| Depuis un an lopérateur Humann
and Taconet, déjà basé dans quatorze ports français, étudie la possibilité de
développer ses activités sur Dieppe. Le départ de Sea Invest et Léon Vincent devrait
accélérer ce dossier. Un espoir pour Dieppe. Il en discutait
avec la chambre de commerce et dindustrie de Dieppe depuis un an. Mais le départ
programmé de Léon Vincent et Sea Invest devrait accélérer son projet.
Lopérateur havrais et rouennais Humann and Taconet envisage très sérieusement de
développer son activité sur le port de Dieppe ces prochaines semaines. Cet agent
maritime est déjà basé dans quatorze ports français avec des agences plus ou moins
importantes. Dieppe fait déjà partie de ses bureaux. Mais ces derniers temps, une seule
personne y travaillait.
« Nous gérons chaque année 2600 bateaux sur la France entre Dunkerque et
Monaco », explique Jacques Thyébaut, en charge du développement des affaires nouvelles
chez Humann and Taconet. « Et nous envisageons sérieusement de développer notre
activité à Dieppe pour traiter dans un premier temps les bateaux dagrumes
marocains », poursuit-il.
Bateau dérouté
Lagent maritime était même prêt à assurer
lescale dun navire qui était annoncée pour ce début de semaine. Seulement
celui-ci a été dérouté vers Rotterdam. Car vu la situation compliquée du port
dieppois et de fausses informations qui circuleraient annonçant que le port est fermé,
les Marocains navaient plus assez de garanties pour leur marchandises. « Pourtant
nous étions prêts. Javais déjà réussi à trouver tout le matériel nécessaire
pour le déchargement : les transpalettes et chariots élévateurs quil fallait
devaient nous être livrés ce matin (Ndlr : lundi matin) », souligne Jacques Thyébaut.
Réunion au Maroc
La société havraise a visiblement bon espoir pour son
activité dieppoise, à une condition : que « lactuel opérateur dieppois, (Ndlr :
en dautres termes Sea Invest) ne poursuive pas sa politique de terre brûlée. » «
Nous avons une réunion prévue au Maroc pour donner à nos clients des informations
sécurisantes », explique-t-il. Redonner confiance aux Marocains sera donc le premier
objectif de lagent maritime. Puis il souhaite développer dautres trafics. Et
espère même récupérer le marché des bananes et ananas de la Côte dIvoire. «
Daprès moi cest sauvable », estime Jacques Thyébaut, qui a travaillé dans
ce pays. Sur son site Internet, Humann and Taconet met en avant son expérience dans le «
transport maritime et de manutention dune large variété de marchandises : vracs
liquides et gaz (produits pétrochimiques, huiles, engrais...) vracs solides (produits
agricoles, charbon, ciment...) et conventionnels (projets industriels...) » Il ne semble
pas exclut pour la société de développer dautres trafics que celui des fruits sur
Dieppe.
En termes de moyens et de personnel, Jacques Thyébaut assure également avoir
la possibilité dune montée en puissance selon le développement de lagence.
Bref un bel espoir pour Dieppe. En espérant quil ne soit pas une nouvelle
fois déçu...
Véronique Weber
Rencontre avec les dockers
Jeudi, le tribunal de commerce de Dieppe a prononcé la
liquidation judiciaire avec poursuite dactivité jusquau 31 janvier de la
société Dieppe Manutention. Cest donc entre espoir et amertume que se sont
retrouvés vendredi matin les représentants des dockers dieppois à la chambre de
commerce et dindustrie de Dieppe. Celle-ci les avait conviés à venir rencontrer
les responsables havrais dHumann and Taconet.
Ces derniers souhaitaient avoir leur sentiment, savoir sils seraient
prêts à travailler avec eux si le trafic fruitier reprenait. « Mais ils nont rien
à nous proposer pour le moment », explique Sylvain Varnier, représentant des dockers. |