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Journal du 28 novembre 2006

Au Zénith de Rouen jeudi soir
Le Dieppois Romain Dudek partage la scène
avec Césaria Evora

Le chanteur dieppois Romain Dudek sera en concert ce jeudi soir au Zénith de Rouen. Remarqué sur cette même scène par un professionnel en octobre dernier, il assurera la première partie de la grande chanteuse capverdienne Césaria Evora.

Lorsqu’on m’a demandé si ça me dirait de faire la première partie de Césaria Evora, j’ai trouvé ça drôle, comme si je pouvais refuser ! ». Son éternelle casquette vissée à l’envers sur la tête, Romain Dudek sourit. Comme s’il avait encore du mal à y croire. Jeudi soir 30 novembre, il partagera la scène du Zénith de Rouen avec la chanteuse capverdienne Césaria Evora. Lui, le chanteur dieppois, va assurer la première partie du concert. Quarante minutes de pur bonheur devant plusieurs milliers de spectateurs ! Le coup de fil de l’organisateur de l’événement est tombé fin octobre. « Il m’avait vu chanter une dizaine de jours plus tôt à l’occasion de l’anniversaire de France Bleu au Zénith », raconte Romain Dudek.

C’était le 12 octobre dernier. Ce soir-là aux cotés de Garou, de Laâm et de bien d’autres célébrités de la chanson française, le jeune Dieppois accompagné de son percussionniste Maël Guézel n’a droit qu’à quelques minutes de scène. Juste le temps d’interpréter deux titres de son dernier album « Poésie des usines ». Mais cela a visiblement suffi pour séduire. Aujourd’hui, Romain Dudek ne savoure pas son plaisir : « Je connais le répertoire de Césaria Evora depuis que je suis ado. Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour j’assurerais la première partie de l’un de ses concerts », confie-t-il.

Avant l’engouement médiatique

Romain Dudek est d’autant plus heureux que cette proposition est arrivée bien avant que l’on ne commence à parler de lui au niveau national. « Il fallait oser le faire. Solliciter un quasi-inconnu pour faire une telle première partie, je trouve ça assez culotté », sourit-il. Mais depuis cette proposition, les choses se sont bousculées pour le jeune homme. Avec une reconnaissance qui commence à se faire au niveau national. Les rédactions de Télérama et Start Up ont écouté son dernier opus « Poésie des usines » et ont aimé. Un album « saisissant de souffle, de culot et d’humanité », retient dans sa critique du 25 novembre dernier la journaliste de Télérama Valérie Lehoux. Une critique dont Romain Dudek peut être fier : « Depuis des années, j’envoie mes disques à Télérama, je n’y croyais presque plus. Non seulement Valérie Lehoux a adoré, mais elle me l’a fait savoir aussitôt ».

Entretemps, le jeune Dieppois a été interviewé par radio Fip, il a joué à Paris sur des scènes aussi célèbres que le Réservoir ou le Divan du monde et il sera le 13 décembre prochain l’invité de Jean-Louis Foulquier sur France Inter. Une reconnaissance nationale presque inespérée : « Mon dernier album est sorti le 26 octobre dernier dans une relative confidentialité. Mon label rouennais Taxi record travaille à une échelle microscopique en comparaison des grandes maisons de disques. Il n’a pas les moyens de faire la promo qui pourrait susciter la curiosité des magazines spécialisés », souligne Romain Dudek.

Bande originale d’un film
sur Bernadette Chirac

Romain Dudek a également retenu toute l’attention du journaliste John Paul Lepers : « Il m’a apporté son soutien lorsque mon site Internet a été censuré par Wanadoo quand j’ai mis en ligne ma chanson sur Bernadette Chirac. Depuis, nous sommes devenus amis ».

Il faut dire que le journaliste a lui aussi « vécu une censure bien plus forte. Il a réalisé un film sur Bernadette Chirac co-produit par Canal +. Pendant qu’il travaillait sur ce projet, on a tenté en permanence de l’empêcher de faire son métier » et la chaîne cryptée « a refusé de diffuser son documentaire », assure le chanteur dieppois. Intitulé « Madame », le film sera finalement projeté sur grand écran le 9 janvier prochain à l’Entrepôt à Paris sur une musique signée… Romain Dudek !

M. DS.

Concert jeudi 30 novembre à 20 h 30 au Zénith de Rouen en première partie de Césaria Evora. Renseignements supplémentaires au 02 32 91 92 92. info@zenith-de-rouen.com

Cinq nouvelles dates

Romain Dudek sera en concert :

- le 23 décembre à l’Entrepôt à Paris,

- le 9 janvier à l’Entrepôt à Paris à l’occasion de la projection « Madame », un documentaire signée John Paul Lepers sur Bernadette Chirac

- le 19 janvier au théâtre Essaillon à Paris,

- les 16 et 17 février à la Cafet’Yères de Cuvervilles-sur-Yères.

Chanteur révolté

Ne lui dites surtout pas qu’il est un chanteur militant, ni même engagé. « Militant, c’est adhérer à des idées et les défendre. Ce n’est pas le rôle d’un artiste que de se mettre au service d’une idée ou d’une idéologie », estime Romain Dudek qui se définit davantage comme « un chanteur révolté ». Depuis l’âge de 14 ans, il écrit des chansons et son « moteur d’écriture à cet âge comme aujourd’hui a toujours été la révolte. J’ai toujours écrit à partir de mes sentiments et donc de mes ressentiments ».

Auteur de quatre albums (1), Romain Dudek décrit sa vision de la société comme s’il la voyait à travers « un miroir déformant. Je décris tout simplement ce que je ressens mais je ne suis le porte-parole de personne ». Juste un témoin qui n’accepte pas les injustices. Ce sont ces injustices qui l’ont inspiré pour écrire « Poésie des usines », cette chanson qui rend hommage aux quarante-huit licenciés de Palace Parfums - cette entreprise aliermontaise déménagée en catimini pendant les vacances de Noël 2002 -, ou encore « Olga » qui raconte l’histoire d’une prostituée atteinte du sida.

Romain Dudek a commencé la musique à l’âge de 5 ans . « Ma sœur m’obligeait à aller avec elle à la chorale parce qu’elle trouvait que je chantais faux. En réalité, je crois que c’est parce qu’elle n’aimait pas y aller seule », raconte le jeune homme. Après des études de musique classique où il apprend le violon puis le piano au Conservatoire du Havre, Romain Dudek devient ingénieur du son « pour faire plaisir à (ses) parents qui souhaitaient qu’(il) ait un vrai métier » et travaille au Théâtre national de Lille et à la Comédie française. Mais ce qui l’intéresse avant tout « c’est faire de la musique. Je me suis vite rendu compte que je ne pouvais pas m’épanouir en tant qu’ingénieur du son. Dans ce métier, vous analysez en permanence la musique et moi je voulais juste créer de la musique et me laisser porter par mes émotions, il y avait incompatibilité entre les deux », assure-t-il. Il y a quelques années, le jeune homme a donc choisi de laisser tomber son job pour se consacrer entièrement à la chanson et à l’écriture. Un choix pleinement assumé. « Même si les fins de mois sont encore difficiles et si je dois continuer à manger des patates, je ne regrette rien », sourit-il.

(1) « Marchand de sable », « Choucroute tous les jours », « Le Bon à rien » et « Poésie des usines », disponibles à Dieppe chez Disque Shop, dans les Fnac et sur Internet romaindudek.com

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