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Journal du 25 mars 2008
Un navire moldave sans
propulsion
à quelques milles nautiques de la côte
Evacuation sanitaire pour l’équipage du
cargo
livré à lui-même
| A quelques milles nautiques des côtes de
Dieppe, un cargo battant pavillon moldave a lancé un appel de
détresse vendredi en fin d’après-midi. Face à une panne moteur, le
commandant de bord, dans une mer démontée, a préféré demander
l’évacuation sanitaire de son bâtiment. Le vent a soufflé violemment toute cette journée de vendredi. Force 7 à 8, en rafales, et de beaux creux au large de 2,5 à 4 mètres. En fin d’après-midi, le CROSS (Centre régional opérationnel de sauvetage et de surveillance) Gris-Nez reçoit un appel de détresse d’un cargo moldave qui se trouve visiblement en grande difficulté au large de Dieppe, à 7 milles nautiques (environ 13 km) au nord-ouest. Ce cargo, l’Alkor, battant pavillon moldave, transportant 3 500 tonnes d’acier dans ses cales, est tombé en panne durant son transit en Manche et le commandant de bord a préféré jouer la sécurité en appelant les secours. Le navire, construit en 1977, d’une longueur de 93 mètres, faisait route en direction de Rotterdam (Pays-Bas). Mise en demeure du préfet maritime de la Manche Le CROSS Gris-Nez a donc mis sur pied une opération d’évacuation sanitaire de six membres d’équipage sur quatorze en faisant décoller l’hélicoptère Dauphin de la Marine nationale stationné au Touquet tout en faisant appareiller, en même temps, un gros remorqueur d’intervention, l’Anglian Monarch co-exploité par la France et par la Grande-Bretagne. En parallèle, les remorqueurs portuaires du Havre étaient également informés d’une possible intervention. Comme le capitaine était particulièrement soucieux de la sécurité de son navire, il a fait évacuer six hommes d’équipage qui ont été hélitreuillés et transportés sur l’aérodrome de Saint-Aubin-sur-Scie. Sur place une équipe d’intervention coordonnée par le major Letournelle les attendait afin de les transporter sur le centre hospitalier de Dieppe pour examens. Ne parlant que le russe ils ont tout de même pu faire comprendre qu’ils prenaient aussi bien que possible cette mésaventure et que, quoique inquiets, ils ne souffraient pas. A la suite de cette évacuation sanitaire, l’hélicoptère de la Marine a transporté à bord de l’Alkor une équipe d’évaluation et d’investigation comprenant deux experts du centre de sécurité des navires du Havre, pour tenter de comprendre ce qui avait motivé cette intervention. Apparemment l’Alkor a tout bêtement souffert d’une panne d’huile moteur. Le commandant avait prévu de se ravitailler à Dieppe mais le mauvais temps l’en avait dissuadé. Les bidons d’huile nécessaires au redémarrage du navire ont donc été également hélitreuillés à bord du bateau. Au regard des conditions météorologiques mais également de la tombée de la nuit et de la situation particulièrement dangereuse de ce navire sans propulsion, le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord a mis en demeure l’armateur de l’Alkor de faire cesser le danger pour la navigation et l’environnement. A 20 h 20, le navire moldave a pu finalement relancer ses machines et faire route en direction d’Amsterdam sous l’escorte du remorqueur Anglian Monarch qui était arrivé entre-temps sur zone. Laurent Rebours |