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Journal du 18 avril 2008

La DDASS de Seine-Maritime fait le point sur la vaccination
Méningite : des enfants de primaire manquent
à l’appel de la vaccination

S’appuyant sur un récent avis du Haut Conseil de la Santé publique, la DDASS de Seine-Maritime vient de décider de passer de quatre à trois injections compte tenu de l’efficacité de la vaccination à partir de la troisième. Une mesure qui va permettre de vacciner davantage d’enfants, d’autant que beaucoup d’enfants de primaire n’ont pas été inscrits.

La Direction départementale des affaires sanitaires et sociales de Seine-Maritime a souhaité faire le point sur la campagne de vaccination contre les infections invasives à méningocoque dans le département et tout spécialement sur la région de Dieppe entamée depuis le 12 juin 2006.

La vaccination a repris le 10 décembre 2007 sur les cantons d’Envermeu, Longueville et Bacqueville pour les enfants âgés de 1 à 5 ans. Les enfants des cantons de Dieppe-Est, Dieppe-Ouest et d’Offranville qui ont débuté leur vaccination en 2006 bénéficieront d’une quatrième dose en mai 2008. « Il nous est apparu important de faire à nouveau passer le message auprès des parents des élèves en école primaire dont bon nombre n’ont pas encore inscrit leur enfant aux séances de vaccination » évoque le directeur de la DDASS, Jean-Luc Brière, qui rappelle qu’un numéro de téléphone a été dédié à cette fonction (voir par ailleurs).

La première injection des enfants des écoles primaires est en effet prévue du 21 avril au 16 mai et la deuxième en juin dans quatre centres spécifiques selon les cantons (les six cantons concernés autour de Dieppe). A ce jour, sur 4 000 enfants potentiels, 2 800 sont déjà inscrits.

Les élèves des lycées ont été vaccinés dans leur établissement au cours du premier trimestre 2008 (4 200 élèves), les collégiens ont reçu dans leur établissement leur première injection en mars 2008 et la deuxième est prévue du 21 avril au 10 mai (4 000 élèves) et les jeunes en apprentissage ou dans des établissements spécialisés qui ont déjà reçu la première en mars 2008 recevront la deuxième en mai (700 élèves).

Etude de portage : 3 500 testés

Après les vacances d’été, la troisième injection des lycéens, collégiens, apprentis et des enfants scolarisés en primaire sera programmée. Il ne faut pas oublier non plus la vaccination des jeunes âgés de 15 à 19 ans domiciliés dans les six cantons et scolarisés en dehors de cette zone, elle débutera durant les vacances scolaires du quatrième trimestre.

Quant à l’étude de portage débutée il y a quelques mois et qui devait toucher au moins 5 000 volontaires sur un potentiel d’environ 27 000 personnes, elle vient d’être terminée.

Elle se solde par 3 520 personnes testées par écouvillonnage et questionnaires ; « tous les cas qui se sont avérés positifs ont été revus » affirme le docteur Jean-Philippe Leroy, médecin au CHU Charles-Nicolle.

Un chiffre en deçà de ce qui était attendu mais pas de défaitisme pour autant chez les représentants de la DDASS qui estiment que « l’échantillon ainsi formé est suffisant pour déterminer exactement la souche et tirer des conclusions ».

Par ailleurs, une étude de protection vaccinale a été demandée afin de vérifier la stabilité de la protection après le vaccin et surtout permettre d’en évaluer l’évolution dans le temps.

A ce jour, par rapport aux autres années, on recense 27 cas dans le département (8 en 2007 mais quasiment autant en 2006). Sur 52 semaines, l’Institut national de veille sanitaire recense une moyenne de 1,4 cas pour 100 000 habitants à l’échelon national. Un chiffre qui grimpe à 3,6 pour le département et qui débouche à… 14,2 pour le secteur dieppois. Mais l’on ne parle toujours pas d’épidémie. Une question de critères à remplir.

Parmi les derniers cas recensés de souche B, un enfant avait fait l’objet d’une vaccination (trois doses). Il est vraisemblable que la vaccination lui a permis de lutter plus efficacement même si elle n’a pas empêché de contracter le virus.

Laurent Rebours

Une injection de moins

La DDASS vient de s’appuyer sur les conclusions du Haut Conseil de santé publique qui, dans un rapport du 19 mars dernier, a pu relever que le schéma actuel de vaccination entamé depuis le 12 juin 2006 débouchait sur l’efficacité du vaccin à partir de la troisième dose (environ 88 %). Ce schéma est en fait celui originellement réalisé en Norvège mais, par mesure de précaution, une quatrième injection avait été prônée.

Pour les lycées et les collèges, un schéma en deux injections de vaccin MenBvac© (spécifique à la souche B : 14 : P1.7,16) espacées de six semaines – en respectant un intervalle minimal de quatre semaines entre deux doses – suivies d’un rappel six mois après a été retenu. Cette adaptation du schéma permet de vacciner un plus grand nombre d’enfants dans un délai plus court et a permis de programmer les deux premières injections des enfants du primaire avant l’été.

Un numéro spécifique d’information a été mis en place pour répondre aux questions des familles sur les infections invasives à méningocoque, sur la prévention par la vaccination et l’organisation de la campagne en cours : le 0810 000 833 du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures sans interruption (numéro Azur).

Méningite et politique…

La présidente de l’association Régis Méningite 76 ne décolère pas depuis les récentes déclarations de différents élus (voir notre précédente édition) revendiquant la paternité de l’entretien accordé par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

« Je suis scandalisée que l’on confonde méningite et politique, nous sommes pourtant sortis des élections ! Il y a quand même des enfants en danger derrière tout ça… En septembre dernier j’avais déjà sollicité Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy qui m’ont tous deux répondu et me demandent de les tenir au courant. J’avais même eu la promesse de l’achat de 350 000 lots pour les enfants du département de 1 à 19 ans » lâche Micheline Hornüng qui avoue ne pas comprendre les motivations des élus.

Et, cerise sur le gâteau, Micheline Hornüng a été contactée par huit familles d’enfants scolarisés à l’école de Penly où un cas a été détecté la semaine dernière chez une fillette. « Les parents des autres enfants ont été avisés samedi dans la soirée et invités à se rendre à la Maison médicale pour que leur enfant soit examiné et reçoive un traitement ».

Une fois sur place, « on a fait asseoir leur enfant, un rapide examen de la nuque, de la langue et… 44 e, voire 88 e pour une maman de jumeaux ! Les parents disent n’avoir reçu aucune information, la DDASS n’était pas présente. Je ne comprends vraiment pas qu’on envoie ainsi les parents alors que les vies des enfants sont concernées et qu’on les fasse payer. Pourquoi n’y a-t-il pas un médecin d’astreinte payé par l’Etat ? »

Quoique regroupant des médecins libéraux, la Maison médicale intéresse au plus haut point le directeur de l’hôpital qui n’est pas surpris d’une telle émotion chez les parents. « Il faut toutefois savoir que la prophylaxie est traditionnellement confiée au médecin de la DDASS qui a alors invité les parents à se rendre chez un médecin. Mais cela peut être à la Maison médicale ou chez le médecin de famille, aux urgences… Simplement nous étions en vacances et un samedi. Le souci vient surtout du fait qu’il n’y a pas encore de tiers payant à la Maison médicale pour une question purement technique semble-t-il. Alors évidemment, les parents doivent payer, ce qui est mal perçu ».

Et concernant la fillette de Penly « elle vient de sortir de chez nous, c’est quand même ça l’essentiel ! »

L. R.

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