonnes volontés, pourquoi pas. Je veux bien mettre mon expérience et ma bonne volonté au service de l’Agglo mais je sais aussi que c’est une tâche extrêmement lourde et que ce n’est pas une breloque pour se faire plaisir ».

Bernard Bazille, maire de Saint-Aubin, souhaite un candidat « rassembleur, disponible, et qui a une expérience de la gestion publique et le sens du commercial pour aller chercher des subventions ». Patrick Boulier qui vient d’être élu maire et qui poursuit une carrière professionnelle (il est actuellement proviseur de l’Emulation dieppoise), souhaite « faire chaque chose en son temps pour faire les choses bien. Il faut un candidat évident qui aurait une légitimité pour tous et pour porter un projet commun, et il ajoute que le poste de président ne doit pas être un enjeu politique ». Reste donc à trouver le « candidat évident pour tous »...

S. B.

Qu’attendent les maires ?

Il faut profiter de l’arrivée de la RN 27 qui va desservir la zone d’activité d’Offranville, créer un véritable projet au Val-Gosset et réactiver Regma à Arques, assure Guy Sénécal, maire d’Arques qui souhaite aussi que l’Agglo crée trois à quatre cents logements par an même s’il n’oublie pas l’éducation avec la nécessité de formations post-bac et la volonté de mettre en place un projet culturel fort ».

Une idée que soutiendra également Patrick Boulier, maire de Varengeville : « Il fallait mettre en route cette Agglo. Jean Dasnias n’a pas fait le travail le plus visible mais il a posé les fondations et donné tous les outils nécessaires à Dieppe-Maritime. Lui aussi cite le développement économique, La région manque d’entrepreneurs. Il faut faire venir du haut tertiaire et développer le tourisme, l’habitat pour loger les gens, et notamment les cadres que nous voulons faire venir, et l’aménagement du territoire : il faut s’interroger sur l’assainissement, les ordures ménagères puisque l’Agglo est porteuse de grands projets qu’une commune ne peut pas porter seule».

A l’économie, à l’aménagement du territoire, et à l’habitat, Bernard Bazille, maire de Saint-Aubin, ajoute le tourisme, le sport, la culture et la fiscalité, « un véritable enjeu pour faire des investissements. Il pense aussi au problème des ordures ménagères qui doit être géré avec délicatesse ».

Même chose à Hautot où Jean-Jacques Brument soutient que l’Agglo « porte des compétences lourdes. Celles qui sont primordiales étant l’économie et le tourisme, mais il y a aussi beaucoup de travail pour l’eau et l’assainissement ».

L’homme d’un consensus

Dans certaines communes de l’Agglo, les maires savent déjà qu’ils ne seront pas candidats à la présidence mais ils restent très attentifs à qui le sera et comptent bien faire entendre leur voix : « Je souhaite que ce soit une personne qui rassemble » indique Annie Pimont, maire de Sauqueville. Le maire de Grèges, Daniel Lefèvre, avoue que le sujet est délicat et espère « un homme de consensus comme l’était Jean Dasnias. Je voyais bien Gill Géryl ».

Louis Voisin, maire d’Aubermesnil-Beaumais, parle aussi de consensus : « Ce sera certainement le maire d’une commune moyenne, rurale ou semi-rurale, qui ne serait pas trop marqué politiquement, pour collecter le consensus ». Même chose pour Bernard Moisson, maire d’Ancourt : « Il ne faut pas d’effet brouillon le jour de la réunion communautaire. Ensuite, nous mettrons tous les moyens possibles pour aider le candidat ».

D’autres comme Jean-Yves Nédélec, maire de Sainte-Marguerite-sur-Mer, estiment que « le président doit être un élu d’une petite commune. L’élection du président tiendra beaucoup à Dieppe et à la couleur politique. Jean-Yves Nédélec n’est pas contre une vice-présidence, l’environnement, par exemple, le parent pauvre de l’Agglo ».

Lionel Avisse, de Tourville-sur-Arques, partage cette même idée que Dieppe ne doit pas prendre la présidence : « parce que les petites communes sont toujours les laissées-pour-compte de l’Agglo».

A Offranville, le nouveau maire, Claude Dolique, n’a pas encore vraiment réfléchi à la question : « La commune d’Offranville doit être représentée à un haut niveau mais pas à la présidence, un poste sur lequel je n’ai pas pensé à me positionner».

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