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Journal du 24 novembre 2006

Implantation d’un parc éolien de 156 machines
au large de Criel-sur-Mer
Le projet des Deux Côtes
entre les mains du préfet maritime

La semaine dernière, le dossier d’implantation du gigantesque parc de 156 machines entre Criel-sur-Mer et Cayeux, était examiné une première fois par le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord.

Premier test administratif pour le titanesque projet des Deux Côtes. Le dossier d’implantation de 156 éoliennes à 14 kilomètres au large de Criel-sur-Mer était la semaine dernière entre les mains du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord de Cherbourg. Le contre-amiral Philippe Périssé devait donner son feu vert à une demande de concession d’occupation du domaine public maritime sur la zone sélectionnée. Une première étape, permettant à la Compagnie du Vent, maître d’œuvre du projet, de réserver l’espace nécessaire au chantier avant une éventuelle demande de permis de construire fin 2007 pour ce qui serait l’un des plus imposants parcs éoliens d’Europe.

« Nous attendions déjà la décision vendredi dernier, expliquait mardi Isabelle Giudicielli de la Compagnie du Vent. A l’heure actuelle nous ne sommes sûrs de rien, cette décision sera la première étape d’une longue procédure qui nous permettrait d’envisager une possible mise en service du site d’ici à 2012. »

2000 emplois, 70 % des objectifs français

Avec 702 mégawatts de puissance, soit la consommation de près de 860 000 personnes (données fournies par la Compagnie du Vent), les « Deux Côtes » deviendrait le premier parc éolien français, couvrant ainsi près de 70 % des objectifs de développement de l’éolien maritime hexagonal.

Autre argument de poids, l’emploi ! Dans une région durement touchée par le chômage, la Compagnie du Vent met dans la balance les 2 000 emplois qui pourraient être générés par le projet durant les trois années de construction du parc, puis les cinquante emplois pérennisés une fois la mise en service du parc effectuée. Des équipes techniques responsables de l’exploitation et de la maintenance qui seraient réparties sur une dizaine de bateaux. La Compagnie du Vent affirme vouloir se tourner vers les marins de la région pour encadrer et constituer ces équipes.

Cerise sur le gâteau, une taxe de 8,5 millions d’euros à se partager chaque année entre les différentes collectivités territoriales et un fonds départemental pour les activités maritimes de pêche et de plaisance. Selon la Compagnie du Vent, près de 4,25 millions d’euros, sur les 8,5 millions de la taxe, pourraient revenir aux comités locaux de pêche. Un dernier élément qui aura son importance au moment de l’examen du dossier.

Un colloque éolien mouvementé

Lors du colloque national éolien d’Amiens, les représentants de la Compagnie du Vent se sont retrouvés face à quelques pêcheurs venus protester contre l’implantation des machines. Ces derniers dénoncent une réduction de leur zone de pêche et un possible impact écologique sur la zone.

Construit sur près de 73 km2, le futur parc devrait en effet occuper un peu moins de 5 % de la zone de pêche du Tréport, réduisant d’autant le champ d’action de pêcheurs déjà lourdement touchés par la hausse du prix du gasoil et la diminution des ressources. Les promoteurs du projet proposent en échange d’installer des récifs artificiels entre les éoliennes, ce qui permettrait de favoriser la reconstitution de la ressource halieutique.

« Cela me rappelle il y a trois ans, lorsque nous annoncions l’implantation d’éoliennes dans les bocages normands, réagissait par téléphone, Jean-Mathieu Kolb, le chef du projet. Les paysans accusaient les éoliennes de faire tourner le lait et d’être la cause d’avortement chez les vaches. Que ce soit de la part des pêcheurs ou des acteurs locaux, il y a une demande d’information. Nous avons aujourd’hui des contacts sérieux pour des rencontres avec les responsables des comités régionaux des pêches, au début de l’année prochaine. Nous souhaitons juste exposer notre projet. »

Jérôme Lasselin

Calendrier du projet

Avec une mise en service prévue pour 2012 et un début des travaux espéré en 2010, le projet des Deux Côtes a encore un long chemin à faire sur les bureaux de l’administration. Si une réponse favorable est donnée à la demande de concession d’occupation du domaine public maritime, la Compagnie du Vent pourrait déposer une demande de permis de construire vers la fin de l’année 2007. C’est durant cette période que seront examinés les critères de sécurité, de préservation de l’environnement et de viabilité économique du projet.

D’ici là, des réunions de concertation sont prévues avec les différents acteurs locaux et partenaires du projet. Une prochaine entrevue devrait avoir lieu début 2007. La Compagnie du Vent, vu l’ampleur du projet, envisage de s’associer avec un second groupe français pour assurer le financement du parc.

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