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Journal du mardi 29 avril
Un ouvrage richement
illustré sort sur Dieppe en 1968
Dieppe 1968 - Entre deux marées :
souvenirs de Serge Lucas
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Il y a quarante ans, Serge Lucas était alors journaliste localier. Il a couvert à l’époque tous les principaux événements de l’année, du 1er janvier au 31 décembre 1968, à Dieppe et dans les cantons environnants (Offranville, Longueville, Bacqueville, Luneray, Envermeu, Bellencombre, Saint-Nicolas). Il y revient aujourd’hui. De jeunes Dieppois, « pousseux » sur l’épaule, déambulent sur le front de mer. Clin d’œil en noir et blanc de ce Dieppe de la fin des années soixante qui se prépare à vivre, à l’image de l’Hexagone, des semaines agitées. Ainsi est illustré le très bel ouvrage signé Serge Lucas qui sort ces jours-ci aux éditions du Moulin-Alidor. Serge Lucas, journaliste localier à Paris-Normandie, a « couvert » l’actualité locale de l’année 1968 et, tout naturellement les grandes grèves ouvrières de mai et de juin ainsi que toutes les manifestations politiques. Il a toutefois choisi de retracer la globalité de cette année qui, à ses yeux, « ne se résume pas à ces deux seuls mois. Avant cela il y avait une importante grève des marins pêcheurs (en février), la mise à l’étude du port de plaisance off-shore – projet dont l’actrice Michèle Morgan, dieppoise de cœur, fut la marraine – ou encore la publication d’un rapport de chargé de mission faisant l’état des lieux de la cité et de son agglomération ». Cette année 1968 était d’une particulière richesse en effet. La France et, par voie de conséquence Dieppe, était encore dans les « Trente Glorieuses » mais des frémissements laissaient apparaître une mutation en cours. Bidouille et… sports d’hiver Le regard du localier se tourne tout autant vers les environs de Dieppe et c’est ainsi que l’on retrouve la place de Bacqueville-en-Caux en plein comice agricole digne de Flaubert, on se promène dans les kermesses locales, dans les quinzaines commerciales, dans les noces d’or ou de diamant… toute cette actualité locale, parfois « micro » qui représente énormément pour tous ceux qui sont attachés à un territoire. De nouvelles formes de logements sociaux font leur apparition, la ZUP de Neuville-lès-Dieppe sort de terre et l’on découvre les premiers locataires qui ouvrent leurs fenêtres sur les hauteurs nord de la cité d’Ango. Et puis il y a le casino qui, malgré les agitations sociales l’entourant, continue de fournir sa part de rêve : sa scène est ouverte aux meilleurs artistes populaires. On y découvre un Claude Nougaro dont le récital constitua l’un des sommets de la saison estivale. Le président de l’Université populaire, Gilbert Guesdon avait accueilli, en janvier, Jean Bruller, artiste et écrivain, unanimement connu sous son nom de résistant: Vercors. Caude-Côte vit alors au rythme des… sports d’hiver en offrant à tous sa piste synthétique, site de choix pour des photos de mode. Il ne faut pas oublier non plus qu’il existait encore un bidonville à cette époque, la « Cité Michel », survivance des logements provisoires des affres de l’après-guerre qui durèrent bien plus longtemps que prévu. La mutation était dans les esprits, elle le fut tout autant dans les assiettes… Les marins pêcheurs commencent en effet à exploiter une perle: la coquille Saint-Jacques. Dieppe en devient le premier port européen et la sole dieppoise doit lui laisser la première marche du podium. L’ouvrage est agrémenté des portraits d’Irénée Bourgois, Jean Mérault, Jean Tournier ou encore Gaston Lalitte. Des hommes qui ont laissé de profondes traces dans la cité aux quatre ports. Au-delà du travail documentaire, l’auteur distille sa patte personnelle à coups de petites touches, façons impressionnistes, dans lesquelles de nombreux habitants de Dieppe et de sa région se reconnaîtront.
Pratique : Dieppe 1968 – Entre deux marées
aux éditions du Moulin-Alidor. Séance de dédicaces le 17 mai à 15 heures à la librairie de la Barre. |