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Journal du 15 juillet 2008
La municipalité voit d’un
mauvais œil la construction
de cette résidence de standing
L’Etoile bleue brillera-t-elle
sur Dieppe ?
| Une nouvelle résidence de standing
devrait prochainement sortir de terre face au bassin du port de
commerce près des entreprises des mareyeurs. Seulement la ville voit
d’un très mauvais œil ce projet qui ne correspond pas à sa vision de
l’aménagement de ce quartier et ne souhaite pas le voir aboutir. Quai du Québec, à deux pas des cases à marées : « Ici prochainement résidence de standing, l’Etoile bleue » clame un panneau installé depuis un peu plus de deux semaines. Dans son dos, le site qui devrait accueillir cette nouvelle construction est encore à l’état de friche industrielle. Et déjà les boîtes aux lettres de la région ont été arrosées de dépliants vantant les charmes de cette construction ambitieuse : une « résidence d’exception qui bénéficie d’une situation privilégiée, à deux pas du cœur historique de Dieppe. » L’espace de vente, un bungalow, est d’ores et déjà installé sur le quai, prêt à renseigner toute personne intéressée pour acheter l’un des 162 logements. Sur le futur chantier, on s’active déjà. Les travaux de démolition des anciens bâtiments de la Sonogad sont achevés, une partie des travaux de dépollution réalisée. Pourtant, ce projet sortira-t-il de terre ? Côté Océanis promotion, le promoteur, ça ne fait visiblement aucun doute : on annonce que les travaux débuteront cet automne et dureront vingt-quatre mois. Mais côté mairie, on explique à mots plus ou moins couverts que l’Etoile bleue ne devrait jamais briller sur le quai. Enfin c’est ce que souhaite la nouvelle municipalité et ce à quoi elle travaille actuellement. Les promoteurs immobiliers avaient réussi à boucler le dossier de leur nouvelle résidence de standing avant les élections, avant que la ville ne penche à gauche, avant qu’une nouvelle équipe aux idées complètement opposées à la précédente ne reprenne la barre. Les promoteurs immobiliers pensaient miser sur le bon cheval en montant leur projet dans un quartier en devenir. Ils pensaient visiblement pouvoir s’appuyer sur le projet des Voiles du Tonkin, cet ensemble immobilier et commercial qui devait être créé sur l’ancien terrain des Huileries, juste à côté. Quartiers en devenir Les promoteurs avaient même, sur leur site Internet, commencé à vanter les charmes de leur future résidence qui devait bénéficier d’un environnement agréable avec de larges espaces de verdure et devait même avoir vue sur… une marina ! En effet, l’idée lancée originellement par le Syndicat mixte du port de Dieppe de transformer le bassin de commerce en parking pour bateaux de plaisance était un bon argument de vente à présenter à de possibles investisseurs à l’autre bout de la France. Seulement voilà, mars et ses élections municipales sont passées par là. Exit les Voiles du Tonkin. Et la marina, elle, devrait rester à l’état de fantasme… Bref, il ne reste désormais plus que ce projet de L’Etoile bleue au milieu d’un quartier toujours en devenir, mais quel avenir ? Cet avenir, la Ville veut prendre le temps d’y réfléchir (voir encadré). Mais ce qui est sûr, c’est que L’Etoile Bleue ferait tâche dans le paysage qu’elle souhaite dessiner. « Ce projet ne nous convient pas », lance tout de go Hugues Falaize, l’adjoint au maire en charge de l’urbanisme. « Il va à l’encontre de la politique que nous souhaitons développer », poursuit-il. Selon lui, ce projet soulève plusieurs problèmes : le marché pour ce type de logement est saturé et surtout cette zone n’était pas destinée à accueillir des logements. « Ce terrain a été sorti de la ZAC (la zone d’aménagement concerté) pour pouvoir en accueillir. Or rien n’a été pensé au niveau des équipements. Qui dit 162 logements, dit familles avec enfants. Mais il n’y a pas de projet d’école à cet endroit. Où vont-ils aller », souligne-t-il à titre d’exemple. La question de l’environnement se pose également. Les futurs propriétaires de ces appartements devront vivre plusieurs années encore dans ce paysage de friche industrielle. « Surtout que nous avons bon espoir de voir s’installer une usine d’engrais russe. Même si des efforts peuvent être fait, ça restera une usine », ajoute-t-il. Il craint également que ces nouveaux logements ne soient pas synonymes d’apport de nouvelle population pour la ville. Certains de ces appartements sont à destination des investisseurs adeptes de la défiscalisation. « Or on voit bien en France actuellement le problème de ce type de vente. Les propriétaires achètent sur plan sans voir l’appartement et après ne trouvent aucun locataire à y installer ». La municipalité a déjà donné un coup d’arrêt aux Voiles du Tonkin qui ne correspondait pas à sa politique. Seulement là, il sera visiblement moins évident de stopper cette construction. « Nous avons déjà eu une réunion pour voir ce que nous pouvons faire juridiquement », souligne Hugues Falaize sans vouloir en dire plus. Avant toutefois d’ajouter « on peut tout arrêter si on y met le prix ». Reste à savoir maintenant si la Ville aura les épaules assez solides pour négocier. En tout cas l’adjoint à l’urbanisme semble serein. Et estime que les promoteurs, que la Ville a déjà rencontrés, devraient déjà avoir compris que leur intérêt est aujourd’hui dans cette négociation… V. W. Une résidence de
standing L’Etoile bleue sera construite entre les rues Laurent-Croisé, cours de Dakar et rue de l’Entrepôt face au bassin du Canada. Elle devrait comprendre 162 logements, du studio de 27 m2 aux cinq pièces de 113 m2 avec balcons ou terrasses jusqu’à plus de 80 m2, le tout réparti sur quatre étages. Une partie de ses appartements, dix-huit exactement seront destinés à être gérés par un bailleur social dieppois. L’ensemble est réparti sur six cages d’escaliers (dont une exclusivement réservée aux logements sociaux ). Un parking souterrain est également prévu avec 189 places pour les cinq cages principales et 20 places (avec rampe d’accès particulière pour les 18 appartements sociaux). Au cœur de la résidence des espaces verts sont prévus. Une réflexion sur l’entrée de ville La municipalité se penche actuellement sur le devenir de la ZAC Dieppe sud, car c’est là que devrait déboucher la RN27 avec son flux de véhicules. « Il faut réfléchir à ce que l’on veut faire côté DSN, gare et Quai du Tonkin. Nous avons entamé une réflexion avec le cabinet Chavanne. Ce cabinet avait été missionné par la Semad l’an dernier pour l’aménagement de la ZAC. Nous avons repris la collaboration mais en réorientant le travail. Réflexion que nous souhaitons ensuite rapprocher du travail sur le PLU, le plan local d’urbanisme », explique Hugues Falaize, adjoint à l’urbanisme. Au cœur de ce travail devrait être creusée l’idée de la construction d’un « hôtel de communauté» , central. |