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Journal du 6 mai 2008
Plan de lutte contre les
inondations
à Saint-Aubin – Arques-la-Bataille
Un chantier énorme
qui doit sauver une entreprise
| S’inscrivant plus globalement dans le
cadre des travaux d’aménagement pour lutter contre les inondations à
Saint-Aubin-le-Cauf – Arques-la-Bataille, le Syndicat des bassins
versants de la Béthune a engagé un chantier considérable en aval de
Saint-Nicolas-d’Aliermont. A la clé : la sauvegarde d’une
entreprise. Réunion de chantier mercredi à Saint-Aubin-le-Cauf. Sur place, les conducteurs d’une grosse pelleteuse reconnaissent « en baver » avec le terrain particulièrement meuble, surtout que la nuit précédente et les jours avant ont été très pluvieux. Une preuve supplémentaire, si besoin en était, de la nécessité de réaliser des travaux à cet endroit. Ce site, c’est un chemin encaissé qui était jusqu’à présent livré aux ronces. « La sente aux malades, glisse un élu de visite sur le chantier. C’était autrefois le chemin emprunté par les malades de la léproserie afin qu’ils ne croisent pas les autres villageois ». Un vallon qui descend tout droit de Saint-Nicolas-d’Aliermont et qui donc, par voie de conséquence, récupère ses eaux pluviales mais également les eaux traitées issues de la station d’épuration auxquels s’ajoutent des ruissellements divers. Le goulet d’étranglement En résumé, un parfait goulet d’étranglement qui n’aurait guère d’incidence si une entreprise ne se trouvait pas en contrebas ainsi que la route départementale 1 et des maisons d’habitation. « C’est un problème qui est récurrent depuis 1992 confient Dany Minel et Loïc Thulliez, respectivement président et ingénieur au Syndicat des bassins versants de la Béthune en charge de ce chantier. Il existe des buses pour récupérer les eaux mais elles sont d’une part d’un diamètre de 600 mm et d’autre part elles étaient en tôle et, sous l’effet de la rouille, se sont abîmées et se sont écrasées. Là, nous allons procéder à leur remplacement par des buses d’un diamètre suffisant, 1 000 mm, et en béton ». L’entreprise MOCN, en contrebas, se retrouvait donc régulièrement inondée, « disons que, les bonnes années c’était quatre inondations par an, les mauvaises deux fois en deux semaines ! » Dans certains cas seul le parking de l’usine était touché mais il est arrivé que les bureaux soient atteints. C’était ensuite le champ qui subissait une forte érosion, venait alors la route et les habitations. Par le biais de la maîtrise technique du Syndicat des bassins versants de la Béthune, les communes de Saint-Aubin-le-Cauf, Dampierre-Saint-Nicolas et Saint-Nicolas-d’Aliermont ont donc engagé un gros programme de travaux sur environ deux cent cinquante mètres de chemin. L’aménagement, qui va coûter environ 300 000 euros (subventionnés à 80 % par la Région, le Département, les communes et le Syndicat), se traduit par la réalisation d’un fossé de grand gabarit avec des seuils en gabions et la pose des buses. « En fait, nous arrivons là en soutien de Saint-Nicolas, Dampierre et de Saint-Aubin évoque Dany Minel qui relève que cette intervention est l’occasion surtout de corriger une erreur d’urbanisme en acceptant la construction d’une usine à cet endroit, trop près d’un axe naturel d’écoulement des eaux ». Le choix s’est porté sur des techniques 100 % naturelles avec des noues, des espaces élargis, de la pierraille… « Nous avons tenté d’éviter un maximum le béton » souligne Dany Minel. En principe les travaux devraient être terminés d’ici l’été. Au-delà des trois communes spécifiquement concernées dans l’opération, ce chantier s’inscrit dans celui, autrement plus vaste et lourd de conséquences, de l’aménagement des bassins versants de la Béthune devant permettre de réduire au maximum ou de prévenir les risques d’inondation, d’Arques notamment. Laurent Rebours Le chantier de Titan de Saint-Nicolas La commune de Saint-Nicolas-d’Aliermont planche déjà depuis des années sur son plan d’écoulement et de traitement des eaux, « la commune avait même déjà été mise en demeure en 1992 rappelle l’adjoint chargé de l’urbanisme, Claude Picard. Seulement rien n’a pratiquement été fait jusqu’en 2000 et depuis il y a un travail considérable, sur le long terme. On a empoisonné les riverains de la rue Lefranc pendant des semaines et ils ont parfois le sentiment que rien n’a été fait. Nous sommes actuellement en train de travailler sur la mise en séparatif de nos eaux dans l’optique de notre prochaine station d’épuration en 2010. Pour cela nous avons déjà réalisé trois bassins de captage des eaux allant de 500 à 1 200 m3 environ, des capacités calculées au regard des pluies centenales. Quatre autres bassins seront à réaliser, l’eau est redistribuée à raison de 2 litres par seconde et par hectare ». A terme, avec le captage des eaux à la hauteur de Saint-Nicolas, c’est autant de ruissellements qui ne dévaleront plus sur Saint-Aubin. |