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Journal du mardi 28 août
Leurs origines sont souvent
méconnues
Hareng, Bouteilles, d'où viennent
les noms de nos communes ?
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Notre région est parsemée de noms de villes souvent étranges. Beaumont-le-Hareng, Rouxmesnil-Bouteilles,Fresnoy-Folny… autant de toponymes que nous voyons régulièrement mais dont nous ne connaissons pas l’origine.Nous vous proposons donc quelques éclairages sur ceux qui nous ont interpellés. Bien souvent, lors de balades touristiques dans d’autres régions, les gens sourient devant des noms de village qui les charment ou amusent. Mais la région dieppoise est-elle mieux dotée, n’y a-t-il pas quelques noms qui font réagir les touristes ? Ces toponymes qui nous surprennent ont bien souvent des résonances historiques, des étymologies romanes ou encore sont simplement des anecdotes en rapport avec la région. Explications. Un peu d’histoire La ville d’Arques-la-Bataille tient son nom des trois rivières qui forment l’Arques : la Béthune, l’Eaulne et la Varenne. « Il y avait un pont pour traverser le petit fleuve avec trois arches, d’où le nom d’Arques », tente de se rappeler au mieux Ludovic Lagnel, secrétaire de mairie. « D’ailleurs sur le blason de la ville, on peut observer une représentation du pont avec les trois arches ».Observant des similitudes avec les noms de plusieurs autres communes françaises, et face à la multiplicité des problèmes de la Poste, des chemins de fer et des commerces, le maire de l’époque Alexandre Tessel a choisi en février 1882 de baptiser la ville sous le nom d’Arques-la-Bataille, en référence à la bataille d’Henry IV. Et c’est de la sorte que s’est formé le nom de la résidence des Arquais : une bataille et un fleuve, ce dernier qui se finit dans le port de Dieppe. Dieppe, un nom qui s’exporte jusqu’au Canada, mais sur 36 000 habitants, qui en connaît vraiment l’origine ? Ce serait donc les Vikings qui auraient trouvé sa dénomination : Deep qui signifie profond en raison de la profondeur de son port. Quelques anecdotes Quantité d’histoires cheminent de bouches en bouches à propos de l’origine des noms de Sassetot-le-Mauconduit et Sassetot-le-Malgardé. Peut-être faites-vous partie des nombreux Normands qui ont retenu la plus amusante. Le clocher de la ville de Sassetot-le-Malgardé aurait été il y a bien longtemps très convoité par les habitants de Sassetot-le-Mauconduit. Ce dernier village se serait alors « mal conduit » car il aurait dérobé le clocher qui fut donc à ce moment « mal gardé » !Les Normands affectionnent de faire ébruiter ces légendes car elles tiennent de l’imaginaire. Car lorsque l’on se penche sur la véritable origine de ces appellations, la réalité est bien moins romanesque : Sassetot viendrait de saxon (foyer), Mauconduit et Malgardé seraient des seigneurs de l’époque féodale. Pas très loin de Dieppe, deux autres villages ruraux ont eux-aussi leur histoire. Le 28 août 1822, ils se seraient ralliés pour former un village tout en longueur : Rouxmesnil-Bouteilles. L’exploitation du sel était considérable dans cette commune voisine de Dieppe. Les salines de Bouteilles alimentaient presque toute la Normandie au xiiie siècle. Une explication à laquelle on n’aurait pas forcément pensé mais qui n’est pas si anodine. Bouteilles, orthographié « buteculas » en 1082, provient du bas latin « buticula », terme qui désigne un petit tonneau. Ce récipient aurait permis de recueillir et de transporter le sel, d’où l’appellation du village. Quant à l’origine de Rouxmesnil, le nom d’un Viking Rolfr s’est associé au latin « mansio » qui signifie habitation, dont il a sûrement été le premier maître. Un autre nom de lieu a attiré notre attention, celui de Beaumont-le-Hareng. La première partie vient de l’appellation romaine « bello montem » qui désigne une bute, non sans coïncidence puisque le village est situé en hauteur. La deuxième partie provoque l’interrogation : du hareng à une trentaine de kilomètres des côtes ? « En fait, au xiie siècle, le grand seigneur du lieu, compagnon de Guillaume le Conquérant, aurait donné son nom Harenc à la commune », explique Marie-Claude Lemonnier, maire du village. « Mais l’hypothèse de la route du hareng n’est pas exclue, car le convoi de poissons de Dieppe à Paris aurait probablement pu passer par chez nous », suppose-t-elle. Deux communes des cantons de Tôtes et Londinières ont également une désignation étrange : Fresnay-le-Long et Fresnoy-Folny. Toutes deux rappellent à travers leur nomination l’abondance des frênes dans la région. « On les arrache tellement il y en a, ils poussent très vite », explique Michel Fouquet, maire de Fresnoy-Folny. Les deux communes, Fresnoy-en-Campagne et Folny se sont regroupées en 1823. On suppose que Folny était un nom de famille. Quant à Fresnay-le-Long, « le-Long » exprime la forme du village qui s’étire le long d’un axe unique. Des nom de villages, il y en beaucoup, alors on vous passe le relais, à vous de partir à la recherche de l’origine du nom de votre commune. Clotilde Bougon Pour aller plus loin Voici encore quelques explications sur l’histoire des noms de communes de la région. Le Tréport signifie le port qui se trouve de l’autre côté. La deuxième partie de l’appellation Sept-Meules désignerait une pierre ou un moulin. Fontaine-le-Dun vient de Fontes de Duno en latin, et veut dire à la source du Dun ; car en effet, le bourg de Fontaine est situé sur l’ancienne source de la rivière. Bures-en-Bray est issu du bas latin « bur » (habitation, ferme) et du germanique « bür » (hutte, maison). Et pour dernière commune, Croixdalle, qui se réfère au scandinave « dah » (vallée) et « crave » (corbeau), aurait pour signification d’origine la vallée des corbeaux. Les plus curieux peuvent pousser les recherches encore plus loin avec l’ouvrage Patrimoine des communes de Seine-Maritime. Ils pourront découvrir et la toponymie de la région et l’histoire de chaque commune, ainsi que le patrimoine à visiter. Pratique : Patrimoine des communes de Seine-Maritime, éditions Flohic. L’origine par les racines Nombre de chercheurs se sont penchés sur l’origine des noms de lieux en Normandie. La toponymie (science qui étudie les noms de lieux) de cette région est très particulière. Car dès les premières recherches, on peut observer l’apparition d’une provenance scandinave. Beaucoup de terminaisons des appellations de nos communes datent en effet de l’invasion des Vikings. C’est le cas des communes ou lieux-dits finissant : en « londe » (bois, forêt), tel que Etalondes, en « tot », tels que Gonnetot ou Brametot, en « dalle », comme Croixdalle, etc. La toponymie latine a également influencé la région. Souvent représentative de l’habitat humain, elle a laissé des traces en insérant dans les noms de communes des éléments comme cour, ville ou encore mesnil. En effet, bien souvent, on retrouve le latin villa, « domaine rural », précédé du nom de la personne. C’est le cas de Lamberville, dans le canton de Bacqueville-en-Caux, qui désigne le domaine rural d’une personne germanique Lambertus ou Lambernus. Mesnil en ancien français avait la même signification, c’est un élément qui se retrouve dans l’appellation de la commune de Mesnil-Durdent ou encore dans Mesnil-Follemprise. |