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Journal du 16 septembre 2008
À Dieppe : les associations
caritatives sont sur tous les fronts
La précarité se fait plus présente
| De nombreuses familles dieppoises font
appel aux associations caritatives pour pouvoir joindre les deux
bouts. La crise sociale que connaît actuellement le pays ne s’est
pas arrêtée aux portes de Dieppe. Les belles façades de la cité d’Ango
cachent une misère croissante. Distribution alimentaire, colis de vêtements, aide aux dossiers pour accéder à un logement et/ou un emploi… De nombreux Dieppois ont recours aux services des associations caritatives. Les personnes en difficultés affluent dans ces structures d’accueil, d’aide et d’écoute. La précarité se fait plus que jamais ressentir dans la cité d’Ango. « Notre haut de gamme est le RMiste » Mères célibataires avec enfants à charge, chômeurs en fin de droit, travailleurs pauvres sont le quotidien de ces associations. Avec ce terrible constat : « Notre haut de gamme est le RMiste. C’est dur à dire, mais c’est le cas. Sur Dieppe, nous aidons plus de neuf cents familles. Depuis le début de l’année nous avons accepté cent quarante-cinq nouveaux dossiers, et l’année n’est pas encore terminée » annonce Jean-Claude Bougréau, président du Secours populaire. Selon les associations caritatives, l’évolution de la société française est à l’origine de la précarité et de la misère croissante. « La misère est le facteur principal de la hausse de fréquentation que nous enregistrons depuis quelques années. Aujourd’hui avec le RMI, un couple ne peut pas tenir le mois, encore moins s’il y a des enfants à charge. Certains bénéficiaires travaillent mais ne gagnent pas assez pour vivre et font appel à nous pour s’en sortir » met en exergue Geneviève Polet, présidente de la Soupe des bénévoles. « J’appelle ces personnes « les Sans » : les sans-logement, les sans-travail, les sans-ressource… » renchérit le président du Secours populaire. Retraités et handicapés touchés Les bénéficiaires des minima sociaux ne sont pas les seules personnes qui fréquentent ces établissements et qui demandent de l’aide, les travailleurs pauvres ont fait leur apparition ces derniers temps. Il s’agit de personnes ayant un travail avec des faibles revenus et qui, une fois leurs factures payées, n’ont plus de quoi se nourrir et parfois même de subvenir aux besoins de leurs enfants. Dans ce cas nombre d’entre eux, patientent sur le seuil des associations caritatives pour être servis, écoutés, épaulés. Les travailleurs pauvres trouvent dans les files d’attente à leurs côtés des retraités. « Depuis quelques mois, nous avons remarqué que nous touchions de plus en plus de retraités aux faibles pensions. Public que nous ne voyions pas auparavant. Tout comme les personnes handicapées ainsi que les populations étrangères comme les Roumains. Alors que les jeunes entre 18 et 25 ans sont moins nombreux, ou alors s’adressent à nos confrères » note Jean-Claude Michel, responsable du Secours catholique de Dieppe. A chaque association sa spécificité Ces associations qui aident les personnes démunies se partagent la tâche : chacune a sa particularité, sa façon de travailler et son public. La Soupe des bénévoles est ouverte en priorité l’hiver, de mi-octobre à fin mars, et distribue des plats chauds à consommer sur place. De plus, elle donne aux personnes ayant déjeuné dans ses locaux une soupe et quelques aliments qui pourraient les aider à préparer un plat chaud le soir. Exceptionnellement cet été, pour épauler les bénéficiaires des Restos du Cœur, la Soupe des bénévoles a distribué des colis deux fois par semaine. De son côté, le Secours populaire est ouvert toute l’année et aide les personnes à la constitution de dossiers pour accéder à un logement, à un emploi, ou pour éviter une expulsion. Le Secours populaire ne fait pas de distribution alimentaire mais un dépannage alimentaire par un système de bons. Tout comme le Secours catholique qui axe aussi ses actions sur l’aide aux dossiers de façon matérielle ou financière. « Beaucoup viennent lorsqu’ils perdent pied au niveau de leur logement, de leurs factures d’EDF, d’eau, mais aussi pour remplir des dossiers administratifs… Nous sommes là pour faire le lien avec les assistantes sociales et les institutions » développe Jean-Claude Michel. Cependant, ce dernier avoue que « lorsque les personnes sont dans une grande détresse, elles n’hésitent pas à aller voir toutes les associations de solidarité pour essayer de s’en sortir ». La peur du regard des autres Le paraître, la fierté sont parfois les seules choses que les plus démunis veulent garder, des valeurs qui, pour certains, les empêchent d’aller voir les associations qui pourraient leur donner un coup de pouce pour sortir de leur galère. « Lorsqu’ils franchissent la porte, ce n’est pas sans peur, et c’est aussi souvent cette peur du regard, du jugement, peur d’avouer que la situation leur a échappé qui les freine et les bloque » analyse Frédérique Martin, à la permanence accueil et suivi des dossiers au Secours populaire. Remarque partagée par le responsable du Secours catholique qui ajoute que « pour une personne qui a toujours travaillé et qui se retrouve dans une précarité soudaine, c’est dur à avouer. Certains disent qu’ils ont l’impression de quémander, et cela les gêne. » Par ailleurs, si les démunis des villes parviennent à se fondre dans la masse de la population, les démunis des petites communes se terrent, se cachent par peur du « qu’en dira-t-on », du regard des autres. Dans ces cas-là, les associations ont du mal à leur venir en aide en se déplaçant dans les petites communes. Il faut que les personnes en difficultés fassent la démarche de venir à Dieppe. Pour faire face à tant de demandes, les associations caritatives n’ont de cesse de lancer des appels à de bonnes âmes pour les aider (lire ci-dessous) afin de servir au mieux les bénéficiaires nombreux. Bénédicte Roux Où s’adresser ? - Secours catholique : 02 35 82 98 59, 1-3 rue Joseph-Flouest, les lundis et mercredis de 14 heures à 17 heures. - Secours populaire : 02 35 06 24 11, Maison des associations, rue Notre-Dame, les mardis de 9 heures à 11 heures, les mercredis, vendredis de 14 heures à 16 heures. - Restaurants du Cœur : 02 35 84 37 48, quai de Norvège. - Soupe des bénévoles : 02 35 82 09 09, 29 bis rue de Stalingrad, ouvert de mi-octobre à fin mars du lundi au vendredi de 10 heures à 17 heures, le samedi et dimanche de 11 heures à 16 heures. Quelques chiffres Soupe des bénévoles, saison 2007-2008 : - 10 233 repas servis contre 10 515 l’an passé, soit plus de 167 000 repas depuis la création en 1994. - 5 193 repas pris sur place, dont 2 946 consommés par des hommes. - 5 039 repas emportés dont 1 915 à destination d’enfants. Secours populaire, données arrêtées au 1er septembre : - plus de 900 familles dieppoises aidées par le Secours populaire. - 145 nouvelles inscriptions depuis le début de l’année - 321 entretiens personnalisés depuis le début de l’année. - plus de 1 000 dépannages alimentaires. Secours catholique, données arrêtées au 1er septembre : - près de 460 familles ou individuels aidés. - près de 1 500 passages par an dans le local. Recherche bénévoles désespérément La soupe des bénévoles recherche des bénévoles si vous êtes intéressés contactez Geneviève Polet au 02 35 82 09 09 (le matin) Le secours populaire est aussi en recherche de bonnes âmes, joindre le 02 35 06 24 11 pour proposer son aide. Le Secours catholique est au même banc que ses collègues, contacter le 02 35 82 98 59. |