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Journal du 13 novembre 2007
Les formations de gauche n’ont
plus qu’à se rencontrer
pour finaliser le projet
Sébastien Jumel prend la tête
| La gauche n’a pas d’autres solutions que
le rassemblement pour remporter les élections municipales à Dieppe.
Communistes, socialistes, Verts, et autres forces vives de gauche
sont prêts à se rencontrer pour évoquer le projet qui décidera de
l’avenir de la ville. Mais tous ne sont pas toujours sur la même
longueur d’onde si ce n’est pour sanctionner la droite. Samedi, les formations politiques de gauche dieppoises étaient au travail afin d’évoquer les élections municipales des 11 et 18 mars prochain et plus particulièrement le rassemblement des forces vives de gauche. Le collectif Dieppe A-Venir, dont Arnaud Coignet en est à la tête et qui vient d’être fraîchement et unanimement élu « premier des socialistes », a tenu une conférence de presse, en matinée, tout simplement pour rappeler que ce collectif travaille depuis trois ans à l’ébauche d’un projet municipal pour la ville de Dieppe. « Nous voulons rassembler le plus largement possible les personnes de gauche. Nous avons des socialistes bien sûr mais aussi des Verts, des gens de la société civile… Nous voulons faire un travail de qualité » dit-il, aux côtés de Sandrine Hurel, députée et conseillère générale de Dieppe-Est, et Thierry Levasseur, secrétaire de la section locale du PS de Dieppe. Le fruit des travaux réalisés depuis 2004 a été synthétisé dans un document de neuf pages dont aucun élément concret n’a été dévoilé si ce n’est qu’il présente les atouts dont bénéficie Dieppe et les grandes thématiques ainsi que l’état d’esprit dans lequel veulent travailler les socialistes. « Notre seul objectif est de battre la droite à Dieppe et changer la gestion menée par cette même droite depuis 7 ans, insiste Arnaud Coignet. Nous voulons travailler avec tout le monde : la Région, le Département, l’Agglo… » Fédérer toutes les forces de gauche Les socialistes veulent fédérer toutes les forces de gauche pour battre une droite sortante déjà bien affaiblie au regard des résultats des élections législatives dernières. Ils regrettent néanmoins la longueur d’avance prise par le candidat communiste Sébastien Jumel, vice-président du conseil général et conseiller général de Dieppe-Ouest puis qu’il « s’autoproclame » tête de liste d’un rassemblement de gauche. « Je suis légitimé par le suffrage universel » coupe court Sébastien Jumel à l’issue d’une journée de travaux avec une centaine de sympathisants, à l’école d’Arques-la-Bataille. Effectivement, est-il nécessaire de rappeler que la socialiste Sandrine Hurel doit en grande partie sa victoire au désistement de Sébastien Jumel ? Ce dernier réalisant, uniquement pour les bureaux dieppois, un score de 31 % contre 17 % pour Sandrine Hurel. La députée n’a, elle, personnellement, d’autre alternative que de s’engager aux côtés de Sébastien Jumel mais aussi jouer un rôle important pour la conforter dans son mandat de député. « Rendre Dieppe aux Dieppois » A l’heure actuelle, les membres du collectif Dieppe A-Venir, les sympathisants de Sébastien Jumel ne se sont rencontrés pour évoquer le projet municipal. Quelques accords ont été passés sur le plan national et fédéral. « Lors de notre rencontre avec la fédération départementale du Parti socialiste, explique Céline Brulin, secrétaire départementale du PCF, le Parti socialiste a acté que Sébastien Jumel est le plus apte à être rassembleur. Nos travaux avancent bien sûr pour construire un front contre la droite à Dieppe. Nous allons de nouveau rencontrer Christophe Bouillon (secrétaire départemental du PS – N.D.L.R.) en fin de mois pour examiner la situation ». Et Sébastien Jumel d’ajouter : « La priorité est d’abord de rassembler les habitants, le peuple de gauche. Aujourd’hui, nous affinons notre projet avec des militants communistes, des militants associatifs, des militants syndicalistes, mais aussi des citoyens de gauche qui sont prêts à riposter face à la droite. Ma première volonté est de rassembler avant d’engager des discussions avec des partis politiques ». Un appel solennel Sébastien Jumel l’assure : un appel solennel aux forces de gauche sera la prochaine étape. Les projets seront mis en commun avec les partenaires qui sont les socialistes et les Verts entre autres. Dans les tout prochains jours, une réunion de travail devrait être organisée. Néanmoins, du côté du collectif Dieppe A-Venir, les membres présents lors de la conférence de presse sont clairs : « Nous voulons être respectés politiquement et ne pas tomber dans les errements du passé. Nous avons vu que certaines méthodes ont été sanctionnées par les électeurs en 2001. Ce n’est pas une élection uninominale ». Plusieurs thématiques seront probablement abordées lors de cette rencontre entre Sébastien Jumel et ses sympathisants d’un côté et les membres du collectif Dieppe A-Venir de l’autre : vie sociale, économie, emploi, éducation et bien sûr la question de l’avenir du port de commerce puisque la Ville de Dieppe siège au sein du syndicat mixte du port de Dieppe. Un sujet sensible où il y a quelques points de divergence entre les socialistes et les communistes. Comment seront répartis les sièges de cette liste d’union de gauche ? Appliqueront-ils la règle du 50 – 50 ? Sortiront-ils leur calculatrice en s’appuyant sur les résultats des précédents scrutins ? Ou prendront-ils avant tout des femmes et hommes de gauche et avant tout compétents dans les missions qui leur seront confiées ? Aurélien Bénard Les brèves d’un samedi gauchiste • Les principaux axes : une centaine de sympathisants de gauche était réunie samedi toute la journée à l’école d’Arques-la-Bataille pour évoquer le projet municipal. Trois axes forts ont été retenus. Le premier consiste à placer la démocratie locale au centre du projet. Le deuxième axe montre la volonté de redonner « du sens, du dynamisme, du rayonnement à Dieppe en restructurant le pôle d’équilibre régional, par l’emploi, le logement, le développement routier et portuaire… » Enfin, le troisième axe est d’amener plus de solidarité à Dieppe, « les conditions de vie sont difficiles pour les Dieppois et notamment les salariés les plus modestes ». • Chacun chez soi : sans surprise, Sébastien Jumel, vice-président du Département et conseiller général sortant du canton de Dieppe-Ouest, est candidat à sa succession. Il devra faire face à un adversaire socialiste qui ne serait pas encore désigné. D’une source proche des socialistes, Eric Tavernier figurerait un favori et serait même soutenu en cas de primaire par la députée Sandrine Hurel. Toutefois la fonction ne déplairait pas non plus à Arnaud Coignet ou encore à Thierry Levasseur. • Guy Sénécal : lors de la réunion de travail des sympathisants de Sébastien Jumel à Arques, il a aussi été évoqué les enjeux électoraux dans les communes de l’Agglo. Guy Sénécal semble prêt à briguer un nouveau mandat à la mairie d’Arques et a de fortes chances d’être le candidat des communistes sur le canton d’Offranville. • Adversaires : « Je n’ai pas d’ennemis mais des adversaires ». Sébastien Jumel qui incarne une nouvelle génération en matière de politique se veut respectueux de ceux qu’il aura face à lui lors des prochains scrutins. Ce qui ne l’a pas empêché d’envoyer une pique envers l’UMP Jean Bazin et le centriste Patrick Hoornaert : « Jean Bazin et Patrick Hoornaert ont commencé à entrer en campagne électorale à vélo. C’est vraiment secondaire mais en choisissant le vélo, ils ne font que suivre le conseil de Christine Lagarde (ministre – N.D.L.R.). C’est vraiment caricatural ! ». Et de poursuivre : « La droite est responsable du déménagement des services publics, de la casse industrielle, de la casse du système de santé… Les responsables locaux de droite ont aussi leur responsabilité. On ne peut pas décider à Paris de réduire les moyens de l’Education nationale et faire semblant de compassion quand ça touche notre territoire. Voter à gauche sera aussi le moyen de sanctionner cette droite ». • Invitations : On s’étonne au Parti socialiste que seulement quelques adhérents soient invités à la réunion de travail de Sébastien Jumel et ses sympathisants. Samedi matin, seuls Sandrine Hurel et Eric Tavernier ont été invités. Les autres se sont quelque peu étonnés de ne pas y être conviés et ont trouvé indécente cette pratique. Toutefois des socialistes invités ont fait le déplacement comme le candidat de 2002, Gérard Pestrineau. « J’ai invité Sandrine Hurel parce que c’est la députée et Eric Tavernier parce qu’il est président d’association. Gérard Pestrineau a lui aussi été invité car c’est quelqu’un de très impliqué, je pense notamment à ses fonctions de chef d’établissement reconnu. Des gens étaient invités, pas de partis politiques ». |