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Journal du mardi 29 avril
Une délégation de Dieppois se
rend chez Roselyne Bachelot
au ministère de la Santé
Méningite : la ministre se dit prête
à faire accélérer le dossier dieppois
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Le dossier dieppois et seinomarin de la méningite va-t-il prendre une autre dimension avec l’appui de la ministre de la Santé ? C’est en tout cas ce qu’espèrent ardemment élus et familles qui se sont rendus vendredi en délégation à Paris. Roselyne Bachelot s’est dite émue par la situation que vivent ces familles. Au 14 de l’avenue Duquesne dans le 7e arrondissement de Paris. 14 heures précises. La délégation emmenée par Micheline Hornüng, présidente de l’association Audrey Méningite Régis 76, et la députée Sandrine Hurel est au pied des marches du ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. A leurs côtés, Hugues Falaize, premier adjoint au maire de Dieppe et des parents, le visage grave. Tous ont été brutalement voire cruellement confrontés à la terrible maladie. Il y a Séverine Carpentier, maman de Marine, de Torcy-le-Grand. Catherine Belletre, maman de Céline, de Berneval. Lyonel Lefebvre, papa de six enfants et récent adhérent de l’association, de Dieppe. Et puis Valérie et François Foulon, les parents de la petite Esther, une petite fille de trois mois et demi, de Bois-Hérout sur le canton de Buchy, foudroyée le 22 février dernier par une méningite de type B, mais pas la souche dieppoise. Ces derniers ont su surmonter leur indicible douleur, si présente, pour accompagner cette délégation jusqu’à la capitale, épaulés par Micheline Hornung. Au pied de l’immense bâtisse, en attendant qu’on les appelle, tous font part de leurs espoirs dans une avancée, un déclic qui va faire, qu’enfin, le dossier va connaître le coup de pouce étatique qu’il mérite légitimement et qui va faire bouger positivement les choses. Trop de temps a été perdu. En effet, tandis que la réunion débute par des mots graves de la ministre – par ses condoléances également à l’adresse des parents endeuillés – Roselyne Bachelot se montrant visiblement très touchée par ce dossier, un vingt-neuvième cas était déclaré dans la région, au Havre. Trop de temps de perdu et la psychose gagne du terrain Dans la salle, la délégation a été rejointe par les députés Michel Lejeune et Alfred Trassy-Paillogues ainsi que le conseiller général de Buchy, Patrick Chauvet et le maire de Bois-Héroult, Edouard de Lamaze. La ministre est pour sa part accompagnée du directeur général de la Santé, Didier Houssin, qui suit de près le dossier dieppois depuis le début et a notamment lancé la campagne de vaccination en juin 2006. Le temps d’autoriser quelques photos et tous se retrouvent pour près de deux heures de réunion, « sans jamais regarder la montre » confie Micheline Hornung à la sortie de l’entretien. Personne ne crie victoire à l’issue de la réunion avec la ministre. Alfred Trassy-Paillogues est le premier à sortir du ministère, il se réjouit toutefois de constater que « toute une série de messages sont passés, notamment sur la nécessaire intervention auprès des familles », une dimension dans laquelle s’est investie totalement la présidente d’Audrey Méningite Régis 76 depuis plus de deux ans et demi. Le député de la Xe circonscription salue également l’interventionnisme visiblement appuyé désormais des laboratoires français pour accélérer la production « et surtout permettre une production de masse, ce que le laboratoire norvégien ne peut pas assurer. Les laboratoires français garantiront le respect de la propriété industrielle ». Le député a rappelé à quel point la région est traumatisée par cette hyperendémie, « j’ai notamment pris pour exemple des commerçants de Yerville qui ont perdu leur enfant et qui sont repartis dans la Sarthe ». Vers une campagne téléviséeLa députée Sandrine Hurel et Micheline Hornung ont trouvé que Roselyne Bachelot était visiblement « sensibilisée à ce dossier, elle a pris la mesure de la psychose qui règne sur le bassin dieppois ». Car la psychose est effectivement de retour avec les hypothèses les plus invraisemblables qui fleurissent pour tenter d’expliquer pourquoi le pays dieppois est à ce point touché et, désormais, l’ensemble de la Seine-Maritime. « La ministre a été très attentive à ce que nous avions à lui dire, elle a beaucoup écouté les parents notamment. Nous devrions pouvoir vacciner 300 000 enfants de Seine-Maritime, ce qui était impossible à ce jour, grâce à l’appui de gros laboratoires français comme Pasteur. Novartis est aussi en train d’étudier un nouveau vaccin sur la souche « B » dont les études ont visiblement bien avancé». Sandrine Hurel était aussi venue réclamer une grande campagne de sensibilisation audiovisuelle « à l’image de ce qui existe déjà pour le sida, l’hémophilie, les troubles musculo-squelettiques, l’obésité, le cancer de l’utérus, etc. On me rétorquait jusqu’à présent que cela allait être anxiogène… C’est faux, il faut marteler des messages et toucher un maximum de monde ». L’appel de la députée dieppoise semble avoir été entendu. Le maire de Bois-Héroult, a voulu pour sa part interpeller la ministre sur la nécessité « de dépasser le bassin dieppois car désormais il ne faut plus parler de frontière mais d’un environnement qui souffre. D’ailleurs je pense que la Seine-Maritime en entier mais aussi l’Eure doivent être mobilisés ». Quant à la présidente de l’association Audrey Méningite Régis 76, elle ne cache pas « qu’il faudra rester encore patient en attendant la concrétisation des actions mais c’est tout de même satisfaisant d’apprendre que les laboratoires français sont mobilisés. Aujourd’hui nous avons rencontré une ministre qui s’est transformée en femme devant la démarche des parents, difficile mais essentielle ». Laurent Rebours Les engagements • Le laboratoire français Sanofi-Pasteur va se rapprocher du laboratoire norvégien pour permettre la fabrication de masse du vaccin et cette collaboration pourrait alors déboucher sur la production de 1,2 millions de doses. Les 300000 enfants seinomarins concernés pourront alors être vaccinés. • Le passage de quatre à trois vaccinations a été validé par le ministère de la Santé. • Un suivi en temps réel doit être réalisé en collaboration avec la DDASS dans l’optique de la poursuite et de l’optimisation du schéma vaccinal. • Un autre laboratoire français, Novartis, travaille actuellement sur un autre vaccin sur la souche de type « B ». • L’étude de la gratuité d’une campagne de vaccination contre la méningite de type « C » va être lancée. • Une campagne audiovisuelle de prévention, à l’image de ce qui se fait pour d’autres maladies, va être à l’étude, la ministre doit se rapprocher de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). |