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Journal du 9 mai 2008

Après deux mois à la tête de la mairie de Dieppe
Sébastien Jumel veut désormais
donner « des signes forts »

La période d’observation est terminée ! Place aux actes désormais, martèle le nouveau maire de Dieppe qui dit entendre les nombreux espoirs formulés par les Dieppois qui lui ont accordé leur confiance. Pour leur prouver son engagement et celui de son conseil il souhaite désormais montrer des « signes forts ».

D’emblée, Sébastien Jumel, s’adressant à la presse, souhaite préciser quelques détails de sa politique de communication. Son staff de cabinet est désormais opérationnel autour du directeur, Vincent Goupil, de Denis Duvot, collaborateur tout droit venu de Calais, et de Stéphane Canu chargé des relations avec la presse.

• L’état des lieux : Pour la com’ donc, Sébastien Jumel entend être le maître à bord mais se défend d’être autocrate, « simplement il faut arrêter les effets de communication à tout-va, dévastateurs s’ils ne sont pas suivis d’effets et je ne veux pas communiquer tant que tout n’a pas été acté en conseil ou avec les décideurs ». Il se réfère à la question du parking gratuit de la Rotonde « qui n’a pas encore été examinée avec le délégataire », à celle de Natura 2000 « pour laquelle je dois adresser un courrier aux maires des communes du littoral et attendre l’approfondissement du dossier ».

En clair, les adjoints sont invités à ne s’exprimer qu’avec l’aval du maire, histoire d’éviter les couacs. « D’autant que nous sommes toujours dans une étape de diagnostic, d’état des lieux. La ville est pleine d’atouts mais la situation actuelle est le fruit de sept années de gestion des services communaux où l’on a été incapable de répondre aux attentes des gens. Et le nouveau maire de tirer à boulets rouges sur l’absence de maintenance des bâtiments communaux, les projets d’investissements mal ficelés, le manque de bons partenariats comme dans le cas de l’usine d’incinération ou de la station balnéaire… C’est simple, on a mis la charrue avant les bœufs, il aurait fallu s’assurer de l’intercommunalité pour obtenir la rentabilité nécessaire ». D’où les réorientations promises.

• Montrer des signes : Après le diagnostic, place aux actes. Sébastien Jumel entend apporter aux Dieppois « des signes forts de changement ; les gens doivent très rapidement se rendre compte que l’on se bouge ».

D’où des rencontres de terrain lors de réunions publiques (le 19 mai salle Lingois à Neuville à 18 heures au sujet de la place Dunant ou le 22 mai à 17 h 30 l’instance locale sur l’école, lieu à définir).

Sébastien Jumel estime qu’il est des urgences qui pouvaient être facilement réglées « comme place du Puits-salé où nous allons remettre des bancs avec dossiers comme le réclamaient les personnes âgées depuis longtemps… Aux Bruyères, le « cahier de doléances » des habitants regorge de problématiques parfois très simples et rapides à résoudre, ce que nous allons faire comme avec le bateau du square Aragon à revoir ». D’ailleurs, les aires de jeux pour les enfants vont faire l’objet d’un grand nettoyage et d’une sécurisation.

Dans le même registre, le boulodrome de Neuville va être remis à l’ordre du jour, « ce ne sont pas des investissements colossaux mais leur impact est conséquent dans la vie d’un quartier ».

• Monsieur Propre : Nettoyage et sécurisation des aires de jeux mais également de la ville toute entière, « la propreté est l’objet d’une véritable gestion urbaine de proximité qui passe aussi par une reconnaissance des agents mais sans attendre ça, il faut des signes visibles… » Le maire le dit, il sera exigeant avec les agents, défenseur des services publics mais des services publics de qualité.

• Priorités : La démocratie locale, « une démocratie locale qui se co-élabore comme avec les assises de la culture ou la mise en place d’une cellule de veille économique et sociale… ce ne sera pas des outils de communication électorale mais des outils du quotidien ».

La question portuaire figure aussi en bonne place « mais je ne communiquerai que lorsque les projets seront avérés, des signes positifs sont déjà visibles ».

• ANRU : Le dossier de l’Agence nationale de rénovation urbaine est dans les tuyaux, un protocole d’accord doit être signé avec l’Etat prochainement. « Là encore il y aura réorientation car les enjeux sont majeurs pour Neuville et le Val Druel. Les habitants ne réclament pas des démolitions mais des actes simples comme des bacs pour les ordures ménagères, davantage d’isolation dans les logements… »

• Verts : La récente volonté des Verts de créer leur propre groupe fait plutôt sourire le maire, « la richesse est dans la diversité, ils y contribuent donc. Je constate quand même que, globalement, malgré les pronostics, l’union fonctionne… » Ce qui n’empêche pas quelques éclats en interne, « il y a effectivement de franches discussions mais la franchise est essentielle ».

• Mai 2008 : Mai 68, mai 2008, quarante ans symboliques pour le maire communiste qui veut faire de Dieppe « une collectivité entrée en résistance face à la politique de casse gouvernementale ».

Laurent Rebours

Tempête dans les Voiles du Tonkin

Le projet des Voiles du Tonkin a du plomb dans l’aile. En tout cas le nouveau maire n’y va pas avec le dos de la cuillère pour dénoncer « un dossier mal calé avec une absence de vision globale, un financement aléatoire et une offre de logements inadéquate par rapport aux attentes ! » Sébastien Jumel brandit les quelque 1 800 demandes de logements non satisfaites « à destination des personnes âgées, des jeunes, des handicapés, des salariés… Quand un programme immobilier ne prend pas en compte un tel constat, on ne le garde pas ! Il y aura là encore réorientation, le programme prévoyait du haut de gamme résidentiel, ce qui n’est pas du tout l’orientation de la mandature ».

Au-delà de ce projet foncier, l’objectif de la Ville reste d’étendre le centre-ville vers un nouveau quartier « mais en développant l’interface ville-port sans dévitaliser un pôle par rapport à un autre… Mais de tout cela, rien n’avait été anticipé… Et à propos du projet de « multiplexe cinématographique », nous n’allions quand même pas dégarnir la place Nationale, et puis pour quoi faire après l’abandon des locaux, une nouvelle banque ? Encore aurait-il fallu un projet financièrement calé, on ne m’a rien présenté… »

Et le maire de mettre en avant des besoins qui sont déjà clairement identifiés comme des établissements pour les personnes âgées dépendantes qui font aujourd’hui défaut. Dans les six prochains mois la municipalité devrait dévoiler ses projets.

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