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Journal du 1er avril 2008

La traversée de Saint-Aubin-sur-Scie
est l’un des gros points noirs routiers du secteur
30 ans qu’on attendait un aménagement :
le carrefour change, les feux restent

Le moins que l’on puisse dire est que le problème ne date pas d’hier ! Depuis les années 70 les techniciens, élus et aménageurs se creusent les méninges pour tenter de résorber le gros point noir du carrefour de Saint-Aubin-sur-Scie. Véritable goulet d’étranglement, il empêchait toute velléité communale de restructuration du centre-bourg.

Une file ininterrompue de véhicules forme un long serpent qui traverse le bourg, remonte la côte des Vertus et prend fin peu après le rond-point de la Maison Blanche où se trouve la nouvelle clinique Mégival. Chronique d’une fin d’après-midi dominicale ensoleillée lorsque les promeneurs regagnent la capitale régionale. Certes, depuis quelques mois, une nouvelle signalétique a permis de quelque peu désengorger cet axe en orientant davantage les conducteurs vers le Val d’Arquet. Il n’empêche que la traversée de Saint-Aubin-sur-Scie reste un véritable point noir et pas uniquement lorsque promeneurs ou vacanciers décident de regagner leurs pénates.

14 000 à 15 000
véhicules par jour

Tous les jours, le matin de 7 h 30 à 8 h 45 et le soir de 16 h 15 à 18 heures, les files de voitures s’agglutinent, autant en provenance d’Offranville que de Rouen, Dieppe ou du Val d’Arquet. Des bouchons favorisés par la configuration très particulière du site, « en baïonnette, explique le maire de Saint-Aubin, Bernard Bazille. La route fait le tour de l’église ce qui nous oblige à avoir deux jeux de feux ».

La pénibilité de la circulation se double de la dangerosité de l’axe provenant d’Offranville « avec des automobilistes qui se retrouvent fréquemment coincés sur la voie ferrée car ils s’engagent mais ne peuvent s’extraire, bloqués par la file arrêtée ». Ce gros souci taraude les élus et les aménageurs routiers depuis les années 70, « en 1995 il y a bien eu un premier projet du Département qui proposait de dévier vers la sortie de Saint-Aubin tandis qu’une autre hypothèse descendait à flanc de coteau et débouchait au Hamelet… » Mais, comme toujours, se posait la question de son financement « car on parlait de plus de 50MF. Jusqu’au moment où l’on a évoqué la fin de la 2x2 voies et la poursuite de la RN 27 jusqu’à Rouxmesnil, « et là cet aménagement est tombé en désuétude » regrette Bernard Bazille.

Pourtant, avec une moyenne de 14 000 véhicules par jour, ce point est une véritable pierre d’achoppement et pour la circulation et pour tout projet d’aménagement du centre-bourg. La commune, dans son schéma directeur, a réservé une zone foncière à la hauteur de l’ancienne boucherie Levasseur.

Le rond-point abandonné

Une belle bâtisse a fait l’objet d’une acquisition par un particulier qui est en train de la restaurer mais la commune a usé de son droit de préemption pour acheter plusieurs parcelles offrant des possibilités d’aménagements routiers. De son côté, la maîtrise d’œuvre du conseil général a fait diverses propositions pour étudier le désengorgement du site. Et notamment le choix cornélien entre feux ou rond-point.

La seconde hypothèse semble, sur le papier, nettement plus séduisante comme le confirme le maire qui penchait davantage pour une telle réalisation. « Franchement, c’est plutôt ce que je soutenais à l’origine, je voulais une suppression des feux. Mais en examinant de plus près les contraintes, force est de constater que c’est difficilement réalisable ». Pour qu’un rond-point soit efficace, il faut qu’il soit d’une taille suffisante pour ralentir le flot de circulation et permettre d’éviter surtout que les automobilistes ne traversent en ligne droite, sans ralentir.

Sauf que la configuration des lieux est telle qu’il apparaît impossible de construire un rond-point d’une telle taille. « Il faut en plus un giratoire d’environ 15 à 25 mètres de diamètre pour permettre la giration des poids-lourds ». Autant dire que, petit à petit, l’option giratoire s’est envolée, « sans compter sur le fort dénivelé en provenance de la route d’Arques qui obligeait à réaliser de lourds travaux spécifiques ».

Des feux qui analysent le trafic

Alors, retour sur l’option « feux ». Un retour à la case départ serait-on tenté de dire ? Bernard Bazille s’en défend, « fort heureusement, non. Il existe aujourd’hui une nouvelle génération de feux tricolores capables d’analyser la densité du trafic et donc de le réguler. Des feux, oui, mais pour la « baïonnette » ? L’idée est de tracer une route nouvelle qui va partir en face de la route d’Arques et rejoindre la rue du Gouffre. Ce projet prévoit même trois voies de circulation pour permettre un stockage suffisant des véhicules et éviter les stationnements intempestifs sur la voie ferrée. En plus il s’intègre dans un environnement qui a peu d’habitat ». Une maison, accolée à l’ancien café, doit être démolie pour permettre la construction de cette nouvelle voie.

La commune, en choisissant les feux, prend aussi un pari : « celui de la technologie et de la fiabilité. Si ces feux tricolores sont bien réglés tout devrait bien se passer et le trafic se réguler naturellement ». Avec la fin de la RN 27 jusqu’à Rouxmesnil, ce sont 7 000 véhicules qui devraient être déviés de ce point noir mais le nouveau carrefour ne sera pas un luxe.

Laurent Rebours

Un nouvel élan
pour Saint-Aubin-sur-Scie

Au-delà de ses aménagements routiers, Saint-Aubin, par ce nouveau carrefour, veut prendre un nouvel essor en revalorisant son cœur de bourg, au pied de l’église et ne plus être « ce bourg que l’on traverse » pour reprendre la formule de son premier magistrat.

La rue du Gouffre va ainsi devenir semi-piétonne sur sa seconde partie reliant la RN 27. Il n’y aura plus de sortie à la hauteur du bar-tabac et surtout des places de stationnement vont être créées avec un aménagement paysager permettant aux clients du bar mais aussi de la fleuriste de pouvoir se garer en toute sécurité. « La sécurité est notre maître-mot confie Bernard Bazille, c’est d’ailleurs aussi l’une des raisons pour lesquelles nous avons opté pour les feux. Nous avons plus loin le groupe scolaire qui doit être sécurisé ».

Sans oublier la gestion des eaux pluviales et de l’assainissement qui va être réexaminée et la convention avec la Région « pour que le TER ne s’arrête plus au milieu de la départementale 54 ».

A plus long terme, c’est la RN 27 qui doit donc être prolongée jusqu’à Rouxmesnil mais aussi le « barreau d’Offranville » qui visiblement est toujours dans les cartons, « il se fera d’ici quelques années et reliera la zone industrielle à la RN 27 ». Des aménagements routiers aux enjeux d’aménagement du territoire considérables.

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