
Archives
Journal du 28 novembre 2006
En mairie et au Fonds ancien
Des trésors d’archives
dans les sous-sols de Dieppe
| Ce sont les portes des salles des
archives de Dieppe que nous avons souhaité pousser pour vous en
faire découvrir le fonctionnement et les trésors. Dans les sous-sols
de la mairie sont conservés les documents relatifs à la commune
après 1945. Au Fonds ancien à la Médiathèque, les historiens peuvent
consulter ceux antérieurs à cette date. Pour partir à la découverte des archives de la mairie, il faut prendre l’ascenseur direction le sous-sol. C’est là que derrière les portes de cinq « magasins », s’alignent plus de 1.100 mètres linéaires de boîtes d’archives serrées les unes aux autres. A l’intérieur, le passé des services municipaux à partir de 1945. Car c’est l’une des spécificités dieppoises : conserver toutes ses archives (en deux lieux distincts) alors que certaines communes donnent le soin aux services départementaux de gérer ce patrimoine. En mairie, c’est donc Marie-Pierre Bourgois, l’archiviste, qui s’y emploie jour après jour. Ces archives dites vivantes sont gardées sous la main pour pouvoir être consultées par le service qui a versé ces pièces au fonds commun. Car tout n’est pas consultable et ne l’est pas par n’importe qui. L’ensemble du fonctionnement du service est encadré par des règles établies par les Archives de France. La main sur un document épais, sa véritable bible, Marie-Pierre Bourgois explique par exemple que « les documents nominatifs ne sont pas communicables à part au service DRH et à la personne concernée. Et les actes d’état civil de moins de 100 ans ne peuvent être consultés que par la famille ». En revanche, tout ce qui est délibération du conseil municipal est communicable immédiatement. L’intérêt historique Le principal souci du service des archives, c’est la place. Tout ne peut pas être conservé mais tout ne peut pas être détruit. « Il y a des règles de destruction selon la durée administrative de conservation des documents. La procédure est réglementée », explique l’archiviste. « Le bon tri doit être fait. Au-delà de l’intérêt immédiat, il faut voir l’intérêt historique. c’est délicat car il faut pressentir quel document sera important pour l’histoire », souligne Dominique Darbon responsable du service juridique qui supervise les archives. A chaque phase d’élimination, l’avis des Archives départementales est pris. « Car chaque acte engage jusqu’à la responsabilité pénale du maire », précise Dominique Darbon. Les archives municipales regorgent de trésors encore insoupçonnés. Car si depuis 1993, tout est classé selon un principe rigoureux de codage par lettre, autrefois c’est en bloc et par thème que les archives étaient triées. Or, tout le monde ne classe pas la même chose derrière un mot. « Et pour analyser ces documents en détail, il faut des moyens », souligne Dominique Darbon. C’est ainsi que c’est parfois au hasard, lors d’une recherche que l’archiviste découvre des trésors. « L’été dernier, suite à la demande d’une étudiante pour sa thèse nous avons découvert que nous possédions un plan d’un ancien Casino. Mais vu son état, les archives départementales nous demandent de ne pas le sortir de notre magasin tant qu’il n’a pas été restauré », note l’archiviste. V.W. Des documents précieux à l’âge canonique Ils sont plus que centenaires, ne doivent être manipulés qu’avec des gants, conservé à 18 °C dans un air dont le taux d’humidité doit être compris entre 45 et 55 %. Eux, ce sont les documents archivés au sein du Fonds ancien de la Médiathèque de Dieppe. Des plans, des registres, des délibérations qui ont traversé les siècles et qui donnent aux historiens de précieuses indications sur le passé de Dieppe. Les familles trouvent de leur côté matière à remonter dans les branches de leur arbre généalogique. « Nos archives les plus anciennes sont des registres de la paroisse de Saint-Rémi qui remontent à 1615. Nous avons aussi les registres paroissiaux du Pollet et de Saint-Jacques », explique Olivier Nidelet, bibliothécaire responsable du Fonds ancien et local et des archives anciennes. « Chaque année le service état civil nous reverse les archives de l’année d’il y a cent ans. Car c’est à ce moment que ce type de données tombe dans le domaine public et peut être consulté par tous », explique-t-il. Un manuscrit de 1770 Dans les rayonnages du Fonds ancien on découvre aussi bien des actes administratifs comme les procès verbaux des conseils municipaux à partir de 1648 que des plans et autres documents relatifs aux biens communaux : cimetière, église... mais aussi d’autres monuments comme les casinos, le Petit Théâtre. « Nous avons également par exemple des éléments relatifs à l’instruction, au commerce, au cadastre, à la police, aux débits de boisson...», liste Olivier Nidelet. Parmi les pièces précieuses pour les chercheurs, on trouve le « répertoire Langlois », un manuscrit du secrétaire de mairie de l’époque datant de 1770 et qui répertorie le contenu des archives municipales avant cette date. En d’autres termes, Dieppe possède un beau fonds archives dont les Dieppois peuvent s’enorgueillir. « La raison d’être de notre fonds c’est le public. C’est restituer ces documents aux habitants », insiste Olivier Nidelet. Et les Dieppois mais également les chercheurs, historiens et étudiants le savent bien et n’hésitent pas à venir plonger dans ce patrimoine. « Surtout que nous avons un avantage à Dieppe : leur permettre de cumuler deux moyens de recherche entre la bibliothèque et les archives pour creuser un même sujet », conclut-il. V. W. |
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