Archives


Journal du 20 novembre 2007

Syndicat mixte du port de Dieppe
Cinq ans pour remettre
le port au premier plan

Le Syndicat mixte du port de Dieppe a adopté son programme pluriannuel jusqu’à 2013 qui définit l’affectation des quelque 30 M d'euros destinés à relancer la machine portuaire. Parmi les plats de résistance : le nouveau pont Colbert, une nouvelle passerelle du transmanche ou l’acquisition d’une nouvelle grue.

Le Syndicat mixte investit à Dieppe et entend le faire savoir. Appliquant le principe selon lequel on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il vient de « hisser la grande toile » et de s’offrir sa vitrine sous la forme d’un tout nouveau site Internet ( www.portdedieppe.fr ), « qui a pour objectif de nous faire connaître au mieux et beaucoup plus loin » explique son président, Alain Le Vern.

Dans son escarcelle, le Syndicat mixte amène quelque 30 M d'euros qui doivent être injectés dans les cinq années qui restent avec, dans les (très) gros postes : un nouveau pont Colbert, une passerelle « RoRo » pour le transmanche ou encore l’acquisition d’une grue mobile. Rien que pour ces trois dossiers l’addition avoisine les 14 M d'euros. Cette année va être marquée d’ici quelques jours par la mise en place de la nouvelle écluse et le lancement de son chantier spectaculaire qui va se traduire par le vidage du bassin Duquesne.

Sur ces 30 M d'euros, la Région se taille la part du lion avec près de 19 %. Mais Jean Dasnias, président de Dieppe-Maritime, en profite pour interpeller Alain Le Vern sur les 6,12 % apportés par les « autres investisseurs », « parmi lesquels on trouve l’Agglo pour une part non négligeable, ce serait bien de ventiler davantage ». Dont acte pour le président qui affinera la copie au prochain épisode.

Gare à l’actuelle révision du PLU

Marie-Catherine Gaillard souhaite pour sa part attirer l’attention du président pour sa part « sur l’actuelle révision du Plan local d’urbanisme par la ville de Dieppe et on peut se rendre compte que bien des choix immobiliers portent sur la zone portuaire, le Syndicat mixte devra être vigilant ». Là encore Alain Le Vern l’assure de son soutien, « on voit bien que l’espace portuaire, à travers ses terre-pleins notamment, représente un espace attirant que nous devons conserver ».

Occasion pour Jean Dasnias de glisser une mise en garde : « Il serait mauvais, et ce serait même un contresens, de se priver du port de commerce qui représente une partie de notre histoire et notre avenir ».

Alain Le Vern dont les oreilles ont déjà été bien chatouillées depuis des semaines sur cette thématique, reste diplomate mais met tout de même en avant le trafic de pneus à destination du Maroc pour signaler qu’il s’active pour faire revivre le port. Il ne peut s’empêcher quand même de faire remarquer « qu’il faut quand même être un peu plus imperméable que ça aux on-dit… Nous ne sommes pas des diseux mais des faiseux ! »

Et à propos de faiseux, c’est cette fois Maurice Lemasson qui monte au créneau avec l’un de ses thèmes de prédilection : « J’ai suivi avec attention le chargement du bateau de pneus concassés… Un bien beau bateau ma foi, un vraquier, et le grutier était assurément quelqu’un d’expérimenté car il n’a pas chômé durant vingt heures, sans panne ! »

Alain Le Vern voit dans ces investissements et ces trafics qui pointent leur nez « un grand moment pour le port de Dieppe », « Que nous saluons, nous, Dieppois » ajoute Jean Dasnias. Une petite pointe qui titille le président qui rappelle que sa volonté est de faire de Dieppe un port régional de premier plan.

Un « monstre » dans le port ?

Dans les investissements déjà lancés pour les mois à venir porte l’acquisition d’une nouvelle grue pour environ 2,4 M d'euros. « Elle sera disponible sur le port avant le printemps et a été testée par les grutiers à Dunkerque » précise Alain Le Vern. L’engin, qui pèse trente-sept tonnes à trente mètres de hauteur, mobile, doit permettre de bénéficier d’un équipement performant.

Maurice Lemasson ne lâche pas prise, pour lui cette grue est tout simplement « un monstre ! Vous comptez faire quoi, exactement avec ça ? » « Accélérer la cadence » précise le président sans convaincre Maurice Lemasson plus que dubitatif sur la résistance des quais d’une part, sur son usage d’autre part. « Personnellement j’aurais préféré plutôt deux grues de 24 tonnes, cela aurait été plus judicieux, mais je vous souhaite de réussir ».

Laurent Rebours

Archives 2007 Recherche Accueil