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Journal du 19 août 2008

Adrien Hardy et Jean-Baptiste Macquet,
cinquièmes de la finale des JO à Pékin
L’émotion sans la médaille

En finale du deux de couple d’aviron samedi sur les Jeux Olympiques de Pékin, le bateau français était attendu à son avantage. Si tous les observateurs pensaient que le duo Adrien Hardy-Jean-Baptiste Macquet allait repartir a minima avec une médaille, la déception fut au rendez-vous avec une cinquième place sur la ligne d’arrivée. Rendez-vous donc à Londres…

Ils espéraient l’or ou au moins l’argent ou le bronze. Ils sont repartis les mains vides ! Adrien Hardy et le Dieppois Jean-Baptiste Macquet ont d’autant plus focalisé tous les regards médiatiques samedi (11 heures en France) qu’ils étaient considérés comme les grands favoris de la finale du deux de couple d’aviron après avoir réalisé le meilleur chrono en demi-finale.

Avant la finale, Adrien Hardy avait prévenu : « Nous devrons partir vite pour figurer tout de suite aux avants postes. Il faudra ensuite accélérer aux 1 200 mètres ». Mais voilà, les deux rameurs français n’ont pas pu mettre leur tactique à exécution. Ils sont tombés sur plus forts qu’eux dans des conditions météorologiques (vent de face) qui ne les avantageaient guère.

Dès les premiers coups de pelles, ce sont les Australiens Brennan et Crawshay qui donnent l’allure et prennent les commandes de la course. Il n’y a pas encore trop de casse au passage au premier 500 mètres mais l’affaire est tout de même mal engagée pour notre Dieppois Jean-Baptiste Macquet.

La suite de la course va confirmer les premières impressions : Le bateau tricolore n’est pas dans l’allure et il se laisse peu à peu distancer par les paires australienne, estonienne et britannique. L’écart s’accroît encore à mi-course (1000 mètres) et aux trois quarts de l’épreuve (1500 mètres).

Il faudrait maintenant un petit miracle pour voir Adrien Hardy et Jean-Baptiste Macquet monter sur le podium olympique. Mais les 500 derniers mètres n’y changent rien : Les deux Français lâchent prise et se laissent distancer par les Australiens qui sont sacrés champions olympiques devant les Estoniens (Jaanson-Endrekson) et les Britanniques (Rowbotham-Wells).

A l’arrivée, notre confrère de l’Equipe confie « l’énorme déception qui se lit sur les visages des deux rameurs français qui ont mis du temps à sécher leurs larmes ». Tandis que Jean-Baptiste Macquet préfère observer un profond mutisme et ne faire aucun commentaire à chaud, Adrien Hardy dit « ne pas comprendre ce qui s’est passé. C’est une grosse déception que je n’arrive pas à expliquer. « JB » (Jean-Baptiste Macquet) m’a dit que j’étais bien et j’ai senti qu’il était aussi fort que d’habitude ».

« Il va falloir digérer… »

Et le champion olympique d’Athènes (2004) de lâcher : « Quand nos adversaires ont fichu le camp, nous, comme des couillons, nous les avons laissés partir sans pouvoir réagir. Nous n’étions pas venus pour ça (N.D.L.R. : La 5e place). Il va falloir digérer cette contre-performance qui n’est pas due selon moi aux conditions météo puisque le bateau australien est plus léger que le nôtre ».

De son côté, Jean-Baptiste Macquet était déçu lui aussi. Sixième à Athènes dans le huit, il espérait autre chose qu’une cinquième place à Pékin. Si Jean-Baptiste Macquet (25 ans) sera certainement de la fête pour une troisième olympiade à Londres, il n’est pas dit qu’Adrien Hardy (la trentaine) va prolonger pour quatre années supplémentaires.

Quoi qu’il en soit, « JB » est un gars en or il ira chercher cette fameuse médaille en 2012, de l’autre côté de la Manche.

En direct du Club Nautique Dieppois
La fête a tourné court

Les locaux désuets du Club Nautique Dieppois (CND) avaient repris un peu de couleurs à l’occasion de cette finale olympique du deux de couple. Des ballons bleu blanc rouge et une affiche énorme du champion dieppois Jean-Baptiste Macquet accueillaient les supporters parmi lesquels figuraient Edouard Leveau, ancien maire de Dieppe et son épouse, Daniel Lefèvre, maire de Grèges, et Blandine Lefebvre, maire de Saint-Nicolas.

Equipés de trompettes et tambours, les enfants s’étaient grimés le visage pour mieux se mettre dans cette ambiance festive. Au premier rang, placé sous un drapeau tricolore, Jean-Pierre Macquet, le père de Jean-Baptiste, serre les poings avant la finale. La maman, Ginette, a pris place au fond du petit hangar, juste derrière Annick Leveau.

La tension se lit sur tous les visages lorsqu’Adrien Hardy et Jean-Baptiste Macquet font leur apparition sur l’écran du petit téléviseur spécialement installé pour l’occasion et branché sur une modeste antenne intérieure. L’image saute parfois mais ce n’est pas grave, ils sont tous là, prêts à s’enflammer pour leur « JB ». La présidente du CND Bénédicte Ouvry et son mari Benoît ont même écourté leurs vacances dans le Sud d’une semaine pour cet événement exceptionnel.

Pourtant, après 500 mètres de course, on comprend rapidement que ça va être difficile. Les encouragements deviennent timides à la mi-course avant que trompettes et tambours se taisent définitivement. « Les meilleurs ont gagné, lâche très digne Jean-Pierre Macquet la larme à l’œil. Je suis malheureux pour Adrien et « JB ». Je ne sais pas ce qui s’est passé aujourd’hui (N.D.L.R. samedi) mais je n’ai pas vu les mêmes rameurs qu’en demi-finale. C’est la dure loi du sport et il faut l’accepter ».

« Il était confiant… »

Comme tous les observateurs de la discipline, papa Macquet voyait bien son fils avec la médaille d’or autour du cou : « C’est ce que tout le monde pensait après la demi-finale. J’ai eu « JB » au téléphone hier (N.D.L.R. vendredi). Il était confiant et il avait de bonnes sensations. Non, je ne comprends pas mais nous sommes fiers de lui ».

A quelques pas, Benoît Ouvry note que « les conditions météorologiques avec le vent de face favorisaient les bateaux lourds. Cela peut expliquer les surprises de cette demi-finale. Ca aurait été plus facile avec un bateau un peu plus lourd ». Une thèse confortée par son épouse Bénédicte Ouvry : « Lorsque le vent est défavorable, le bateau est plus stable dans l’eau lorsqu’il y a des rameurs lourds à bord. C’est une déception parce que la médaille semblait incontournable pour « JB ». Ce sera pour Londres où nous serons présents en force ». En attendant, la fête a tourné court samedi même si on a trinqué à la santé du rameur du Val Druel.

Christophe Quesne

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