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Journal du 28 novembre 2006
Durant trois jours à la cour
d’assises de Rouen
Accusé de pédophilie,
Jean-Marie Cribelier face aux juges
| Le procès de Jean-Marie Cribelier, accusé
de viol et d’attouchements sexuels sur mineurs, par deux fillettes
de sept et huit ans au moment des faits, s’est ouvert hier matin à
Rouen. Trente-sept témoins et quatre experts sont cités à la barre,
les débats s’annoncent tendus. « Je suis innocent », clame Jean-Marie Cribelier à la descente du fourgon carcéral qui le dépose devant le palais de justice de Rouen. Les traits tirés et le visage marqué, loin de l’image du sportif bien connu des Dieppois, l’ex-président des Pingouins apparaît malgré tout déterminé à faire front lors de son procès qui débute dans quelques minutes ce lundi matin. Pendant trois jours, Jean-Marie Cribelier va être jugé devant la cour d’assises de Rouen pour viol et agression sexuelle sur mineurs de moins de 15 ans. Deux fillettes, F. et M., l’accusent d’agressions sexuelles et de viol pour l’une d’entre elles. Les deux enfants étaient âgées de sept et huit ans à l’époque des faits. Attouchements sexuels L’affaire débute le 10 avril 2004 lorsqu’une femme vient déposer à la gendarmerie, expliquant qu’une camarade de classe de sa fille aurait subi des attouchements sexuels. La fillette en question, prénommée M. et âgée de 10 ans, aurait confié à son amie quelle avait été victime de caresses sexuelles de la part d’un certain « Jean-Marie ». Elle lui aurait également raconté que l’homme en question, qui fait régulièrement son jogging devant son école, la hélait lors de ses passages devant les grilles de l’école pour lui réclamer des bisous. Entendue à son tour, M. raconte que durant l’été 2002, lors d’une sortie en canoë au large de Dieppe, « Jean-Marie » lui aurait fait plusieurs caresses sur le sexe en lui passant la main dans le maillot. Il l’aurait également pénétrée avec le doigt. Paniquée, M. se serait alors jetée à l’eau pour rejoindre la plage à la nage. La même fillette évoque quelques jours plus tard une tentative de viol. Lors d’un bain de mer, « Jean-Marie » se serait frotté à elle en essayant de la pénétrer. Placé en garde à vue, Jean-Marie Cribelier reconnaît avoir « passé sa main sous le maillot de la fillette », il reconnaît également avoir frotté son « ventre » contre le corps de M., lors d’un bain de mer, sans préciser si les faits se sont produits en 2001 ou 2002. L’accusé avoue également avoir commis des attouchements sexuels sur d’autres jeunes filles, sans en préciser le nombre. Il aurait expliqué aux militaires avoir une absence totale de contrôle de ses pulsions. Mais lors de sa première entrevue avec le juge d’instruction, l’homme revient sur ses dires. Après avoir avoué la « pénétration digitale » de la petite M., il se rétracte, tout en reconnaissant les attouchements sexuels. Huit mois plus tard, lors de sa confrontation avec les fillettes, il revient sur ses déclarations en ne parlant plus que « d’effleurement accidentel ». Et dès la fin de l’instruction du dossier, Jean-Marie Cribelier nie toutes les accusations portées contre lui en bloc. Une deuxième fillette F. En août 2002, le père d’une fillette de dix ans, prénommée F., vient à son tour déposer plainte contre Jean-Marie Cribelier. La jeune fille accuse ce dernier d’attouchements sexuels, des faits qui se seraient produits en 1999 alors que F. se trouvait au domicile de Jean-Marie Cribelier pour une vente de billets de tombola. Jean-Marie Cribelier a toujours réfuté dans leur totalité les accusations portées par F. A la demande de la partie civile, le procès se déroule à huis clos. Le premier jour de l’audience, hier lundi, devait être consacré au passé de Jean-Marie Cribelier. Des témoins de moralité devaient venir à la barre pour évoquer la personnalité de l’accusé. Les faits seront abordés aujourd’hui et le verdict devrait être rendu demain, tard dans la soirée. Les accusations contre Jean-Marie Cribelier reposent principalement sur les témoignages des deux fillettes ainsi que sur les rapports des experts. Aucun témoignage extérieur n’a été recueilli sur les événements qui se sont déroulés durant l’été 2002 dans le canoë au large de Dieppe. Et ce, malgré la présence à proximité des lieux de l’oncle de la fillette. Ce dernier, un garçon de 13 ans, aurait expliqué aux gendarmes n’avoir rien vu de ce qui se passait à bord de l’embarcation. L’examen gynécologique réalisé deux ans après les faits sur la fillette a révélé une incisure partielle de son hymen. Le médecin psychologue a également détecté d’importants traumatismes persistant chez M. Jean-Marie Cribelier n’a de cesse d’évoquer un complot mené à son encontre tout en clamant son innocence. « Dans ce procès, les jurés vont devoir se prononcer sur leur intime conviction », explique Me Rose-Marie Capitaine, avocate d’une des deux fillettes, « C’est parole contre parole. » Jusqu’à mercredi, une dizaine d’autres jeunes filles, citées comme témoins, devraient venir déposer à la barre. Elles déclarent elles aussi avoir été victimes d’attouchements sexuels vers la fin des années 1970 et le début des années 1980. L’une d’entre elles est un membre proche de la famille de Jean-Marie Cribelier. En tout, trente-sept témoins et quatre experts devraient défiler à la barre sur les trois jours du procès. Un nombre d’experts jugé excessif par Me Philippe Lescene, l’avocat de Jean-Marie Cribelier : « Le problème est que le dossier ne repose sur aucune preuve. Alors on va faire venir des psychologues pour essayer de diaboliser une personne. Les révélations ont été tardives, il y a eu des variations dans les déclarations. C’est la parole de l’un contre l’autre. » Mardi matin, lors de l’ouverture, Jean-Marie Cribelier a réaffirmé qu’il niait tout en bloc. « Mon client a déclaré qu’il contestait tous les faits. Après deux ans d’enfermement il a une confiance relative dans la Justice, mais il est là pour se battre. » Jérôme Lasselin |
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