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Journal du 8 avril 2008
Un premier conseil municipal
technique et politique
La majorité dresse un réquisitoire
de la précédente municipalité
| Cette première séance ordinaire de
conseil municipal a été l’occasion de distribuer les multiples
délégations aux adjoints et aux conseillers municipaux dans les
commissions. Elle a aussi permis de mieux entrevoir la façon dont
Sébastien Jumel entend gérer Dieppe et se comporter vis-à-vis de
l’opposition. Cette première séance de conseil municipal ordinaire a été pour une grande partie consacrée à des aspects techniques obligatoires : désignation des divers délégués dans les commissions, les syndicats, le CCASS, le centre hospitalier, l’IFCASS ou encore le Syndicat mixte du port de Dieppe et Agglo. Si, dans l’ensemble, les votes ont été plutôt bien et rapidement (avec le choix bienvenu d’un suffrage à main levée) adoptés, en revanche celui concernant la désignation des vingt délégués titulaires et dix-neuf suppléants représentant la Ville de Dieppe s’est traduit par un débat houleux avec le groupe d’opposition mené par Jean Bazin. Ce dernier estime en effet que la communauté d’agglomération « a pris une importance considérable dans la gestion des affaires locales. S’adressant à Sébastien Jumel, il lui rappelle qu’il a exprimé le souhait de travailler avec l’opposition et de partager le pouvoir. Comme cela se fait dans beaucoup de villes, nous demandons à ce que quatre membres de Dieppe-Ensemble soient présents à l’Agglo. En d’autres temps, je me souviens que d’autres élus d’opposition en avaient fait la demande » relate-t-il en lisant la déclaration d’alors de Marie-Catherine Gaillard. La réponse de Sébastien Jumel est lapidaire : « Et quelle avait été la réponse ? » Jean Bazin ne l’a pas. Sébastien Jumel réplique alors que « vu la manière dont la droite locale a géré la construction de l’Agglo, créé des conflits d’intérêts et occasionné des retards à l’allumage… vous n’êtes pas les mieux placés pour nous donner des leçons. La municipalité actuelle a l’intention d’être en partage de responsabilités avec les autres communes et Dieppe entend jouer un rôle moteur dans l’Agglo. Et le nouveau maire de balayer cette requête de l’opposition d’un revers cinglant : le suffrage universel s’est exprimé, sans contestation possible, soutenant le projet d’un territoire vivant, solidaire et démocratique ». N’acceptant pas cette explication, Jean Bazin réclame une suspension de séance. A son retour, il dit prendre acte de cette position de la majorité « mais je m’y inscris totalement en faux car un certain nombre d’élus de notre groupe ont participé activement à de gros dossiers intercommunaux comme l’Agenda 21. Je vois que sous le mandat précédent il n’était pas possible à l’opposition de siéger, là c’est la même chose… il y a du Edouard Leveau en vous ! » Sébastien Jumel rappelle que l’agglomération « a commencé à se construire sous les municipalités de gauche avec, par exemple, le Sydempad. Ce n’est pas moi qui décide de ne pas vous envoyer à l’Agglo, ce sont les électeurs ! Et je peux vous dire qu’il y a encore des marges de manœuvres énormes comme en matière de transports… » Patrick Hoornaert n’accepte pas cette vision des choses : « Le transport est une affaire de moyens, vous verrez bien comment vous ferez ! » Et d’interroger Sébastien Jumel sur une possible velléité à la tête de l’Agglo. Réponse négative de ce dernier : « Je le répète, il n’y aura pas de position hégémonique de la Ville ». Taux d’imposition et cordon de sécurité Rapporteur de la question sur le vote des taux d’imposition 2008, Marie-Catherine Gaillard présente des taux qui restent inchangés par rapport à 2007 (TH : 17,60 %, TFB : 38,90 %, TBNB : 44,69 %). Ancien grand trésorier de la Ville, Jean Bazin réclame des précisions très techniques sur des points bien précis et estime que l’on ne s’y retrouve guère entre 2007 et 2008… Marie-Catherine Gaillard est dubitative devant les questions posées et Sébastien Jumel arrive à la rescousse : « Nos engagements politiques sont réalisés, les taux sont maintenus ». Christian Cuvilliez intervient pour signaler que, « un changement est notable, la dotation de l’Etat est en baisse ! » Ce qui fait aussitôt réagir Jean Bazin qui se sent piqué au vif : « La baisse des dotations de l’Etat résulte tout simplement de la baisse du nombre d’habitants ! C’est de la malhonnêteté que d’affirmer le contraire ! » Réplique qui a le don de faire sortir Christian Cuvilliez de ses gonds : « Je réclame à ce que vous retiriez immédiatement ce terme ! Et de se faire menaçant : Monsieur Bazin, perdez vos habitudes ou je peux vous dire que vous allez perdre beaucoup ! » Le centriste Patrick Hoornaert tente de la jouer modérateur et, au passage, réclame au maire d’intervenir pour que l’assistance, réagissant aux débats, cesse de participer. « Vous remarquerez, monsieur Hoornaert, qu’il n’y a plus le « cordon de sécurité » qui séparait l’assistance du conseil… nous avons remis de l’humanité dans cette assemblée ». Et face à André Gautier qui pose de nouveau des questions précises et techniques, Sébastien Jumel coupe court aux débats… C’est sûr, le ton est donné dès ce premier conseil et l’opposition va devoir affûter ses arguments pour les prochaines séances. La loi du Talion D’autant que Sébastien Jumel entend visiblement rendre coup pour coup et faire porter au groupe Dieppe-Ensemble tout le poids du bilan de la précédente mandature. Un audit est dans les cartons et les deux premiers mois seront consacrés à un diagnostic organisationnel, technique, financier… « l’état des lieux du difficile héritage que nous lègue la municipalité de droite précédente ». L’incontournable leitmotiv de l’héritage usé en son temps par la précédente municipalité, qui se traduit ici par l’état des finances. quatre millions d’euros selon Jean Bazin resteraient dans les caisses de la Ville. i million d’euros affirme Sébastien Jumel qui y retire des « restes à réaliser » et des « réajustements de crédits ». Le discours du nouveau maire a pris des allures de réquisitoire dans lequel il a dénoncé « la déconstruction du service public communal, l’absence d’une vision globale des dossiers, l’irresponsabilité politique, la trésorerie asséchée… » Autant dire un pilonnage en règle pour démonter ce qui passe, à ses yeux, pour une politique de la terre brûlée. Il va y avoir du sport ! Laurent Rebours En bref… Oracle : Dans le cadre de la gestion de l’état civil, la Ville s’est dotée d’un progiciel dédié et de licences adéquates baptisées Oracle… Une manière de faire des prédictions ? Le million ! : Comme l’usage le veut, le nouveau conseil adopte les indemnités qui seront versées au maire et ses adjoints (mais plus à tous les conseillers comme la précédente municipalité), basées sur un savant calcul qui part d’un indice de base et applique un cœfficient multiplicateur fondé sur la taille de la ville ainsi que sur son caractère de pôle et de station balnéaire. Un dossier présenté par l’adjointe en charge des finances, Marie-Catherine Gaillard : « Et je vous fais grâce de la fortune » a-t-elle lâché avant de vite se reprendre : « formule ! » Voilà ce que c’est lorsqu’on montre l’exemple au sommet de l’Etat… les cœfficients multiplicateurs explosent ! Appel : Benjamin de l’assistance, Mickaël Pajot est donc désigné secrétaire de séance. Et, en prenant soin de ne pas écorcher les noms, a procédé à l’appel en début de conseil, consciencieusement… mais pas rapidement, « très bien Mickaël mais la prochaine fois on fera plus vite » a ironisé le maire. Interlude : Bon, il faut l’avouer, ce conseil, dans sa partie technique, n’était guère enthousiasmant. Alors, Sébastien Jumel a inventé la page de pub entre deux votes, histoire de faire passer le temps… et un message : « Puisque nous votons sur le port, je peux vous dire que les acteurs portuaires ont pris une extraordinaire bouffée d’oxygène avec notre victoire. Ils ont vu notre volonté de consolider les emplois et de le développer… » Allez, hop, ça, c’est casé. Cadeau Bonus : Dieppe-Maritime a été récompensée pour sa participation active à la semaine du développement durable. C’est Jean Bazin qui s’y est collé pour aller recevoir le prix attribué, une paire de… jumelles. De quoi se retrouver avec le don de double vue. Développement durable Puisque ce conseil a été celui des réquisitoires envers l’ancienne municipalité, Eric Tavernier y est aussi allé de son intervention au sujet du développement durable dont la semaine nationale se terminait tout juste. « Devant un bureau absolument vide où le tri sélectif et la recherche d’une économie d’énergie intellectuelle semblaient avoir dominé les grands dossiers de la municipalité sortante, j’ai vainement cherché quel projet environnemental avait pu être mis en œuvre… » Et Eric Tavernier de prendre comme exemple les promesses affichées « d’un quartier écologiquement exemplaire avec la place Henri-Dunant à Neuville. Je me suis précipité pour prendre la mesure de l’avancement de ce projet de développement durable… Et il ne restait plus aucune trace de la partie développement durable et environnementale : le traitement de l’eau pluviale avec une structure sous les grandes dalles pour en retenir 66 % et permettre l’arrosage des massifs, le nettoyage de la voirie, la jardinière géante, les sanitaires publics… » Jean Bazin l’invite à s’adresser à l’ancien adjoint aux travaux, « mais pour ce qui est de Dieppe-Ensemble, la motivation était intacte sur ce sujet ». |