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Journal du 14 avril 2006

L’historien Bruno Garraud échaufaude
un roman autour d’une fausse légende
Le trésor mystérieux
de la valleuse de Belleville…

Le trésor du val au Prêtre, la valleuse qui descend vers la Manche entre Belleville-sur-Mer et Berneval-le-Grand, a-t-il existé ? Non ! Féru d’histoire, publie un roman qui invente une chasse autour de ce trésor mystérieux.

Aujourd’hui encore, les rumeurs courent la campagne. Dans les cercles fermés des chasseurs de trésors, il se dit que le val au Prêtre abrite un mystérieux pactole. Nul ne l’a jamais trouvé. Pour d’autres, il se murmure que M.B., ferrailleur dieppois au début des années 1960, avant d’entamer une brillante ascension sociale qui l’amena dans le petit noyau des décideurs économiques de la région dieppoise, aurait trouvé par hasard, aux alentours de 1964, une grosse quantité d’or dans les remblais de la zone industrielle en construction. Est-ce le même or que celui du val au Prêtre amené là par les hasards des besoins d’un chantier ? Seul un des ces promeneurs assidus qui arpentent le val au Prêtre régulièrement avec un détecteur de métaux ou un archéologue qui fouillerait d’ici quelques siècles la zone industrielle de Dieppe pourraient nous fournir la réponse »…

Ainsi s’achève le premier roman de Bruno Garraud, médecin tréportais né à Dieppe, fils du conseiller général Jean Garraud, frère de l’avocat François Garraud et élu de Blangy-sur-Bresle. Ce féru d’histoire - et d’histoire locale en particulier - vient en effet de publier chez Privat « Croix de bois, croix de fer, si je mens… », une pure fiction qui se déroule dans le milieu des combattants de 1917 qui retourneront au front un certain… 19 août 1942 où s’achève l’histoire.

Pour nous, c’est là que commence le mystère. Ainsi donc, une légende courrait sur le val au Prêtre, cette valleuse qui descend vers la Manche entre Belleville-sur-Mer et Berneval-le-Grand ? A part un coteau usé par les pneus des motos de cross qui le rabottent, nous n’avons pas trouvé d’arbres marqués des lettres Y, M, C et A. Encore moins de trésor… En fait, Bruno Garraud a tout inventé de A à Z… Dommage !

« L’or ! L’or ! Si près, au val au Prêtre »

Car dans la fiction de Garraud, c’est là que deux soldats, le Français Dupré et le Canadien Lufbery, cachèrent, le 25 août 1917, un magot repris à des Allemands faits prisonniers en mission ultra-secrète. Ils devaient convoyer un magot. « L’or provenait du pillage d’Amiens. Le 31 août 1914, les troupes allemandes, talonnant les Français qui se retiraient, occupèrent la ville. Elles s’emparèrent de fourgons d’intendance contenant des lingots d’or. le pillage des banques et des maisons particulières arrondit le trésor de guerre ».

Mais la mission allemande est faite prisonnière par les Anglais. Le Canadien est mis dans la confidence de l’or, et avec le Français, il va le cacher à Belleville. « Ils traversèrent Berneval où de petites chaumières se dressaient autour d’une mare, et poursuivirent par la route littorale. Au bout d’un kilomètre, Dupré désigna une valleuse qui descendait vers la mer. Un petit chemin se perdait dans le feuillage d’arbres qui poussaient dans le fond de la valleuse, à l’abri du vent si fréquent dans la région. Le Canadien escalada un talus en s’accrochant à l’herbe (...) L’endroit lui convenait. Il rejoignit Dupré, prit deux pelles et deux pioches à l’arrière du camion et entraîna son complice.»

« - Nous allons creuser auprès de ces quatre petits arbres (...) Une fois le trou creusé, une heure fut nécessaire pour ramener les caisses jusqu’à la cachette. Ils recouvrirent l’emplacement avec des mottes de terre et quelques branchages. Le Canadien sortit son couteau et grava une lettre dans l’écorce de chacun des quatre arbres : Y, M, C, A.

La suite de l’histoire, et les pérégrinations des soldats anglais, français, canadiens et allemands qui connaissent l’existence de cet or, se passent à Dieppe, Biville, Criel, Le Tréport, le bagne de Cayenne en Guyane, l’Amérique du Sud et de nouveau Dieppe et son « bagne », la prison du Pollet. Pour s’achever un certain
19 août 1942, lors du débarquement anglo-canadien où décède sur la plage de Dieppe le dernier aventurier dans la confidence, un certain Dempsey. Qui dans un dernier souffle murmure à sœur Marie-Dominique : « L’or ! L’or ! Si près… Au val au Prêtre. - Que dites-vous, mon fils ? Vous voulez un prêtre ? »

O.B.

Bruno Garraud, « Croix de bois, croix de fer, si je mens… », aux éditions Privat, 19 euros. Sortie prévue ce 14 avril.

Le 19-Août-1942 vu par le romancier

Morceaux choisis de la fin du roman qui se déroule sur les plages du raid anglo-canadien du 19-Août-1942 :

- « Enfin, après des mois d’attente, d’entraînement, d’espoirs déçus, les hommes allaient s’élancer de Portsmouth vers Dieppe ce 18 août 1942 ».

- « Alors que son landing-craft dépassait la jetée du port de Southampton, cap sur Puys, à trois kilomètres à l’est de Dieppe (...) Il se murmura alors que l’on allait débarquer à Dieppe. Dieppe ! Depuis longtemps déjà, ce nom était gravé dans sa mémoire comme un Eden inaccessible où, un jour peut-être, il irait chercher l’or que son père n’avait pu aller prendre avant sa mort ».

- « Le 19 août 1942, à 4 h 45, le premier landing-craft accosta dans l’obscurité sur Yellow Beach n° 2, nom de code de la plage de Belleville-sur-Mer (...) Le gros du commando n° 3 débarquait à Berneval (...) A 7 h 45, à court de munitions, le commando se replia. Un homme descendit en avant-garde à la plage pour avertir le landing-craft par un tir de fusée. Les autres dégringolèrent ensuite vers la mer par le val au Prêtre ».

- « Jack Lufbery était mort, comme deux cent six autres hommes de son régiment, étalés sur les galets de Puys ou entassés sur un mètre de hauteur au pied du mur infranchissable. Dans l’aube naissante, la première vague d’assaut fonçait droit sur Dieppe. L’Essex Scottish débarquerait à 5 h 20 sur la partie est de la plage baptisée « Red Beach ». Dempsey, lui, serait à l’ouest, sur White Beach, avec le Royal Hamilton Light Infantry (...) Le régiment était cloué par la puissance de feu des Allemands retranchés dans les maisons du front de mer et dans le casino fortifié ».

- « A 11 heures, l’ordre de rembarquement grésilla dans les radios »…

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