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Journal du 19 décembre 2006

A la cour d’assises de Rouen
Le braqueur condamné
à quatre ans de prison

Condamné pour le hold-up de la BNP de Dieppe. Acquitté pour la tentative de braquage de la Poste de Gaillefontaine. David Lhiver, 36 ans, qui comparaissait libre mais sous contrôle judiciaire vendredi et samedi devant la cour d’assises de Rouen, dort désormais en prison (lire Les Infos du 15 décembre). Le jury l’a condamné à quatre ans de réclusion criminelle, une peine néanmoins inférieure aux onze années d’emprisonnement réclamées par l’avocate générale, Maïa Gouguet.

C’est le 19 novembre 2003 au matin que David Lhiver commet le braquage de la BNP place du Puits-salé à Dieppe. Un bonnet sur la tête, des lunettes sur le nez, en un peu plus d’une minute, il se fait remettre quelque 5 700 euros en menaçant la guichetière d’un revolver. « C’était une arme factice, un pistolet à billes d’enfant que j’avais gardé dans mes affaires quand je suis venu vivre à Dieppe », explique-t-il à la barre.

Les cheveux coupés bien court, le visage émacié et l’allure frêle, il est vrai que David Lhiver est loin de l’image que l’on pourrait avoir du bandit. « J’allais me retrouver à la rue en plein hiver malgré toutes les démarches que j’avais effectuées pour trouver un logement. Personne n’a voulu m’aider. Le jour du vol, je suis passé devant la BNP, j’ai vu qu’il n’y avait pas de client et pas de sas de sécurité, je n’ai pas réfléchi, je suis entré et j’ai montré mon pistolet à la guichetière pour me faire remettre l’argent. C’est malheureux d’en être arrivé là, mais c’est grâce au braquage que j’ai pu me trouver un logement et me réinsérer », poursuit-il.

Interpellé faute de permis de conduire

Au lendemain du braquage effectivement, David Lhiver réussit en payant cash à trouver un meublé à Varengeville-sur-Mer. Un logement qui lui permet d’accueillir sa petite fille et de vivre comme tout le monde. Car ce n’est qu’en avril 2004, lors d’un banal contrôle de sécurité routière, qu’il se fait interpeller par les forces de l’ordre alors qu’il roule sans permis.

Lors de ce contrôle, les policiers trouvent qu’il ressemble étrangement à la photo figurant sur l’avis de recherche national diffusé au lendemain du braquage. Placé en garde à vue, David Lhiver nie dans un premier temps être l’auteur du hold-up. Mais un mois plus tard devant le juge d’instruction, il reconnaît les faits. Devant les jurés aussi, il veut assumer : « J’ai fait une bêtise, je la paie, c’est normal ».

En revanche, David Lhiver nie être l’auteur de la tentative de braquage qui a eu lieu à la Poste de Gaillefontaine le 14 février 2004. « Je n’avais aucune raison de commettre un nouveau braquage », assure-t-il. « Et surtout, insiste son avocat Me François Garraud, nous n’avons pas affaire au même mode opératoire. Le braquage de Gaillefontaine avait été préparé. A Dieppe, David Lhiver a agi sur un coup de tête par nécessité. »

Malgré les témoignages de deux des trois salariés de la Poste qui avaient formellement reconnu David Lhiver comme étant le braqueur, les jurés ont estimé que pour ce second fait, les preuves n’étaient pas suffisantes. Il a donc été acquitté. Toutefois, le ministère public a jusqu’au 26 décembre pour faire appel de la décision.

M. DS.

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