Journal du 1er novembre 2005

Un couple de musiciens anglais amoureux de Dieppe
Rod et Imogen, jazzmen anglais
et dieppois d'adoption

Anglais de naissance, pianiste par conviction et dieppois d’adoption, Roderick Hart est un personnage hors du commun dans le petit monde de la musique. Ce jazzman professionnel parcourt le monde de concert en concert avec sa compagne et chanteuse Imogen Ryall. Le couple partage son temps entre Londres et Dieppe ol poss褥 un appartement au pied de l’駬ise Saint-R魹. La cit頤’Ango est un v鲩table havre de paix pour ces globe-trotters aux accents jazzies.

렍es parents m’ont amen頠 Dieppe d賍 l’⧥ de 3 ans. Je n’ai pas oubli頬’hl oous descendions ni le mal de mer sur le bateau. C’鴡it le d颵t de mon amour pour la ville de Dieppe se souvient Rod. Dans un fran硩s ࠦaire p⬩r certains Dieppois, le jazzman anglais de 38 ans revient sur sa carri貥 jalonn饠de rencontres exceptionnelles.

렐our moi Dieppe, c’est vraiment la France ࠬ’inverse de Calais. Ici les gens ne changent pas. Ce n’est pas seulement une ville pour touristes. L’autre jour, j’鴡is sur la plage en combinaison et je me suis baign鮠Je croyais 괲e seul ࠰ouvoir faire cela ࠣette p鲩ode de l’ann饮 Mais lorsque j’ai aper絠un monsieur ⧩ en maillot de bain dans l’eau, je n’鴡is plus un superman sourit-il en bombant le torse. Et d’ajouter: 렄ieppe est un lieu d’飨anges importants qui sait m鬡nger les artistes et les gens en g鮩ral. C’est aussi une ville moins stressante que Paris C’est ce m鬡nge des genres qui a s餵it le musicien.

렊e n’ai pas commenc頰ar le jazz. Au d鰡rt, vers 6-7 ans, je jouais du piano et je prenais des cours de musique classique. Mais je n’aimais pas 硠 Vers l’⧥ de 13-14 ans, les radios locales de sa petite ville de Brighton abreuvent le jeune Anglais de rythmes de jazz. 렊’entendais cette musique et j’鴡is 鴯nn頱u’un piano puisse sortir de tels sons Il d飯uvre alors la vraie langue du jazz et ne pourra plus jamais s’en passer. Rod s’invite r駵li貥ment dans les pubs install鳠pr賠de son 飯le pour 飯uter des rythmes qui le fascinent. Il rencontre son premier bassiste tandis qu’il joue les grooms en smoking dans un hl de la ville. Il a 16 ans et tourne de plus en plus le dos ࠵n milieu scolaire qui ne lui r鵳sit pas. Rod n’a alors qu’une id饠en t괥, trouver un job.

A l’飯le des Pink Floyd et de Queen

렁 l’飯le, je faisais partie de la chorale de chant. Mais ma voix 鴡it en train de muer. Cela ne devenait plus possible. Il ne me restait plus que le piano et une grosse envie de me pr鳥nter devant le public Il entame alors sa carri貥 entre les pubs de Brighton et ceux de Londres. Puis rapidement, il est accompagn頤’une chanteuse. Et le duo multiplie les mini-concerts en Angleterre puis aux Etats-Unis et mꭥ en Afrique. 렅n quelques ann饳, le jazz 鴡it devenu mon m鴩er mꭥ si durant deux ans j’ai daire mae-nageur se souvient-il avec le sourire.

Rod a alors 20 ans et des r궥s plein la t괥. Les contacts se multiplient un peu partout dans le monde r鰵t頦erm頤u jazz. Et puis un jour, c’est le premier vrai succ賮 Il fait une apparition dans le film de Madonna, 렅vita 렏n m’aper篩t ࠰eine au piano dans une sc讥 xplique-t-il modestement. Mais les morceaux de piano du film sont bel et bien interpr鴩s par Rod, lequel encha ensuite sa carri貥 avec le bassiste Bruno Roussilet.

Toujours passionn頰ar l’enseignement du jazz, Roderick Hart devient le premier professeur de jazz dans la plus c鬨bre et s鬥cte 飯le anglaise, Bedales. Rod devient alors le professeur de musique des 렦ils de Le fils de Roger Taylor (batteur du groupe Queen) de Roger Waters (Pink Floyd) et ceux des Dire Straits fr鱵entent l’飯le de Rod. 렃’est une 飯le un peu ࠰art en Angleterre o’on retrouve beaucoup de gens connus dont certains ne connaissaient mꭥ pas Miles Davis egrette-t-il. Il y travaillera durant onze ans avec en plus le bonheur de r顬iser quelques bœufs avec les vrais Pink Floyd.

La le篮 des aveugles

Mais la plus belle le篮 de vie, Rod va la recevoir au contact de jeunes aveugles. Il est encore ࠂedales lorsqu’il dispense des cours de jazz au RNIB (Royal National Institut Blind). Il s’agit d’une 飯le pour jeunes aveugles et malades mentaux tous passionn鳠de musique. 렁 Bedales, il y avait des enfants pas tr賠motiv鳠par le travail. Au RNIB au contraire, ils 鴡ient tous au travail tr賠tle matin r飩se-t-il en hommage ࠣes enfants de la nuit. Une nuit que le musicien connabien et ol se sent chez lui. 렍a t괥 marche mieux la nuit et j’aime 괲e devant le public Partant de ce constat, il d飩de il y a cinq ans de quitter l’enseignement pour se lancer dans les tourn饳. D’autant que depuis une dizaine d’ann饳, il a trouv頫 sa oix. Elle s’appelle Imogen Ryall. Cette blonde de 38 ans au fran硩s un peu plus approximatif, poss褥 en revanche tout le vocabulaire du jazz. Chanteuse depuis l’⧥ de 17 ans, elle a rencontr頒od dans le seul endroit qu’il fr鱵ente assidnt (en dehors des pubs), le studio d’enregistrement. 렃e jour-l࠱uelque chose ne fonctionnait pas dans la technique. Le lendemain, j’ai r驣out頳a voix qui 鴡it parfaite malgr鍊 les probl譥s de son. Imogen est tr賠professionnelle mꭥ lorsque la terre s’effondre autour d’elle explique Rod avec les yeux de l’amour. Un amour qui a conduit le couple dans toutes les petites salles d’Europe et d’Am鲩que. La voix d’Imogen a d’ailleurs 鴩 rep鲩e r飥mment par le pr鳩dent de Decca Records (l’鱵ivalent anglais d’Universal) qui pourrait, pourquoi pas, lui offrir un projet.

Pour le moment, le premier album commun du couple intitul頁t the Dorchester sorti en 2004 commence ࠢien tourner en Angleterre. Mais Rod et Imogen ont pour l’heure une autre priorit鮠Ils viennent de quitter leur appartement dieppois (situ頠 une encablure de la Bo ࠭usique, un temple du piano) pour rejoindre la p鮩nsule arabique ࠏman ols entament d颵t novembre une tourn饠de six mois. 덊 Les Arabes aiment le jazz. Nous allons travailler sur Dubat dans les grands hls de la r駩on. Lୢas, il n’y a pas de bars mais des hls sp飩alis鳠dans le jazz De contrat en contrat, le duo ne devrait pas revenir tout de suite. 렑uoi qu’il en soit, d賠notre retour, nous repasserons par notre appartement de Dieppe pour nous reposer car c’est ici chez nous A Dubaﬠla mer devrait 괲e plus chaude que sur les bords de la Manche. Rod n’aura sans doute pas besoin de sa combinaison de plong饮

 Laurent Hellier 


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Archives 2002 
Archives 2003  Archives 2004  Archives 2005
Recherche   Accueil