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Journal du 8 avril 2008

Reconnu coupable par la cour d’assises de Rouen
Dix-huit ans de prison
pour le pyromane meurtrier

Le 9 juin 2005, David Delestre avait mis le feu à la couette de Jonathan Wadoux qui dormait sur un banc public à Dieppe. Vendredi, il a été reconnu coupable d’homicide volotaire par la cour d’assises de Rouen. Il a été condamné à dix-huit années de prison dont douze incompressibles.

Il a écopé de dix-huit ans de prison ferme assortis d’une période incompressible de douze années. Finalement, c’est bien pour homicide volontaire que David Delestre a été jugé et non pour coups mortels comme l’avait pourtant demandé son avocat, Me Etienne Noël. Seule la préméditation n’a pas été retenue par le jury populaire qui a rendu son verdict après deux heures et demie de délibérations vendredi après-midi.

L’accusé qui comparaissait depuis mercredi devant la cour d’assises de Rouen (lire les Infos du 4 avril) a donc été reconnu coupable d’avoir brûlé vif Jonathan Wadoux dans la nuit du 8 au 9 juin 2005 à Dieppe. La victime, brûlée à 80 %, avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard, le 13 juin, à l’hôpital Saint-Antoine à Paris.

Une dizaine de jours avant les faits, une bagarre avait éclaté quai Henri-IV à Dieppe. Plusieurs marginaux, parmi lesquels se trouvait Jonathan Wadoux, avaient violemment frappé David Delestre, lui-même SDF. C’était « pour se venger mais sans vouloir le tuer » que David Delestre avait mis le feu à la couette de Jonathan Wadoux le 9 juin vers 3 heures du matin, alors que celui-ci dormait profondément sur un banc public de la dunette, quai Henri-IV.

Décrit par les experts psychiatres comme étant une personne qui « souffre d’une déficience intellectuelle liée à un alcoolisme chronique et ancien », David Delestre, 38 ans, avait pour habitude de régler ses différends par des actes de pyromanie.

Ce soir-là, en mettant le feu à la couette synthétique de Jonathan Wadoux, il voulait « se venger de la branlée », qu’il avait reçue quelques jours plus tôt « mais je ne voulais pas le tuer, je croyais qu’il allait se débattre et s’en sortir », avait-il déclaré aux policiers qui l’avaient interpellé sept mois plus tard, puis au juge d’instruction et enfin au tribunal.

« Rester à l’écart de la société »

C’est la raison pour laquelle son avocat avait demandé la requalification de l’affaire en coups mortels. Mais ni les parties civiles représentées par les avocats dieppois Mes Rose-Marie Capitaine et Marcel Quatravaux, ni le ministère public - qui avait demandé à ce que David Delestre « reste à l’écart de la société » -, ni les jurés n’ont adhéré à cette thèse.

Jugé pour meurtre David Delestre, 38 ans, a donc été condamné à dix-huit années de réclusion criminelle. Il a neuf jours pour faire appel.

M. DS.

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