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Journal du 21 décembre 2007

Dieppe : exposition
Un bateau en ivoire
réintègre les collections

Un bateau réalisé par un ivoirier dieppois dans la première moitié du XIXe siècle vient de réintégrer les vitrines du Château-Musée. Après un passage par les musées parisiens et par l’atelier d’un artisan dieppois pour sa restauration, il est enfin présenté au public.

Et si vous profitiez des vacances de Noël pour découvrir ou redécouvrir la collection de bateaux en ivoire du Château-Musée de Dieppe ? Une corvette de la première moitié du XIXe siècle attribuée à Jean-Charles Poidevin, vient de rejoindre les quinze vaisseaux amarrés dans les vitrines.

Un retour au port après de longues années passées à des milles de là, à Paris. « Ce bateau était inscrit à l’inventaire du musée en 1895. Mais en 1931, il a été envoyé à l’Exposition coloniale de la Porte-Dorée à Paris pour représenter l’ancienneté et la virtuosité de l’artisanat de l’ivoire à Dieppe, exemple remarquable alors, justifiant par l’Histoire la présence française en Afrique », explique Pierre Ickowicz, conservateur du Château-Musée.

Trois cents heures de travail

L’objet navigue ensuite vers le musée des Colonies puis rejoint ses réserves. Lors de la fermeture du lieu, le bateau part vers le musée de la Marine qui l’inventorie avant de s’échouer dans les réserves du musée du quai Branly.

En 1997, le conservateur dieppois cherche à faire revenir à bon port ce petit trésor. Il lui faudra multiplier les démarches durant huit ans avant de voir sa demande aboutir. Mais lorsqu’il reçoit le bateau en ivoire, il ne peut que constater son mauvais état. Les voiles ne tiennent plus, il manque des canons… «Nous avons lancé une consultation mais les restaurateurs agréés par les Musées de France n’ont pas été en mesure de réaliser la remise en état lorsqu’ils ont vu le travail particulier à réaliser », souligne le conservateur. Il fallait en effet restaurer un objet en ivoire, ce qui est différent d’une sculpture sur ce matériau, mais également avoir des connaissances en matière de bateaux.

L’ivoirier dieppois Philippe Ragault avait tout ces savoirs mais pas d’agréments des Musées de France. « Nous avons trouvé la solution en proposant qu’il réalise cette restauration et qu’une restauratrice agréée, Agnès Cascio, soit sa tutrice déontologique », confie Pierre Ickowicz. C’est ainsi que cette maquette dieppoise a été remise en état par un artisan dieppois en conservant le maximum des pièces d’origine. Il aura fallu plus de trois cents heures de travail minutieux pour lui redonner tout son panache.

Et aujourd’hui, sept ans après la première demande du conservateur, le bateau peut trôner fièrement, toutes voiles dehors, dans la vitrine du Château-Musée et les visiteurs peuvent découvrir tout le savoir-faire des ivoiriers d’hier et d’aujourd’hui.

V. W.

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