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Journal du 25 avril 2008

Jean-Baptiste Macquet représentera Dieppe
aux Jeux Olympiques de Pékin
La médaille d’or comme unique objectif

Quatre ans après avoir été finaliste à Athènes, Jean-Baptiste Macquet portera encore les couleurs de l’équipe de France lors des prochains J.O. de Pékin. Le fait est historique car c’est la première fois qu’un Dieppois participe à deux Olympiades consécutives. Jean-Baptiste Macquet a tenu à annoncer la bonne nouvelle avec Bénédicte Ouvry et les membres du CN Dieppe tout en précisant que cette fois, il visait la médaille d’or.

Le moment aurait pu être solennel mais, fidèle à l’image qu’il souhaite véhiculer, c’est en toute simplicité que Jean-Baptiste Macquet, l’enfant du Val-Druel (voir ci-dessous), est venu annoncer la (très) bonne nouvelle. Avant de laisser Bénédicte Ouvry, la présidente du CN Dieppe, évoquer sa grande joie, le rameur, accompagné de quelques élus et partenaires, est allé voir le nouveau ponton, tout récemment posé. « Il est vraiment génial et donne envie de prendre un bateau et d’aller ramer. C’est un bel outil et il ne reste plus qu’à installer le club ou un local pour les bateaux à côté et ce serait parfait. Cela permettrait d’éviter de traverser la rue dans des conditions parfois dangereuses ». Se félicitant du financement du ponton par le syndicat mixte, Sandrine Hurel a écouté avec intérêt cette demande, avouant que le projet était réel et que les élus y réfléchissaient sérieusement.

Tout petit club et grand champion, une nouvelle fois, Bénédicte Ouvry, présidente du CN Dieppe, a réaffirmé sa fierté devant la progression, le palmarès et la carrière de Jean-Baptiste Macquet. Face à Bernard Brébion, maire délégué de Neuville qui a connu le rameur lorsqu’il encadrait les centres aérés avec son cousin Olivier Cauchois, actuel entraîneur du club local d’aviron, Bénédicte Ouvry a indiqué le soutien inconditionnel pour son protégé : « Lors de chacun de ses passages à Dieppe, Jean-Baptiste vient toujours au club et aime venir ramer avec les jeunes. Aussi, nous voulions marquer le coup car tous les membres du club vont être derrière Jean-Baptiste à Pékin. C’est le premier Dieppois présent à deux Olympiades et cette image est plus que positive pour tous ».

Intelligence et puissance

Ces dernières semaines, le programme de Jean-Baptiste Macquet a déjà été très chargé et il ne va pas baisser en intensité dans l’avenir. Les championnats de France ont constitué un cap important de la saison : « Les compteurs étaient remis à zéro et il fallait à tout prix être performant ce jour-là pour décrocher sa sélection. Même si j’ai été un peu frustré de ma performance, ma quatrième place m’a permis d’être retenu en équipe de France tout comme Adrien Hardy, cinquième. Juste après, nous avons enchaîné en remportant une régate en yole de mer à huit en Italie, à Naples. Une première médaille d’or, ça fait plaisir ».

Au moment d’évoquer les prochains J.O. de Pékin, le rameur dieppois a aussi en tête les événements autour du parcours de la flamme, mais il ne souhaite pas se disperser : « Je m’intéresse à tout ce qui se passe, mais les Jeux Olympiques doivent rester la fête du sport universelle. La politique est une chose et je ne pense pas qu’il faut la mélanger avec le sport. Nous devons rester concentrés pour obtenir les résultats espérés ».

De même, Jean-Baptiste Macquet ne veut pas trop entendre parler de chance. Pour lui, en aviron, il n’y a pas de place pour le hasard : « Je préfère que l’on me dise plutôt bon courage que bonne chance car, dans notre discipline, il faut d’abord faire parler l’intelligence, les qualités techniques et la puissance. Avec Adrien, nous avons atteint une complicité que je pense maximale avec des rôles bien définis et comme il a déjà obtenu l’or aux Jeux olympiques, nous ne pouvons que viser la plus belle des médailles ensemble. Ensuite, j’aimerais bien prendre part à une troisième Olympiade ; je ne serai pas trop vieux et comme ce sera à Londres, ce pourrait être devant de nombreux supporters français et dieppois. C’est agréable de se sentir soutenu et je tiens à remercier la Ville de Dieppe, les conseils général et régional ainsi que l’Agglomération qui m’ont payé un bateau et une paire de pelles. La compagnie Véolia eau, dirigée par Gilles Tourolle, m’apporte aussi son aide et je vais tout faire pour ne décevoir personne ».

Dans les prochaines semaines, si l’envol pour Pékin est prévu le 1er août. Jean-Baptiste Macquet espère revenir à Dieppe fin juin pour décompresser une dernière fois en famille. Entre temps, semaines de stage et trois régates de coupe du monde (à Munich, Poznam et Lucerne) constituent son programme. A chaque fois, il portera avec fierté les couleurs de Dieppe et du CN Dieppe, un club toujours cher à son cœur.

Ph. B.

L’itinéraire d’un enfant du Val-Druel
vu par ses parents :
« Il possède une volonté incroyable »

Le gamin du Val-Druel qui a fréquenté les écoles Marie-Laurencin et Sonia-Delaunay est devenu un champion reconnu qui va participer à ses deuxièmes Jeux Olympiques l’été prochain à Pékin. Ses parents, Ginette et Jean-Pierre Macquet, dressent le portrait du fiston, de ses premiers gazouillis dans la maison de la rue de l’Escarpe à aujourd’hui…

C’est un petit pavillon situé au 23, rue de l’Escarpe. La famille Macquet réside ici. Même si Jean-Baptiste Macquet a quitté Dieppe pour Nancy depuis sept ans, il y a conservé son cocon douillet. Pour la plus grande joie de ses parents qui sont toujours heureux de le voir venir se ressourcer au sein d’une famille unie qui vous accueille dans un hall d’entrée où des étagères sont remplies de trophées du champion.

Dernier enfant d’une famille qui en compte quatre, « Jibé » Macquet a rapidement montré son amour pour l’eau : « Tout petit, il aimait déjà l’eau, se souvient sa mère. Je le baignais dans cet évier (voir page 29), là où je fais encore ma vaisselle aujourd’hui. Il a toujours eu besoin de patauger, dans l’évier comme dans une bassine que nous installions au soleil, devant la porte de la maison ».

Et Ginette Macquet de poursuivre : « Nous avons également constaté rapidement qu’il était doté d’un sacré caractère ». « Jibé » a toujours su ce qu’il voulait et ne voulait pas. « C’était notamment le cas à l’école, note son père Jean-Pierre. Il dépassait tous ses autres camarades de classe d’une tête… ».

A proximité des multiples photos et posters qui ornent les murs du séjour, le papa a lui aussi les yeux qui s’illuminent lorsqu’il évoque le parcours de ses enfants : « J’avais inscrit « Jibé » à l’aviron au Club Nautique de Dieppe mais il n’a pas voulu y aller. C’est son frère Jean-Jacques qui est allé ramer à sa place. Deux ans plus tard, « Jibé » a souhaité le rejoindre. Un déclic s’était produit ».

« Laisse-moi faire de l’aviron,
tu ne seras pas déçu »

Sur le coup, Jean-Pierre Macquet fait comprendre à son jeune fiston qu’il n’est pas question de l’inscrire à l’aviron si c’est pour lui faire faux-bond comme la première fois. « Il m’a finalement convaincu, reprend le papa. Je me souviens de cette phrase qu’il a prononcé : « Laisse-moi faire de l’aviron, tu ne seras pas déçu ». Il avait raison ».

Les parents Macquet se rejoignent pour noter que « Jean-Baptiste réussit ce parcours grâce à son caractère. Il possède une volonté incroyable qui lui a permis de quitter la maison pour le Pôle de Nancy à moins de 18 ans. Là-bas, il se sentait un peu emprisonné en internat. Nous avons fait les efforts pour qu’il ait un appartement et ses résultats ont tout de suite été à la hauteur ».

Liberté et autonomie, deux maîtres mots pour Jean-Baptiste Macquet. Avec un père magasinier chez Toshiba et une mère qui faisait les quarts en tant qu’ouvrière de confection, le gamin dut se prendre en main. « Il a démarré à la dure, relève Ginette. Le midi, la nourriture était préparée à la maison mais les enfants devaient se débrouiller tout seuls. Nous avons toujours fait confiance à « Jibé » comme à nos autres enfants (Jean-Luc né d’un premier mariage de Jean-Pierre, Séverine et Jean-Jacques) ».

Après Athènes, « Jibé » sera à Pékin l’été prochain. Sans sa famille. « C’est trop cher, relève Jean-Pierre. Nous suivrons ça à la télé si c’est diffusé car les médias ne sont pas très généreux avec l’aviron qui est pourtant l’un des sports les plus difficiles ». Secrètement, toute la famille Macquet regarde déjà vers 2012 et l’autre côté de la Manche : « Les JO auront lieu à Londres. Nous espérons que « Jibé » sera de la fête et, cette fois, nous effectuerons le déplacement ».

Christophe Quesne

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