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Journal du 25 mars 2008
Du samedi 6 au dimanche 14
septembre à Dieppe
Festival des cerfs-volants :
Dieppe attend les maestros de l’art

| Le Festival international des
cerfs-volants, quinzième du nom, prendra place sur le front de mer à
Dieppe début septembre. Chaque édition apporte son lot de nouveautés
d’exception et celle-ci ne va pas faillir à la règle en prenant
comme thème la musique : « Sur un air de cerf-volant ». Au fil de ses éditions, le Festival international des cerfs-volants a su se placer sur la plus haute marche du podium et Dieppe, aujourd’hui, est considérée à juste titre comme la capitale mondiale de la discipline. Sur tous les continents, les passionnés, amateurs et professionnels, attendent l’événement biennal avec la plus grande impatience et, pour chaque rendez-vous, ce sont des dizaines de milliers de spectateurs qui font le déplacement. « Cinq cent mille visiteurs sont attendus, avance la « chef d’orchestre » de cette manifestation depuis ses débuts, Sandrine Frébourg, coordonnatrice générale de l’association. Le Festival existe depuis 1980 et ce qui était au début une rencontre de passionnés, entre amis, car le site se prêtait à merveille à la discipline, est aujourd’hui une manifestation énorme ». Les pionniers de ce festival dont Max Gaillard - « qui a initié ces rencontres jusqu’à ce que cela débouche sur un vrai festival en 1994 » -, n’imaginaient certainement pas qu’un jour le rassemblement de copains allait attirer un demi-million d’adeptes du monde entier. Cerfs-volants siffleurs et arcs sonores Pour cette édition, Sandrine Frébourg a planché sur une nouvelle thématique : « C’est le thème de la musique qui a été retenu, « Sur un air de cerf-volant », de la musique et du son. Nous travaillons avec une quarantaine de pays, de très nombreuses délégations et il nous faut au moins six mois pour arrêter la thématique ». Les cerfs-volants sonores font partie des traditions ancestrales dans certains pays comme la Chine où l’on trouve des cerfs-volants siffleurs ou encore au Cambodge avec les arcs sonores. Au-delà de l’aspect ludique, ces cerfs-volants revêtent une dimension pratique à l’époque des moissons où ils jouent le rôle d’épouvantails et, pour les paysans, en fonction de la tonalité du son, cela permet de savoir d’où vient le vent. Nous sommes bien loin du jouet sportif de nos contrées. Depuis plusieurs mois déjà, les créateurs travaillent d’arrache-pied pour concocter spécifiquement des pièces uniques pour le festival dieppois. L’organisation est à la mesure de l’événement et il est d’ailleurs impressionnant de constater que seulement trois personnes sont aux commandes durant l’année et demie de préparation. Sandrine Frébourg est assistée d’Elise Guillemette qui a en charge la préparation de la venue des délégations officielles (environ deux cent cinquante personnes) et d’Emmanuelle Devaux qui s’occupe de l’accueil des cerfs-volistes venus de leur propre initiative (au bas mot mille cinq cents personnes). Mais même si elles ne sont que trois aux manettes de cette très grosse machinerie, rien n’est laissé au hasard : stands, délégations, hébergement, manifestations, compétitions, boutiques, expositions, partenaires institutionnels… Il ne faut oublier personne et le tour de force est de réussir à jongler entre d’innombrables nationalités et de répondre à leurs attentes. Car, en retour, les cerfs-volistes du monde entier sont très fidèles à l’événement dieppois : « Nous avons une réputation mondiale de premier niveau et nous présentons toutes les disciplines qui peuvent exister dans ce domaine : traditionnel, artistique, créations, expérimentaux, sportifs, acrobatiques, de traction, kite, mountain board, indoor… » sans oublier, autour des évolutions, les « Jardins du vent », des structures éoliennes avec des instruments comme les harpes ou orgues éoliens, une exposition historique. Coupe du monde Les très spectaculaires cerfs-volants de combat ne sont pas en reste avec notamment les « rokkaku » japonais qui offrent un spectacle aussi bien aérien que terrestre, les cerfs-volants indiens où l’on s’affronte entre quartiers et dont la ficelle, trempée dans un mélange de glu et de verre pilé, en devient tranchante. L’objectif est alors de couper les ficelles de son adversaire. Dieppe abrite ainsi, tous les deux ans, la Coupe du monde des cerfs-volants de combat. La nouveauté cette année sera que les éliminatoires se feront sur une commune de l’agglomération dieppoise. Si le temps le permet, de spectaculaires évolutions nocturnes sont même prévues. En parallèle de la manifestation, les organisatrices travaillent en amont avec les écoles et l’inspection académique de manière à accueillir quelque cinq mille enfants durant la semaine du festival. L’effort est également mis en direction du public handicapé par le biais de l’APEI. Quelques semaines avant le jour J, une équipe d’une trentaine de bénévoles, toujours fidèles, vient renforcer la structure. « Ce sont des cerfs-volistes ou bien tout simplement des passionnés qui prennent, pour l’occasion, des jours de congés », salue Sandrine Frébourg qui rappelle au passage que des ateliers de construction de cerfs-volants sont toujours prévus au sein du village du festival. « Notre idée est en permanence que les Dieppois s’approprient vraiment cet événement, c’est une manifestation populaire avec toute sa richesse, entièrement pour le plaisir des petits et des grands ». Avec un budget global de 400 000 euros (provenant de subventions de la Ville, du Département, de la Région, de l’Agglo, de la Délégation régionale du tourisme ou encore de la chambre de commerce et d’industrie de Dieppe et de commerçants), le Festival international des cerfs-volants réussit tous les deux ans un véritable tour de force en faisant venir près d’un demi-million de visiteurs. «C’est simple, la capacité hôtelière est saturée à soixante kilomètres à la ronde durant neuf jours ». Une étude de l’association a montré que les visiteurs dépensaient en moyenne de 300 à 500 euros durant leur séjour « mais pour beaucoup c’est plutôt de l’ordre de 800 à 1 000 euros ». Autant dire que sa portée économique n’est plus à démontrer… Que dire aussi des retombées médiatiques énormes pour la cité aux quatre ports ? Et la recette du succès est aussi à chercher du côté de la qualité de l’accueil, « Dieppe est le seul festival au monde où les cerfs-volistes professionnels ne font pas payer leur prestation », la plus belle des récompenses. Car, même si la machinerie est considérable, le festival a su garder son âme, un véritable esprit village et communauté conservé d’édition en édition. Laurent Rebours |