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Journal du 30 novembre 2007
Un nouvel écoutant à Pause
parents à Janval
Enfants : Que faire face
à l’invasion technologique ?
| Depuis quelques semaines Pause parents,
association issue du Foyer Duquesne et installée à Janval, fait
appel aux services d’un jeune psychologue, Tony Rivoire. Son premier
rôle est celui d’écoutant face à des parents désarmés devant
l’évolution de leur enfant. Un enfant qui fréquemment évolue en
parallèle dans son monde, bien souvent virtuel. A 24 ans, Tony Rivoire est psychologue de métier. Après sa formation à Amiens il a choisi de revenir sur ses terres natales et a été embauché au Centre médico-psychopédagogique de Dieppe à plein temps. Depuis quelques semaines il assure en plus cinq heures à Pause parents à Janval. « L’objectif de Pause parents est d’accueillir les parents en difficulté. Il n’y a aucun engagement, c’est juste un lieu de rencontre et d’échange », souligne l’écoutant. Un terme qu’affectionne Tony Rivoire qui met en effet en avant cette dimension d’écoute, « qui peut être anonyme, par téléphone ou sur place». La majeure partie des personnes qu’il reçoit sont des parents divorcés qui avouent leur désappointement devant une situation qui leur échappe complètement et qui ne savent pas quoi répondre aux demandes des ados. Jeux vidéo, téléphones portables, MP3… En règle générale, c’est un relâchement scolaire qui est le catalyseur de tout car c’est ce qui soudainement inquiète les parents « et c’est l’allumette qui déclenche tous les problèmes ». Le relâchement peut être issu de bien des facteurs mais Tony Rivoire ne cache pas sa stupéfaction devant l’ampleur du phénomène jeux vidéo : « La plupart du temps, lorsqu’un jeune se confie en disant que cela ne va pas il lance qu’on ne le laisse plus jouer à sa console ! On voit des enfants qui, dès le retour de l’école, se jettent dessus ». Il dit se retrouver face à des parents qui ont parfaitement conscience de l’ampleur de l’addiction « mais qui finissent par baisser les bras car cela crée de tels conflits qu’ils ne veulent pas se battre en permanence avec leurs enfants. Cela fait partie de notre culture désormais certes mais c’est impressionnant de voir à quelle vitesse les autres formes de culture sont en perte de vitesse », et de citer en premier lieu la lecture. Consoles, ordinateurs, Internet, téléphones portables, baladeurs numériques… L’évolution technologique est exponentielle, « en sixième quasiment tous les enfants ont un portable » et certains parents ont du mal à suivre. « Un jeune qui ne possède pas la dernière console, le dernier baladeur ou téléphone est vite traité de looser ! » Toute l’approche de Tony Rivoire consiste donc à recréer du dialogue, la clé de voûte de toute relation, quelle qu’elle soit : « En général cela marche et on arrive à l’élaboration d’un contrat… Si l’enfant remplit sa part du contrat alors, il pourra jouer, il n’y a pas de secret, il faut communiquer avec son enfant ». A condition toutefois de trouver le langage approprié pour être sur la même longueur d’onde. Savoir détecter un enfant qui va mal Alors, comment reconnaître un enfant qui va mal ? « Il y a tous ceux qui font des cauchemars ou qui dorment très mal, qui n’arrivent pas à s’endormir. Ceux qui se replient sur eux-mêmes, qui ne disent plus grand-chose ou, à l’inverse, qui sont insupportables. Tout cela montre qu’il se passe quelque chose et qu’il faut entamer le dialogue. Le problème ensuite c’est que bien des parents manquent de patience. Il faut pourtant plusieurs semaines voire plusieurs mois pour recréer du lien ». Tony Rivoire admet que le métier de parent est le plus difficile qui soit, « l’un des plus beaux qui soit aussi » et tous éprouvent un jour des difficultés, rien de plus normal. Parmi les sources de mal-être chez les enfants, les disputes entre compagnons arrivent en bonne position. Des conflits souvent très mal vécus et qui perturbent fortement les jeunes : « Ils sont souvent choqués d’entendre les mots qui peuvent être lancés entre leurs parents, ils sont entre deux feux et souvent pris à témoin ». Et chez les parents seuls, le grand ado est souvent une source de conflit parfois grave. « Lorsqu’un ado sort dans la rue le soir, à 15 ans, sans demander l’avis à sa mère qui vit seule, que doit-elle faire ? On trouve des ados qui sortent une bonne partie de la nuit, fument un joint… Ils ne connaissent plus d’autorité parentale ». En qualité d’écoutant, il se retrouve alors face à des parents qui signalent leur détresse, voire à des ados qui viennent le rencontrer spontanément et lui glissent qu’ils vont mal. Un conflit qui peut déboucher sur des violences verbales voire physiques « comme ce cas d’un ado qui mangeait son steck puis avalait celui de sa mère ». Mais dans tous les cas « il y a une solution ! » Laurent Rebours Pratique : |