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Journal du 26 décembre 2006

De plus en plus de dossiers déposés en Préfecture
Eoliennes, tous les projets
sur la région dieppoise et la Seine-Maritime

En Seine-Maritime, actuellement trente-deux propositions de promoteurs sont entre les mains des services de l’Etat pour étude. Un chiffre qui ne cesse de croître. Si plusieurs d’entre elles ne verront sans doute jamais le jour, reste que les compagnies éoliennes se révèlent toujours aussi intéressées par la région dieppoise.

Dans les prochaines années elles vont pousser comme des champignons. Si le chiffre des 200 éoliennes espéré d’ici à 2010 en Haute-Normandie ne semble pas près d’être atteint, les projets fleurissent dans les cartons des promoteurs. En Seine-Maritime, douze parcs éoliens ont déjà été autorisés par la préfecture, dont deux dernièrement au Bourg-Dun et à Saint-Pierre-Bénouville. Le plus gros parc prévu rassemblera quatorze éoliennes à Smermesnil pour une puissance totale de 38 MW. Trente-deux projets ont pour l’instant été déposés et seront étudiés dans les semaines et les mois à venir. Une dizaine d’autres comme celui de Gueures sont déjà en cours d’instruction.

Le sous-préfet de Dieppe, Henri Duhaldeborde, est celui par qui transitent tous les dossiers avant d’être soumis à l’accord du préfet de Seine-Maritime. Une fois par mois, il anime le comité éolien chargé d’examiner chaque projet. « Le travail se fait en concertation avec tous les services concernés. Les commissaires enquêteurs qui remontent les doléances des habitants jouent un rôle essentiel. » Henri Duhaldeborde assure se rendre à chaque fois sur place pour entendre les différents partenaires : « Dans le choix final je prends seul la décision sans l’influence de qui que ce soit. Mais, je consulte un maximum de personnes au préalable. »

Tout vice dans l’instruction peut annuler la procédure. Il y a deux ans, un projet de six éoliennes présenté par la Compagnie du Vent, la même société que pour les éoliennes offshore du Tréport, a été refusé par le préfet. Contestée par la Compagnie du Vent, la décision du préfet a ensuite été cassée par le tribunal administratif. Un parc éolien qui était enterré il y a deux ans refait donc aujourd’hui surface. La Compagnie du Vent va bientôt présenter un deuxième projet qui devrait être sensiblement le même pour faciliter et accélérer la procédure d’instruction.

« Les propositions que nous envoyons à la préfecture doivent être ficelées au mieux car il ne sert à rien de présenter un dossier qui sera ensuite cassé par le tribunal administratif. »

Jérôme Lasselin

Projets accordés sur la Seine-Maritime :

Criel-sur-Mer : 6 éoliennes ; Veulettes-sur-Mer : 4 éoliennes ; Gouchaupré : 4 éoliennes ; Tourville-la-Chapelle : 4 éoliennes ; Assigny : 6 éoliennes ; Brachy : 5 éoliennes ; Fécamp : 5 éoliennes ; Smermesnil : 14 éoliennes ; La Gaillarde : 5 éoliennes ; Le Ronchois : 11 éoliennes ; Notre-Dame-de-Bondeville : 4 éoliennes ; Saint-Pierre-Benouville : 5 éoliennes.

Eoliennes du Tréport
Le gigantesque parc éolien
des Deux Côtes est refusé

La décision a été communiquée en début de semaine dernière. La préfecture de Seine-Maritime, suite à l’avis rendu par le préfet maritime, refuse de donner suite au titanesque projet offshore du parc éolien dit des Deux Côtes. Le contre-amiral Philippe Périssé, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, a invoqué un problème lié à l’enfouissement des mines utilisées pendant les deux dernières guerres à l’endroit où doivent s’élever les 156 éoliennes. Le terrain serait miné.

Le préfet de Seine-Maritime responsable du dossier se conformant à l’avis rendu a donc refusé de poursuivre l’instruction du dossier. Ce projet prévoyait l’installation de 156 machines à quatorze kilomètres au large de la Côte d’Albâtre entre Criel-sur-Mer et Cayeux (voir notre édition du 24 novembre 2006). La Compagnie du Vent, porteuse du projet, avait déposé une demande d’occupation du domaine public maritime. Les responsables du dossier s’étonnent de cette décision concernant une zone pêchée quotidiennement par les chalutiers. La compagnie explique que la présence de mines n’est pas un obstacle rédhibitoire et qu’un déminage éventuel serait possible. La compagnie va user du délai de recours qui lui est accordé pour présenter de nouvelles propositions au préfet.

Protestation des pêcheurs

L’annonce de la possible implantation de ces éoliennes avait causé une forte mobilisation des pêcheurs tréportais contre le projet : ils s’opposaient à une nouvelle amputation de leur zone de pêche, le parc devant être implanté sur près de 73 km2, ainsi que de possibles perturbations pour les espèces marines vivant sur le site.

De son côté, la Compagnie du Vent avançait la création de près de deux mille emplois durant les trois années de construction, d’une cinquantaine d’emplois directs et deux cents emplois indirects engendrés par l’exploitation du parc. Elle proposait également la mise en place d’un récif artificiel et le versement de taxes au comité de pêche local d’environ 4,25 millions d’euros.

Ce parc éolien aurait permis d’alimenter 860 000 personnes en électricité chaque année dès la mise en service des 156 éoliennes ; les premiers tours de pales étaient envisagés à l’horizon 2012.

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