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Journal du 28 mars 2008

Un père de famille condamné à 8 mois ferme
Des violences conjugales
en présence des enfants

Une nouvelle affaire de violences conjugales a été jugée devant le tribunal correctionnel de Dieppe, mercredi après-midi. Le concubin violent a été condamné à dix-huit mois de prison dont dix assortis d’un sursis avec une mise à l’épreuve, une obligation de soin, de travail et l’interdiction d’entrer en contact avec la victime.

Les faits se sont déroulés à Dieppe, dimanche 23 mars aux alentours de minuit. La concubine, serveuse dans un restaurant, vient de terminer son service et va se détendre quelques minutes dans un kebab pour boire un thé. A ce moment-là, son concubin - avec lequel elle ne vit plus officiellement depuis courant 2007 - arrive dans l’établissement, injurie la mère de ses enfants et commence à s’énerver. Le patron du kebab demande au couple de sortir pour régler ses comptes. La conversation s’envenime, les insultes et menaces fusent. Un passant, surpris, décide d’appeler les services de police. Le concubin s’enfuit. Il est néanmoins interpellé quelques minutes après avec un taux d’alcoolémie de 1,60 g/l.

Le couple avait vécu ensemble avec des hauts et des bas pendant seize ans. Le concubin a déjà un casier judiciaire bien chargé depuis 1984. Il a déjà fait l’objet d’une condamnation de prison ferme pour des faits similaires et avec la même victime en mai 2005.

Sur fond d’alcool

Lors de son audition, la victime âgée de 33 ans a expliqué que les faits de violence duraient depuis 2006. « Quand il est sorti de prison en décembre 2006, ça s’est à peu près bien passé pendant un an. Il s’est remis à boire par la suite ». Dans le box des prévenus, l’homme explique qu’il s’est remis à boire suite aux réflexions de sa concubine. « Elle m’a dit que je n’étais plus amusant et qu’il fallait faire la fête ».

Les disputes sur fond d’alcool sont fréquentes et les scènes de violence se déroulent sous les yeux des enfants du couple. En 2007, ce couple pathogène décide de se séparer mais reste néanmoins en bons termes. Elle l’appelle pour garder les enfants lorsqu’elle travaille le soir. Il reste à dormir chez elle. Elle dit qu’il lui impose des relations sexuelles qu’elle ne souhaite pas. Cet élément n’a pas été retenu, le Ministère public estimant que la situation est trop ambiguë.

La présidente du tribunal correctionnel a lu des extraits des déclarations faites par les enfants qui affirment que leur mère est battue presque chaque week-end par cet homme. « On gueule mais je ne l’ai jamais battue, insiste le prévenu. C’est les inspecteurs de police qui ont dit aux enfants de dire ça. Tout est faux».

« Effets dévastateurs »

L’avocat de la partie civile demande à ce que sa cliente soit protégée de cet homme. « Elle est prise entre différentes réflexions. Les enfants racontent précisément qu’ils ne supportent plus la situation et le fait qu’elle a pu aimer cet homme plusieurs années est aujourd’hui devenu insupportable » souligne son avocat.

Le substitut du procureur démontre que s’il nie les faits de violence, toutes les charges pèsent contre le prévenu. À commencer par les déclarations des enfants: « Les faits de violence sont bien attestés par les enfants. On sort de la théorie du complot. Une enfant de dix ans n’inventerait pas les scènes horribles que subit sa mère. Et d’ajouter: S’il a la prudence de ne pas la frapper devant des tiers, il s’en moque de le faire devant les enfants. Cela a des effets dévastateurs ».

Quant à la défense, l’avocate a évoqué « un dossier léger » et « l’attitude ambiguë de la victime qui porte préjudice à mon client ». Elle estime que le certificat médical n’est pas exhaustif par rapport aux faits de violence relatés par la victime.

A. B.

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