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Journal du 18 mars 2008
Premier conseil d’installation
de Sébastien Jumel
et de ses adjoints
Edouard Leveau quitte la scène politique
sur un bras d'honneur !
| Vendredi soir, le nouveau maire,
Sébastien Jumel, a été officiellement installé dans ses fonctions
aux côtés de ses adjoints, devant plusieurs centaines de
sympathisants. Mais le maire sortant, qui, selon l’usage
républicain, doit ouvrir le conseil, ne s’est tout simplement pas
déplacé, ce qui a obligé Sébastien Jumel à faire appel à l’arbitrage
du sous-préfet. Un acte inconcevable, inimaginable pour le vieux grognard de la politique, foncièrement anti-communiste ? Inconcevable à ses yeux de « rendre » la mairie à ceux qu’il avait « chassés » en 2001 ? Edouard Leveau n’est pas venu vendredi soir lors de la séance d’installation de Sébastien Jumel et de ses adjoints. Un ultime coup d’éclat qui a pris pourtant des airs de bras d’honneur à l’usage républicain. Près d’une heure avant le conseil, la salle de l’hôtel de ville est déjà quasiment remplie dans son intégralité. Ne restent que quelques places réservées pour la presse, le long des fenêtres. Et pour tous ceux qui n’ont pu accéder à cette cérémonie solennelle – pour laquelle des affiches d’invitation avaient été placardées dans toute la ville -, plusieurs dizaines d’autres sièges les attendent au rez-de-chaussée devant un écran géant sur lequel les images de la soirée sont retransmises par deux caméras vidéo. De gros moyens déployés pour faire de ces instants des moments dont on se souviendra. Ne serait-ce aussi que par la couverture médiatique sans précédent avec notamment les caméras de France 3 ou de TF1. A 17 h 45, les membres élus de la liste « Rassemblés, Dieppe avance » sont tous présents et attendent, debout, l’ouverture de la séance. Quelques minutes plus tard arrivent les colistiers de « Dieppe Ensemble » emmenés par Jean Bazin. La tension monte. Dans l’assistance on sent que le public est prêt à bondir à l’énoncé de noms pour lesquels ils se sont mobilisés. Il y a là des jeunes, des tout jeunes même, mais aussi d’anciens conseillers qui vivent ces instants avec émotion. A l’image de Jacqueline Thomas et de Guy Roulland : « Quand on pense que j’ai été vingt-quatre ans conseillère », confie la première. « J’ai travaillé avec Irénée et Christian… Je trouve que Sébastien a un peu des deux », ajoute le second. Et tous deux, de concert, de se dire impressionnés par « sa jeunesse » et le fait qu’il sache « se mettre à la portée de tout le monde ». 18 heures, Edouard Leveau se fait attendre. 18 h 05, la tension est palpable. Dans la salle on commence à s’interroger, à imaginer divers scénarios. A douter aussi : que prévoit la loi si le maire sortant n’est pas présent pour ouvrir la séance ? 18 h 10, 18 h 15… A 18 h 20, Sébastien Jumel, se doutant qu’il se passe quelque chose, saisit son téléphone portable et appelle le sous-préfet pour s’enquérir de la marche à suivre. Il fait part de sa démarche au micro ce qui déclenche des huées dans la salle. Il faut se rendre à l’évidence, Edouard Leveau a décidé de boycotter ce dernier conseil, il ne remettra pas les clés de la Ville à ses « ennemis » politiques de toujours. Quelques instants plus tard, la réponse tombe : c’est au 1er adjoint d’ouvrir la séance, sinon au deuxième, troisième… En l’occurrence, place à Patrick Hoornaert qui, conformément au protocole dit agir « au nom d’Edouard Leveau» ce qui déchaîne la salle qui siffle à l’énoncé de ce nom. Mais, à celui de Christian Cuvilliez puis de Sébastien Jumel, c’est un tonnerre d’ovations qui y fait place. La revanche de Christian Cuvilliez Mickaël Pajot fait office de secrétaire de séance tandis que, au titre de doyen de l’assistance, Christian Cuvilliez prend la parole. Une longue intervention pour celui qui a été privé de l’exercice durant sept années et qui, d’emblée, admet volontiers que l’on se trouve bien là « dans une revanche, mais au sens où l’intelligence a repris le dessus sur le sectarisme, l’esprit d’ouverture sur l’esprit d’exclusion, la citoyenneté sur le clientélisme… Une revanche mais surtout une réhabilitation dans tous les sens du terme, une sorte de résurrection à la veille du retour des cloches de Pâques ». Christian Cuvilliez ne peut se priver d’un « private joke » faisant une référence directe à des tracts opposants de 1971. Et l’ancien député-maire de décliner ce vocable de
réhabilitation, « dans le sens d’une légitimité reconnue, d’un
rétablissement de droits contestés, de retrouvailles avec les gens
du peuple. A l’adresse de Jean Bazin qui parlait de fascisme rouge
il estime qu’il est temps de tourner la page, il s’agit désormais de
concourir dans le débat d’idées plutôt que dans la chasse à l’homme
et de faire prévaloir la dialectique à l’invective, pour ne pas
insulter les 8 411 électeurs qui ont choisi avec les communistes à
visage humain, d’avoir à la mairie une équipe d’union de la gauche
recouvrant toute la diversité des sensibilités progressistes,
qu’elles soient habillées de rouge, de rose ou de Et Christian Cuvilliez, visiblement tout à son aise dans ce fauteuil de président de séance, de rendre hommage à tous ceux qui « ont marqué l’histoire locale » et qui se trouvaient ce soir-là aux premiers rangs : Charles Piéters, Janine Rogé, Monique Bourgois, Marie-Claude Cuvilliez, Gérard Jacqueline, Yves Lavieuville, Liliane Bosansky ou encore Bernadette Legras… L’ancienne génération « et puis la nouvelle, avec Aline et ses bientôt trois enfants qui vont entrer dans le tourbillon de l’action publique. Sébastien sera maire tout à l’heure et avec lui s’ouvrira un nouveau cycle ». Jean Bazin déplore l’attitude d’Edouard Leveau A la tête de « Dieppe-Ensemble », désormais groupe de huit membres, Jean Bazin – entre sifflets, cris et huées – a voulu poser d’emblée les jalons de son opposition qu’il entend constructive : « Dimanche, le choix des électeurs a été très clair. Il marque la fin de l’ère Leveau et, ce qui s’est passé en début de séance en témoigne, je le déplore également. Nous avons une autre vision de la Ville et « Dieppe-Ensemble » continuera de défendre certaines valeurs, Dieppe doit continuer à s’ouvrir, à s’agrandir et les discours en trompe-l’œil ne tiendront pas. Et Jean Bazin d’en appeler à la défense des services publics ce qui provoque un gros brouhaha dans l’assistance, et nous serons très attentifs aux dossiers en cours ». Fidèle à sa ligne de pensée, il estime que, dans l’exercice de la démocratie locale, il serait de bon ton d’attribuer à l’opposition la présidence d’une commission. Lui-même avait promis celle des finances à son opposition en cas de victoire. « Ce serait le signe d’une démocratie apaisée. Tout comme le respect de la démocratie voudrait que l’on siège à l’Agglo. Nous serons vigilants sur la réhabilitation des quartiers, du cinéma, sur l’évolution de la démocratie locale, sur le respect des espaces de liberté qui doivent être accordés. Il ne faut pas de tutelle de la Ville, Dieppe ne doit pas être sous la coupe réglée d’un parti », allocution plutôt courageuse face à une salle surchauffée qui réagit au quart de tour. Quant aux finances communales pour lesquelles un audit doit être réalisé, « elles étaient vides en 2001 ! Aujourd’hui vous bénéficiez d’un excédent de 4 Me, nous vous invitons à les utiliser au mieux… » Le printemps de Dieppe
«Recevoir des mains d’un homme de cette trempe, de cette hauteur de vue, de cette générosité naturelle, l’écharpe de maire constitue symboliquement une juste et légitime réparation de l’histoire ». Sébastien Jumel, saluant immédiatement son mentor, s’est laissé porter par une bouffée de lyrisme dans son discours d’introduction : « Si, plus que jamais, avec une équipe jeune, dynamique et solidaire, j’entends être artisan de notre ville, je n’oublie pas qu’avant nous, de 1971 à 2001, nombreux ont été ceux qui ont labouré le terrain des utopies et des réalités concrètes. Sans ces gouverneurs de la rosée, aujourd’hui, il n’y aurait pas de printemps ! » Et le nouveau maire n’oublie personne dans son allocution : les fondateurs, les quartiers qui l’ont plébiscité « qui perpétuent l’héritage de la culture maritime et ouvrière et refusent pour leur ville le destin d’un Deauville au rabais ou celui d’une marina les pieds dans l’eau autour du bassin de Paris ». Il salue tour à tour « le souffle intergénérationnel, le service public de l’éducation, les entreprises fragilisées, le centre hospitalier ou encore la mairie, autant de lieux dans lesquels il entend apporter un souffle nouveau, une mission de service public dans l’intérêt de tous les habitants ». Message d’ailleurs affiché par une grande bannière tendue derrière le conseil. Sébastien Jumel se veut aussi interlocuteur des acteurs économiques et institutionnels, « n’en déplaise à ceux dont la pensée les enferme dans des stéréotypes manichéens ». Avec ses colistiers de la liste d’union de la gauche il veut « redonner de la crédibilité à Dieppe qui doit se faire respecter dans l’aménagement du territoire. Nous agirons pour l’emploi en développant le port dans ses quatre dimensions, en créant une véritable plate-forme logistique ou autour de filières énergétiques nouvelles et durables, aussi en travaillant avec l’ensemble des acteurs intéressés au développement d’un tourisme accessible à tous, socialement et physiquement, s’appuyant sur notre richesse patrimoniale, architecturale et respectueuse de l’environnement ». Au travers de sa gestion communale, Sébastien Jumel entend entrer en résistance « face aux mauvais coups engagés, annoncés ou cachés le temps d’une campagne ». Une résistance aux mesures gouvernementales « sur les menaces qui pèsent sur les fondements de notre système de protection sociale ». Le désenclavement de Dieppe est aussi au chapitre des priorités avec la RN 27 et la sécurisation du CD 925 entre Dieppe et Le Tréport. Et tout comme Jean Bazin, il réclame « des relations apaisées, de la convivialité retrouvée, du dynamisme ressourcé, de la cohésion sociale rétablie dans les quartiers ». Laurent Rebours et Aurélien Bénard Les onze adjoints
Comme annoncé, Hugues Falaize va occuper le poste de 1er adjoint au maire. Le grand retour aux affaires dieppoises de celui qui fut directeur général des services du temps de Christian Cuvilliez et qui était parti sur Calais en 2001. Thierry Levasseur (PS) est 2e adjoint – le jour de son anniversaire -, Béatrice Delandre (PC) 3e adjoint, Eric Tavernier (PS) 4e adjoint, Lucien Lecanu (PC) 5e adjoint, Vérane Legrand (PS) 6e adjoint, François Lefebvre (PC) 7e adjoint, Emmanuelle Caru-Charreton (PS) 8e adjoint, Marie-Catherine Gaillard (PC) 9e adjoint, Frédéric Eloy (PS) 10e adjoint et Patricia Farge (PC) 11e adjoint. Tous ont été élus alors que le groupe de Jean Bazin n’a pas pris part au vote, « nous considérons que les adjoints doivent appartenir au groupe majoritaire ». Bernard Brébion, comme annoncé également, va occuper les fonctions de maire délégué de Neuville, il a été élu à l’unanimité des trente-neuf membres du conseil. Pour les délégations, il faudra encore patienter. Marie-Catherine Gaillard serait pressentie aux finances, Eric Tavernier à l’environnement et aménagement du territoire, Lucien Lecanu au personnel communal, François Lefebvre à la solidarité et personnes âgées. |