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Journal du 25 avril 2008
Les marins pêcheurs du Tréport
ne veulent pas d’éoliennes en mer
« On ne veut pas de compensation,
mais juste préserver notre métier »
| Le projet d’implantation d’un millier
d’éoliennes en mer, entre Saint-Valery-en-Caux et
Saint-Valery-sur-Somme n’est pas du tout du goût des pêcheurs du
Tréport, ni des professionnels du tourisme, ni même de la
population. Un comité de défense va être mis en place. Les pêcheurs
démentent toute tractation avec le promoteur pour avoir du pétrole
gratuit. Explication. Les pêcheurs du Tréport tiennent à préserver leur espace de travail et refusent l’implantation de parcs éoliens au large des côtes entre Saint-Valery-en-Caux et Saint-Valery-sur-Somme. Ils l’ont de nouveau affirmé au cours d’une réunion, mardi après-midi, à la mairie du Tréport. Et si les pêcheurs et plaisanciers étaient les premiers à manifester leur désaccord face à ce projet, ils sont désormais rejoints par des habitants de la ville balnéaire mais aussi des commerçants, des chasseurs et différents acteurs du tourisme. Alain Longuent, maire, se félicite d’ailleurs de cette mobilisation. Le porteur de ce projet, la Compagnie du vent, est déjà venu au Tréport pour en faire la promotion. « Le propriétaire de la Compagnie du vent a vendu à Suez 56 % du capital de la société pour 320 Me et sa société a réalisé un chiffre d’affaires de 11,3 Me en 2007, avance Alain Longuent. C’est une véritable pompe à fric ». Le comité régional et local des pêches était représenté. Les pêcheurs se sont montrés outrés par les propos publiés dans le mensuel économique Capital à propos de leurs relations entre leur corporation et les promoteurs d’éoliennes en mer: « Le promoteur dit qu’il va nous donner du pétrole en compensation et il ne s’est pas gêné non plus pour dire qu’il nous indemniserait, souligne un acteur de la pêche. Or, nous n’avons jamais été contactés à ce sujet. C’est de la désinformation ». Et les pêcheurs présents à cette réunion sont tous unanimes: « Nous ne voulons pas de compensations mais garder nos outils de travail et nos zones de pêche. Ça n’a aucun sens de mettre l’argent en avant pour casser le port et l’activité touristique du Tréport ». Urbaniser la mer Catherine Boutin, coordinatrice et opposante à ces projets d’implantation de fermes éoliennes offshore estime – cartographie à l’appui – qu’un millier d’éoliennes sont prévues entre les deux Saint-Valery. « Il y a de la vie en mer, ce n’est pas une poubelle, tempête-t-elle. Une éolienne, c’est comme un blockhaus qui reste à vie! Alors pour le coup, ne nous parlez pas d’écologie… On urbanise la mer avec des milliers de tonnes de béton, c’est du jamais-vu, c’est de la fumisterie de ces vendeurs de vent ». Invités à cette réunion, le maire de Cayeux a exposé son refus à ce projet ainsi qu’un représentant de la commune de Saint-Valery-sur-Somme. Le maire de Veules-les-Roses a demandé un moratoire. Sa commune est touchée de plein fouet par un projet d’éoliennes en mer au large de Veulettes-sur-Mer. Les dossiers sont bien avancés et la réalisation est imminente à Veulettes. Malheureusement, les maires ont très peu de pouvoir face à ce type de réalisation. Les éoliennes sont implantées à plus de six milles des côtes et ainsi c’est l’État qui les gère directement. À l’issue de cette réunion, les opposants aux parcs d’éoliennes ont décidé de faire plusieurs actions concrètes comme la constitution d’un comité de défense. « Il faut qu’on se rassemble pour faire pression entre les pêcheurs, les commerçants, les acteurs du tourisme, et la population pour éviter cela à tout prix. Je suis convaincu de l’intérêt économique du Tréport et du littoral en général. Mais attention, prévient Alain Longuent, certains ont succombé aux chants des sirènes ». Enfin, des courriers seront adressés à tous les élus du littoral, au préfet maritime et au sous-préfet. A. B. |