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Journal du 11 avril 2008
Quand Internet permet de
renouer des liens
Dieppois ou expatriés :
ils ont retrouvé leurs « copains d’avant »
| Difficile de garder le contact avec ses
camarades de primaire, son meilleur ami de fac ou un ancien
collègue. Avec Copains d’avant, chacun peut désormais tenter de
retrouver ceux ou celles qui ont compté. Nostalgie ou simple
curiosité, des Dieppois qui ont renoué avec le passé témoignent de
leur expérience. Que sont devenus mes copains et mes copines de classe, mes camarades d’armée, mes premiers collègues, mon premier amour ? Le temps passe mais les souvenirs restent. Dans la rue parfois, on croise un regard familier. Vais-je oser traverser la rue pour prendre des nouvelles ? Se souvient-il de moi ? Certains n’hésitent pas à parcourir les pages jaunes à la recherche de leur ami d’enfance. D’autres se sont déjà donné rendez-vous « dans dix ans » comme un certain Patrick Bruel. Mais pour d’autres, la démarche n’est pas aisée. Depuis déjà quelques années, des sites Internet comme Facebook
proposent de retrouver de vieilles connaissances. Plus « frenchy »,
un site (désormais gratuit) propose, sous condition d’une
inscription, de retrouver ceux et celles qui ont marqué votre vie
scolaire ou professionnelle. Le principe est simple : vous transmettez les informations que vous souhaitez sur une fiche et vous pouvez même y joindre une photo (pour ceux qui souhaiteraient retrouver leurs copains d’armée en 1975, ne mettez pas la dernière photo du repas de famille, ça n’aidera en rien la personne qui cherche à vous reconnaître !). Certains vont jusqu’à mettre en ligne des photos de classe où chacun peut ensuite s’identifier ! Libre à vous de remplir les autres rubriques (parcours scolaire, professionnel, passions, voyages etc.). Votre fiche validée peut être actualisée et mise à disposition sur le site. Vos amis qui se seront inscrits dans la même ville ou école pourront ainsi être avertis de l’arrivée d’un petit nouveau. Quant à vous, vous pouvez dès à présent vous lancer à la recherche de vos copains d’avant grâce à un navigateur multicritères. Pour vous en rendre compte, faites l’expérience. A Dieppe, comme partout en France, le site ne cesse d’attirer de nouveaux membres. A titre d’exemple, voici quelques chiffres : 3 384 inscrits pour le lycée Ango, 1 269 pour Neruda, 267 pour Sévigné, 74 au centre hospitalier, ou encore 12 personnes à la CPAM. La liste est assez étonnante et vous retrouverez même des anciens de Mammouth et déjà les employés de Megival. Certains inscrits ont tout juste leur baccalauréat ou leur BEP, d’autres sont à la retraite. Un véritable réseau ! Des chemins différents Nous nous sommes mis en relation avec des jeunes et anciens Dieppois pour tenter de plonger un peu plus au cœur d’un phénomène devenu « tendance ». Au Pollet, Caroline Auvray, 25 ans, est institutrice à l’école Vauquelin. En mai 2007, des amis lui parlent du site et elle décide de s’inscrire. Elle « ose » plus facilement écrire un message à ses anciens camarades de classe : « J’ai essentiellement retrouvé des anciens du collège Cocteau à Offranville, ça a été de véritables retrouvailles. J’ai notamment retrouvé deux copines qui avaient déménagé et que j’avais complètement perdues de vue. Ce ne sont que les premiers contacts, je n’ai encore revu personne. J’avais également de la famille qui habitait loin, alors j’ai pu reprendre des nouvelles », explique la jeune institutrice qui a « coopté » sa mère. Sur une photo qu’elle tient devant elle, elle tente de se rappeler. Celle-ci s’est mariée et vit aux Etats-Unis où elle vend des robes de mariée, un autre habite à Dubaï, celui-là est boulanger. « Il y a une grande part de curiosité et je suis souvent déçue quand il n’y a pas de photo. Ce qui me plaît, c’est aussi de voir nos parcours parfois si différents », souligne Caroline Auvray. Connaître les parcours de ceux avec qui on a fait un petit bout de chemin, tel est l’un des objectifs des internautes inscrits. Certains vont plus loin qu’espérer un simple contact et envisagent carrément de se revoir, 10, 20, 30, 40 ans après… Se retrouver Autre inscrite, autre parcours, nouvelles anecdotes. Nous rencontrons Anne Barabé, 32 ans, chargée de développement social chez Sodineuf Habitat normand. Avec une amie, elle s’est fixé l’objectif de rassembler tous les élèves de sa classe de CM2 à l’école primaire d’Auzebosc (près d’Yvetot) pour un mémorable barbecue en 2009. Le but ? Recréer le décor de la salle de classe avec les vieux pupitres et convier les instituteurs. Sur dix-huit élèves, elle a réussi à retrouver dix d’entre eux : « La plupart sont partants » confirme la jeune femme. En regardant le cliché, elle se rappelle : « Ces deux-là se sont mariés. Cette fille-là est choriste professionnelle. Je crois même qu’elle l’était pour Michel Delpech. Ce garçon-là a mal tourné, il est en prison ». Comme notre jeune institutrice, elle a convaincu mari et maman de rejoindre la famille Copains d’avant. Et elle a même « redécouvert » des collègues qui, comme elles, ont ouvert une partie de leur intimité. Elle tient toutefois à préciser : « Je fais quand même attention à ce que je mets comme photos car très facilement je peux les enregistrer et en faire ce que je veux après. Je pense notamment aux enfants. Idem pour mon adresse, je n’irai jamais localiser ma rue sur un plan. Néanmoins, on est tous déçus lorsqu’il n’y a pas du tout de photo ou de renseignements sur le job ou la ville par exemple. Il faut quand même jouer le jeu ! ». Gill Géryl, maire de Martin-Eglise et ancien élève du lycée Jehan-Ango, a également mis en ligne sa fiche sur le site Copains d’avant : « On essayait déjà avec les anciens copains de garder contact par téléphone ou par courrier mais c’est vrai que ce site est un outil supplémentaire», souligne Gill Géryl. Et de poursuivre : Certains ont eu des parcours sensationnels. Avec cinq ou six anciens d’Ango, ils ont organisé une petite réunion, histoire de se revoir et d’évoquer quelques souvenirs. Bien évidemment, le sujet « copains d’avant » n’a pu être écarté. Tous projettent de se revoir bientôt, si possible avant les prochaines vacances ». Julie Voisin Des expatriés
recherchent Ils ont vécu à Dieppe, ont fréquenté ses établissements, y ont parfois travaillé. Expatriés pour des raisons personnelles ou professionnelles, même s’ils ne sont pas forcément « homesick » (avoir le mal du pays), Copains d’avant leur a permis de remettre un pied dans la cité aux quatre ports. Ainsi, Claude Claudie Guerinet Hackett, 51 ans, a quitté Dieppe pour vivre aux Etats-Unis au Tennessee. Elle ne se souvient plus comment elle a découvert l’existence du site mais par curiosité, elle s’est inscrite afin de retrouver éventuellement des amies d'école ou de travail. Jusqu'à présent, elle n'a eu contact qu'avec un de ses cousins et une amie avec qui elle travaillait, amie qu’elle envisagerait bien de revoir. Pour Jean-Pierre Viel, 58 ans, l’inscription lui a permis de renouer des liens avec des personnes et une ville qui lui manquent beaucoup. L’homme vit aujourd’hui en Californie où il exerce en tant que docteur en thérapie physique : « J’ai eu vent du site quand j’étais sur le Google français. Je ne me souviens pas exactement comment, mais j’ai vite décidé que ce site était une idée géniale. Je me suis inscrit en découvrant que je pouvais laisser mes coordonnées d’école quand j’étais au lycée Jehan-Ango. J’avais espoir de retrouver des copains et copines. J’ai retrouvé des gens que j’avais complètement oubliés. C’est un tel plaisir de pouvoir me mettre en contact avec eux. Les photos sont formidables. Il est improbable, et bien dommage, que je ne reverrai pas tous ceux que j’ai retrouvés. Cependant, je suis toujours en contact régulier avec au moins trois d’entre eux ; que ce soit par téléphone, email ou courrier » souligne cet expatrié dont la maman vit toujours à Janval. Et si on lui parle de Dieppe, Jean-Pierre Viel ne tarit pas d’éloges : « Je garde des souvenirs extraordinaires de Dieppe. J’ai eu l’occasion de voyager beaucoup, et j’ai rarement vu des endroits aussi beaux et charmants que Dieppe et ses environs. Même sous la pluie et la tempête. Ma femme, qui est américaine, est d'accord avec moi. Le port, la plage, la Grande-Rue et le marché du samedi, les Tribunaux et l’apéritif dehors ; il n’y a pas beaucoup mieux, nulle part ». |