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Journal du 11 avril 2008
Il a déjà obtenu 250 signatures
en deux jours
Christophe Maquennehan
veut sauver le minikarting
| La municipalité a décidé de mettre fin au
bail de Christophe Maquennehan qui exploite le minikarting du square
Pinsdez à Dieppe. L’activité payante ne serait pas compatible avec
les parcs publics et contribuerait à renforcer les inégalités
sociales. Le gérant, sommé il y a une semaine de quitter les lieux,
est dans l’impasse. Sa pétition a déjà récolté 250 signatures en
deux jours. Cela aurait fait bientôt sept ans que Christophe Maquennehan obtenait chaque année de la municipalité dieppoise un bail pour proposer l’activité minikarting dans le square Pinsdez (le jardin d’enfants sur le front de mer). Mais le 2 avril dernier, c’est le coup de massue. Le gérant reçoit une lettre de la municipalité le rappelant à l’ordre : « Vous continuez d’exploiter l’activité de minikarting dans le square Pinsdez alors que l’autorisation municipale dont vous bénéficiez est arrivée à échéance le 31 décembre dernier. Je vous demande donc de bien vouloir stopper instamment cette activité commerciale sur le domaine public communal et de libérer totalement le terrain et les locaux qui étaient à votre disposition sous huit jours à compter de la notification. Je vous remercie pour votre collaboration ». A l’arrivée de l’été, la nouvelle est désastreuse et inattendue : « Tous les ans, je reçois l’autorisation et aussitôt je fais une demande comme tous les autres commerçants de la plage, je pense. Parfois, il m’est arrivé de recevoir les documents en août alors je ne m’inquiète jamais » explique Christophe Maquennehan. Aussitôt, il contacte Vérane Legrand, notamment en charge du tourisme, qui n’aurait pas souhaité le rencontrer dans un premier temps. Samedi dernier, le gérant du minikarting décide de faire le forcing et d’ouvrir : « J’ai lancé une pétition et ai commencé à récolter de nombreuses signatures » atteste l’homme montrant quelques-uns des messages accompagnant les signatures : « Les enfants s’amusent », « Gardez ce manège, pitié ! » « Les voitures sont un plus pour le jardin », « Les enfants adorent le manège et moi, je le vois à travers les yeux de mon fils », l’émotion est bien présente. La police municipale a été envoyée sur les lieux, suivie par la police nationale, mais Christophe Maquennehan a refusé de partir. Il est aussi sentimentalement attaché à son activité. Il y a quarante ans, son père proposait également l’activité payante sur Dieppe. Vers un square « gratuit » pour tous Mercredi matin, il est finalement reçu en mairie par Vérane Legrand et Frédéric Eloy, en charge de la culture, de l’animation et de la jeunesse : « Dès le départ, on m’a fait comprendre avant même de prendre place que l’affaire était entendue », explique Christophe Maquennehan qui poursuit : « On m’a dit que les parcs étaient publics et que les « pauvres » ne devaient pas regarder les riches s’amuser. Pourtant, je peux vous dire que ma clientèle est loin d’être aisée et que les « riches » ont certainement d’autres occupations ! (NDLR : ces propos Vérane Legrand assure qu’ils n’ont jamais été tenus). Par ailleurs, je ne suis pas non plus là pour faire fortune. C’est mon gagne-pain, certes, mais il m’arrive souvent d’offrir des jetons quand je vois certaines familles dans le besoin et je donne même des jetons à certaines associations. Il est sûr qu’en nivelant vers le bas, il n’y aura plus d’inégalités mais va-t-on proposer aux enfants une activité qui leur plaira autant qu’ils apprécient le mini karting ? » s’interroge le gérant. Christophe Maquennehan s’est vu accorder un délai jusqu’hier pour quitter les lieux mais il ne « partira que par la force ». Désormais suivi d’un avocat, il attend dorénavant la décision du juge administratif qui seul pourra le saisir de ses biens. Si Christophe Maquennehan doit finalement abandonner son activité, il n’aura plus de ressources : « Je vais me retrouver sans rien. Au pire, j’aurais préféré qu’il me laisse au moins faire ma saison afin de pouvoir me retourner et trouver un emploi. Par ailleurs, j’ai une fille de 21 ans à qui j’ai promis de me porter caution pour la location de son appartement sur Paris et je n’ai même pas osé lui avouer ma situation ». Si l’activité venait à fermer, plus de 350 jetons resteraient dans la nature, des jetons que les clients ont achetés à l'avance pour leurs bambins. J. V. La réponse de la
municipalité Contactée par les Informations dieppoises, Vérane Legrand, notamment en charge du tourisme, a accepté de réagir. Elle confirme l’arrêt du bail de M. Maquennehan en vue d’implanter une activité non commerciale type petites voitures à pédales et patinettes : « Le but d’un square public est d’offrir aux enfants la possibilité de jouer à des choses qu’ils n’ont pas forcément chez eux. Le but de notre municipalité était de rendre toutes les activités gratuites », explique Vérane Legrand. Quant au délai, certes court, c’était à l’ancienne municipalité d’avertir le gérant du minikarting : « Il peut se retourner sur l’ancienne municipalité. Nous sommes arrivés en mars et nous sommes dorénavant dans nos lieux. Il occupe actuellement illégalement les lieux et nous appliquons simplement la loi de manière stricte » affirme Vérane Legrand. Par ailleurs, la municipalité ne pouvait lui accorder un délai supplémentaire, son dossier étant une priorité : « Ça faisait partie des dossiers en haut de la pile » confirme l’adjointe qui souligne que Christophe Maquennehan s’est vu proposer un suivi social afin de pouvoir bénéficier du RMI. En attendant, il devra verser les 135 ¤ d’amende que la police municipale lui a dressée pour exercice d’une activité professionnelle commerciale sur un lieu public sans autorisation municipale… |