
Archives
Journal du 17 octobre 2008
Vingt-huit brebis retrouvées
égorgées ou mutilées dans la commune
Des chiens sèment la terreur à Freuleville
| Le village du canton d’Envermeu est en
pleine révolution depuis que le troupeau de brebis d’un habitant du
hameau du Manoir du Val a été disséminé par des chiens, appartenant
semble-t-il à des habitants du village. Le cheptel de vingt-huit brebis en gestation est depuis des semaines dans un herbage clôturé, à proximité du centre-bourg de Freulleville, à quelques centaines de mètres de la maison des exploitants. Cinq heures de soins intensifs Vendredi 10 octobre, en fin d’après-midi, un habitant se présente au domicile des époux Nouvel pour les informer qu’il se passe quelque chose d’anormal dans leur pâture. Des brebis ont été vues sur le dos… Michel Nouvel se rend aussitôt sur place et ne peut que constater l’horreur. Trois de ses brebis ont été égorgées ou éviscérées. Six sont très mal en point, mordues aux flancs. Un vétérinaire est aussitôt contacté. Pendant ce temps, les brebis blessées sont ramenées tant bien que mal au Manoir du Val, dans une bergerie. Pendant près de cinq heures, le vétérinaire s’emploie à les soigner : nettoyage des plaies, points de suture etc. Certaines ne survivront pas, leur trachée artère étant ouverte. Pour le vétérinaire, un chien seul ne peut s’être attaqué à vingt-huit ovins, ils étaient deux au minimum. Samedi matin, une plainte est déposée auprès de la brigade de gendarmerie. Puis, Michel Nouvel se rend à la bergerie et recompte son cheptel. Là, il s’aperçoit que dans la précipitation de la veille, il lui manque une brebis, très certainement oubliée dans la pâture. Il retourne donc sur les lieux du massacre, avec un ami… En effet, il restait bien une brebis. Mais il trouve aussi sur place un chien de type berger allemand en train de la dévorer. A la vue des deux hommes, l’animal se retourne et tente de les attaquer… Michel Nouvel et son ami identifient le berger allemand. Ils en font part aussitôt à Annie Boutin, maire de Freulleville. « Je ne tiens pas à ce que demain Contactée par les Informations dieppoises, Annie Boutin dit espérer que « la gendarmerie va faire quelque chose rapidement. Je ne suis pas vraiment étonnée qu’il s’agisse de ces chiens-là… L’année dernière j’ai du faire intervenir les pompiers pour qu’ils viennent les attraper. Ils semaient la terreur dans notre petit lotissement Frutillo, près de l’école. Ils n’ont que la peau et les os sur le dos ! Cette fois, ils ont attaqué des brebis. Je ne tiens pas du tout à ce que demain ils attaquent des enfants ou des adultes. Ce n’est pas la première fois que ces chiens divaguent dans la rue. Plusieurs personnes dont mon employé de commune en ont déjà fait les frais. Même si jusqu’alors, à ma connaissance, ils ne se sont pas attaqués à des humains, je ne vais certainement pas attendre que ça arrive pour faire quelque chose. Je vais m’employer à suivre cette affaire de très près ! » Le montant du préjudice n’était pas encore évalué ce lundi. A celui-ci vont s’ajouter les frais de vétérinaire et d’équarrissage. Si les dix-neuf brebis ne survivent pas ou doivent être abattues, peuvent-elles être consommées ? Les carnets de vaccination des chiens sont-ils à jour ? Autant de questions qui taraudent le couple et sont à ce jour sans réponse. Mardi matin, l’équarrisseur est bien venu chercher les bêtes mortes. Toutefois, il semble que la situation évolue trop lentement, au goût des victimes, ou du maire. On ne sait toujours pas si ces chiens étaient ou non vaccinés, pas plus si le troisième chien que les propriétaires suspectés possèdent, un rottweiler, avait été déclaré. En effet, si les chiens de race berger allemand ne sont pas considérés par la loi comme étant des chiens d’attaque (catégorie 1) ou des chiens de garde ou de défense (catégorie 2), en ce qui concerne le rottweiler ou tout chien qui y ressemble, il doit être déclaré. M. H. Des chiens à évaluer Un maire a des pouvoirs de police lorsqu’il s’agit de la sécurité de ses concitoyens. Selon la loi, cette procédure est obligatoire dès lors qu’un chien a mordu, que celui-ci soit classé ou non en 1re ou 2e catégorie, ou même si ce chien est susceptible de présenter un danger. Evaluation qui est à la charge financière des propriétaires de chiens (coût environ 60 euros) et pour laquelle le vétérinaire sera choisi sur une liste départementale. Selon les résultats de cette évaluation, le propriétaire des chiens pourrait se voir obligé de suivre une formation portant sur l’éducation et le comportement canins, afin d’obtenir une attestation d’aptitude. Dans le cas d’un danger grave et immédiat, il pourrait être décidé de les euthanasier. |