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Journal du 22 décembre 2006

Isabelle Desenclos travaille chez EADS Astrium
Une Dieppoise
dans l’aventure spatiale

Toute jeune, elle rêvait déjà de travailler dans l’aéronautique. Isabelle Desenclos a réalisé ce rêve de gosse.Cette Dieppoise de 35 ans travaille chez EADS Astrium. A Toulouse, elle veille à ce que tous les composants qui entrent dans la fabrication de satellites soient de la plus grande qualité.

Elle a la tête dans les étoiles depuis qu’elle est toute petite. Et depuis seize années, elle réalise son rêve de gosse. Isabelle Desenclos est dieppoise. Depuis 1990, elle travaille dans l’aéronautique en tant que responsable qualité. En d’autres termes, «je teste la résistance de tous les composants qui servent à la fabrication de satellites», explique-t-elle.

Embauchée à l’âge de 19 ans chez Matra à Vélizy-Villacoublay, Isabelle Desenclos a eu la chance de savoir très jeune ce qu’elle voulait faire dans sa vie professionnelle : « J’ai toujours été passionnée par tout ce qui concerne l’espace et depuis que je suis toute petite, je voulais travailler dans ce milieu ». Il faut dire que dans la famille, les nouvelles technologies font la curiosité de tous. « Je me souviens qu’avec mes parents, nous suivions à la télé les décollages des fusées Ariane, et à chaque fois c’était le même enthousiasme », sourit la jeune femme aujourd’hui âgée de 35 ans.

Un simple DUT en poche

Après un bac scientifique passé au lycée Jehan-Ango, Isabelle Desenclos poursuit des études de mesures physiques à l’IUT de Rouen. Et ce n’est qu’avec ce simple DUT qu’elle frappe à la porte des plus grandes sociétés spécialisées dans l’aéronautique : « J’étais très déterminée, je n’ai même pas cherché ailleurs ».

C’est chez Matra que la Dieppoise décroche son premier job. « J’ai commencé dans un laboratoire d’analyse des composants pour la fusée Ariane et pour des satellites. Déjà, je testais la fiabilité des composants car il faut savoir que dans l’espace, les températures peuvent varier localement de moins 70 à plus 125 degrés. Il faut être sûr que tous ces composants pourront résister à des températures aussi extrêmes », explique-t-elle. Autant dire que son rôle est primordial dans la chaîne de fabrication: « Lorsque nous envoyons un satellite dans l’espace, c’est pour plusieurs d’années. Nous ne pouvons pas nous permettre qu’une pièce tombe en panne, qu’un boulon se dévisse ou qu’une colle ne soit pas suffisamment résistante, cela nuirait aux projets dont certains ont nécessité jusqu’à dix années de travail avant d’être concrétisé », poursuit-elle. Pendant neuf ans, Isabelle Desenclos se déplace donc dans de nombreux pays d’Europe et en France pour vérifier que les sous-traitants qui fabriquent les composants pour Matra respectent précisément le cahier des charges.

En 1999, la jeune femme désire évoluer et surtout « voir les satellites de plus près». Un souhait exaucé puisqu’elle est mutée à sa demande à Toulouse chez EADS Astrium. La société est spécialisée dans la fabrication de satellites militaires, d’observation de la Terre, de communication… Là, elle travaille sur le télescope de Spot 5, un satellite d’observation pour le ministère de l’Agriculture. Elle intègre aussi l’équipe qui œuvre sur Helios II-1, un satellite d’observation militaire. Pour ce dernier, elle a même l’opportunité d’assister à la campagne de tir à Courroux en Guyane. « Nous avions travaillé trois ans sur ce programme. Ce lancement, c’était l’achèvement d’une belle mission, j’étais évidemment très émue », se souvient la Dieppoise qui enchaîne aussitôt sur un autre projet : le satellite de télécommunication BADR-4 qui permet aujourd’hui la diffusion de plus de 240 chaînes de télévision et de 90 stations radio au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Là encore, la jeune femme part assister au lancement du satellite. C’était en novembre dernier à Baïkonour au Kazakhstan : « C’était très impressionnant. La base militaire se trouve au milieu de nulle part en pleine steppe. Elle appartient aux Russes et la fusée qui a permis la mise en orbite du satellite date d’un vieux programme des années 60-70 ». Baïkonour est aussi « un lieu mythique », souligne Isabelle Desenclos. C’est depuis ce cosmodrome en effet que le premier Spoutnik a décollé en 1957 et que Youri Gagarine, premier homme de l’espace, a embarqué à bord de la capsule Vostok 1 le 12 avril 1961.

Aujourd’hui, Isabelle Desenclos est très heureuse d’avoir réalisé une partie de son rêve. Une partie seulement, car la Dieppoise nourrit désormais le souhait de se rendre à Cap Canaveral en Floride. « J’aimerais assister au lancement d’une navette et voir les infrastructures américaines », explique-t-elle. Quant à embarquer elle-même un jour à bord d’une navette si cela était possible ? « Je n’aurais certainement pas la condition physique, mais ça ne m’effraierait pas », assure-t-elle.

M. DS.

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