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Journal du 30 novembre 2007

Après près de quatre décennies de vie publique et politique
Sagement, Jean Dasnias
a décidé de tourner la page

Il est bon de savoir arrêter avant de franchir une étape de trop. Jean Dasnias, à quelques jours de son anniversaire, le 78e, annonce qu’il met fin à sa carrière politique. Maire d’Offranville, conseiller général, président de l’Agglo, il stoppe tout « alors que j’avais envie de continuer ! »

« C’est un grand moment pour moi et j’ai tenu à le faire ici, dans cette mairie d’Offranville où tout à commencé ».

Né le 17 décembre 1929, c’est donc à quelques jours de son soixante dix-huitième anniversaire que Jean Dasnias a voulu annoncer officiellement qu’il mettait un terme à sa vie publique et politique, « mais j’assure évidemment mes mandats jusqu’à leur terme, simplement je n’en briguerai pas de nouveaux».

Cette annonce est un mini coup de tonnerre dans le paysage politique local tant Jean Dasnias y est présent depuis longtemps et à bien des postes.

Pour ce natif du Limousin qui a embrassé la vocation d’enseignant en devenant professeur de lettres puis proviseur du lycée Jean-Rostand d’Offranville à partir de 1964, son parcours politique a débuté en 1971.

« En fait, tout cela s’est fait grâce au basket ! » ironise-t-il car, du haut de son mètre quatre-vingts il comptait alors parmi les grandes tailles de l’équipe de l’époque. Et en jouant avec les Offranvillais il a fait connaissance avec Jacques Bauder avec lequel il a fait un sacré bout de chemin.

Trente-sept années comme premier magistrat d’Offranville sans interruption, vingt-six années en qualité de conseiller général du canton d’Offranville sans interruption, six années à la tête de Dieppe-Maritime… sans parler de ses multiples casquettes de président de syndicats ou de la Mission locale pour l’emploi… Un parcours impressionnant auquel il ne sera certainement pas aisé de renoncer mais Jean Dasnias dit avoir « longuement pesé le pour et le contre. C’est une décision qui n’a pas été du tout facile à prendre après près de quatre décennies d’engagement » et alors que bien d’autres auraient relancé la machine.

Le poids des ans, de la sagesse, aidant, le maire d’Offranville – au physique trompeur il est vrai sur son âge – Jean Dasnias se tourne désormais vers d’autres cieux, « ma troisième vie ».

Une vie tout aussi riche pour cet homme passionné de poésie qui avoue toujours apprendre des vers et en connaître quelque trois mille sans parler des langues étrangères qu’il pratique. Et qui, physiquement, aime s’entretenir au quotidien, « par une demi-heure de gymnastique » et, lorsqu’il le peut, par la pratique du tennis ou du basket.

Sur son bilan communal, il aime à penser « avoir plutôt réussi la transformation d’Offranville. La bourgade de ses débuts qui plafonnait aux alentours de 2 000 habitants est en effet devenue une petite ville de plus de 3 000 âmes. Avec une équipe soudée nous avons su faire évoluer Offranville qui est devenue agréable à vivre, bien équipée… mais qui a su rester à un niveau humain ».

Une dimension qu’il affectionne tout particulièrement. L’humain a toujours été au cœur de ses préoccupations admet-il, « car la mission est prégnante, dense, lourde parfois, exaltante souvent… mais dans les deux assemblées que j’ai présidées j’ai toujours voulu défendre la tolérance et l’ouverture ».

L’Agglo, créée ex-nihilo, est l’une de ses grandes fiertés, « c’est une structure nouvelle créée de toutes pièces, qui, à mes yeux, est la structure d’avenir qui sera au premier plan car elle apprend aux différentes communes à vivre ensemble et non plus à tout faire séparément ».

L’après Jean Dasnias ? Ce dernier appelle de ses vœux une continuité dans sa démarche d’ouverture mais se refuse à désigner un quelconque « dauphin », tant pour la commune que pour l’Agglo : « Je suis un franc républicain et un franc démocrate, ce n’est pas à moi de désigner un quelconque dauphin, je ne m’appelle pas François III ! »

A l’échelle de sa commune il admet toutefois que, dans son équipe actuelle, « il y a ce qu’il faut pour désigner quelqu’un à la tête de la mairie…»

Quant à Dieppe-Maritime, la démission du maire de Dieppe, Edouard Leveau, il y a quelques mois, le fait plutôt sourire. « Franchement… En tout cas je n’ai jamais souhaité qu’il quitte l’Agglo, c’est dommage. Il ne se dit pas partisan obligatoirement du fait que le maire de la ville phare soit président de la structure intercommunale, mais tout dépend évidemment de l’approche du maire de Dieppe et de sa conception de la vie politique et de la démocratie locale ».

Et après… Jean Dasnias va profiter de sa famille, et « cultiver son jardin », son jardin personnel. On peut gager qu’il a déjà bien des idées.

 Laurent Rebours

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