Archives


Journal du 16 novembre 2007

Les travaux de la place Henri-Dunant bouleversent le quartier
Neuville : Les pelleteuses creusent,
les commerçants toussent

Le centre-ville de Neuville-lès-Dieppe est en travaux depuis la fin du mois de juin. Si les commerçants de l’immeuble Balidar peuvent souffler, le chantier étant achevé devant leur porte, leurs confrères de la place Henri-Dunant voient leur chiffre d’affaires décliner.

Lundi, 15 heures, au pied de l’immeuble Ango place Henri-Dunant, une pelleteuse enlève une à une les plaques de béton qui constituent le sol. Derrière la vitrine de leur magasin, la fleuriste et le marchand de chaussures sont désemparés. Le chiffre d’affaires de la journée sera complètement nul. Personne n’osera ce jour-là s’aventurer sur le chantier pour pousser la porte de leur commerce. A 16 heures, le chausseur baisse son rideau tandis que la marchande de fleurs se demande comment écouler son stock périssable…

Depuis juin dernier le cœur du quartier est en travaux. La place Henri-Dunant va subir un lifting bien mérité, une véritable place va être créée là où s’élevait il y a quelques mois le « chapeau chinois». Mais, avant de pouvoir profiter d’un environnement agréable, les habitants et les commerçants doivent au quotidien subir quelques désagréments. Ce qu’ils comprennent, tout en regrettant le manque de communication. « Les travaux, c’est normal, on sait bien qu’il faut que ça se fasse. Mais ce que nous ne savions pas c’est que toute la journée notre commerce serait inaccessible », explique Virginie Hébert la fleuriste. « Sur le chantier, ils m’ont dit qu’ils essaieraient de finir pour Noël, mais là on subit… », confie le marchand de chaussures.

La coiffeuse, elle, n’a pas encore vu de changement dans la fréquentation de son magasin mais « les mamies ont un peu peur de venir jusqu’ici car elles craignent de mettre les pieds sur le chantier », explique-t-elle.

A l’angle du bâtiment, le marchand de journaux aussi a vu son chiffre d’affaires baisser depuis la mi-septembre, surtout que le chantier dissimule ses deux vitrines. Il avance même le chiffre de moins 10 %. « Une partie de ma clientèle qui s’arrêtait là passe tout droit maintenant », explique-t-il. Même s’il déplore le manque de communication, ce commerçant estime un peu de sa faute ce problème puisque, vu son emploi du temps, il n’avait pu se rendre à la réunion publique organisée il y a un an, la salle Lingois.

Fin de chantier devant Balidar

Si le chantier avec ses désagréments débute en bas de l’immeuble Ango, il vient en revanche tout juste de s’achever côté immeuble Balidar, rue Aristide-Briand à deux pas de là. Les commerçants peuvent souffler. Car c’est là qu’avaient commencé les travaux. « C’est fini depuis lundi. Jusque là, ça a été un peu galère. Là, on sent que depuis huit jours, ça commence à bouger », raconte la boulangère. La pharmacienne, elle, prend les choses du bon côté. Si au début des travaux, avec les autres commerçants elle a dû réclamer une réunion de concertation avec la mairie, elle estime qu’ensuite tout s’est bien déroulé. « Ça a été un peu Beyrouth mais il fallait bien que ça se fasse. Et après la réunion, la mairie et le chef des travaux se sont arrangés pour faire des accès aux commerces. Ils ont également essayé d’utiliser le marteau-piqueur entre midi et deux », explique-t-elle.

« Ce sont des travaux… », lance Maurice Lemasson, adjoint au maire, sous-entendant qu’irrémédiablement il en découle des désagréments. « Mais au final, ça fera un beau quartier », ajoute-t-il. « Et nous avons fait preuve de bonne volonté. Par exemple devant l’immeuble Balidar nous avons mis un enduit matricé qui donne l’aspect de lattes de bois. Pour appliquer la résine qui finit le sol nous avons attendu lundi pour que tous les commerces soient fermés à ce moment-là », insiste-t-il.

Devant l’immeuble Ango, le béton sera rapidement fait et le matriçage « seulement lorsque le temps le permettra. Mais nous espérons finir cette partie-là avant Noël », explique l’élu. Bref, les commerçants et les habitants vont devoir prendre leur mal en patience. Les mamans et les assistantes maternelles vont devoir encore slalomer sur le chantier avec les poussettes jusqu’à ce que le cœur du quartier ait enfin achevé sa métamorphose…

L. R. et V. W.

Les bus « sens dessus-dessous »

Chez Stradibus, les travaux de Neuville « ont été gérés du mieux possible, en concertation avec les services de la Ville et de l’Agglo » confie Benoît Rigaud, son responsable. Dès que les décisions leur ont été communiquées, « nous avons convenu de mettre en place des déviations pour réduire au maximum les distances pour les usagers » ce qui a plutôt relevé du casse-tête.

Mais surtout, là où nombre d’usagers ont fait part de leur mécontentement, c’est que Stradibus, disciplinée, a changé ses arrêts dès la fin du mois de juin, « seulement les travaux ont finalement été décalés et repoussés deux mois plus tard ! Comme nous avions tout changé nous n’allions pas revenir en arrière. Notre clientèle s’est alors étonnée de voir que les voitures, elles, continuaient de passer comme avant, d’où une certaine incompréhension mais nous ne pouvions faire la girouette ».

Stradibus a donc déplacé le terminus de la ligne 2 de la place Dunant au collège Camus. Dans le même temps, la ligne 1 a été totalement déviée, elle passe désormais dans la rue Lamotte et un arrêt a été installé au niveau de la résidence Beau-Soleil avant de retrouver le circuit normal rue de la Caravelle.

Benoît Rigaud ne cache pas que ces arrêts pourraient se pérenniser, expérience aidant : la desserte de la résidence pour personnes âgées semble rencontrer le succès, « et c’était dans nos projets de la desservir ». Toutefois des arrêts retrouveront ultérieurement leur place dans le centre de Neuville sans être des terminus.

L. R.

L’adjoint en appelle au civisme
des habitants

Maurice Lemasson, adjoint au maire en charge des travaux appelle les habitants à faire respecter leur environnement. « On vient à peine de refaire le devant de l’immeuble Balidar et déjà des quads roulent dessus. Nous avons également installé des luminaires au-dessus des commerces et nous avons déjà essuyé deux ou trois dégradations. Je demande plus de respect ! », lance-t-il. De même des enfants ont été surpris en train de casser les bords de murets sur lesquels des revêtements en imitation bambou ont été réalisés.

Accueil Recherche Titres de la Une archives98.htm archives99.htm archives2000.htm archives2001.htm archives2002.htm archives2003.htm archives2004.htm archives2005.htm archives2006.htm Archives2007.htm Archives2008.htm Archives 2009.htm