Journal du 24 janvier 2006

Humann and Taconet veut relancer l'activité du port
Un opérateur havrais prêt à développer
ses activités sur Dieppe

Depuis un an l’opérateur Humann and Taconet, déjà basé dans quatorze ports français, étudie la possibilité de développer ses activités sur Dieppe. Le départ de Sea Invest et Léon Vincent devrait accélérer ce dossier. Un espoir pour Dieppe.

Il en discutait avec la chambre de commerce et d’industrie de Dieppe depuis un an. Mais le départ programmé de Léon Vincent et Sea Invest devrait accélérer son projet. L’opérateur havrais et rouennais Humann and Taconet envisage très sérieusement de développer son activité sur le port de Dieppe ces prochaines semaines. Cet agent maritime est déjà basé dans quatorze ports français avec des agences plus ou moins importantes. Dieppe fait déjà partie de ses bureaux. Mais ces derniers temps, une seule personne y travaillait.

« Nous gérons chaque année 2600 bateaux sur la France entre Dunkerque et Monaco », explique Jacques Thyébaut, en charge du développement des affaires nouvelles chez Humann and Taconet. « Et nous envisageons sérieusement de développer notre activité à Dieppe pour traiter dans un premier temps les bateaux d’agrumes marocains », poursuit-il.

Bateau dérouté

L’agent maritime était même prêt à assurer l’escale d’un navire qui était annoncée pour ce début de semaine. Seulement celui-ci a été dérouté vers Rotterdam. Car vu la situation compliquée du port dieppois et de fausses informations qui circuleraient annonçant que le port est fermé, les Marocains n’avaient plus assez de garanties pour leur marchandises. « Pourtant nous étions prêts. J’avais déjà réussi à trouver tout le matériel nécessaire pour le déchargement : les transpalettes et chariots élévateurs qu’il fallait devaient nous être livrés ce matin (Ndlr : lundi matin) », souligne Jacques Thyébaut.

Réunion au Maroc

La société havraise a visiblement bon espoir pour son activité dieppoise, à une condition : que « l’actuel opérateur dieppois, (Ndlr : en d’autres termes Sea Invest) ne poursuive pas sa politique de terre brûlée. » « Nous avons une réunion prévue au Maroc pour donner à nos clients des informations sécurisantes », explique-t-il. Redonner confiance aux Marocains sera donc le premier objectif de l’agent maritime. Puis il souhaite développer d’autres trafics. Et espère même récupérer le marché des bananes et ananas de la Côte d’Ivoire. « D’après moi c’est sauvable », estime Jacques Thyébaut, qui a travaillé dans ce pays. Sur son site Internet, Humann and Taconet met en avant son expérience dans le « transport maritime et de manutention d’une large variété de marchandises : vracs liquides et gaz (produits pétrochimiques, huiles, engrais...) vracs solides (produits agricoles, charbon, ciment...) et conventionnels (projets industriels...) » Il ne semble pas exclut pour la société de développer d’autres trafics que celui des fruits sur Dieppe.

En termes de moyens et de personnel, Jacques Thyébaut assure également avoir la possibilité d’une montée en puissance selon le développement de l’agence.

Bref un bel espoir pour Dieppe. En espérant qu’il ne soit pas une nouvelle fois déçu...

Véronique Weber

Rencontre avec les dockers

Jeudi, le tribunal de commerce de Dieppe a prononcé la liquidation judiciaire avec poursuite d’activité jusqu’au 31 janvier de la société Dieppe Manutention. C’est donc entre espoir et amertume que se sont retrouvés vendredi matin les représentants des dockers dieppois à la chambre de commerce et d’industrie de Dieppe. Celle-ci les avait conviés à venir rencontrer les responsables havrais d’Humann and Taconet.

Ces derniers souhaitaient avoir leur sentiment, savoir s’ils seraient prêts à travailler avec eux si le trafic fruitier reprenait. « Mais ils n’ont rien à nous proposer pour le moment », explique Sylvain Varnier, représentant des dockers.


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