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Journal du 31 mai 2005
Le champion d'Europe
de 3000 m steeple
n'a jamais oubli頳on quartier
Jean-Paul Villain, coureur de fond et de
gr趥,
chante le Pollet
| De Mexico ࠍontr顬, de Munich ͊ Helsinki, il n’a jamais oubli頳on quartier 릯rmidableu Pollet ol a
grandi. Aujourd’hui ࠇr觥s, le m de la rue Guerrier, champion d’Europe
du 3000 m steeple en 1971, chante le Pollet de son enfance, bricole les ferrailles
entass饳 dans son jardin, va aux champignons et court… la gr趥 en p꣨ant ͊ pied. Plus haut, plus vite, plus fort et… toujours libre. Quand
j’鴡is petit Polletais, je trais sur les quais Il n’est pas fils de
p꣨eur, mais de ferrailleur et d’infirmi貥. N’emp꣨e qu’il a grandi
rue Guerrier, et c’est avec ce refrain qu’il a remport頬a semaine derni貥,
avec d’autres, le concours de chansons organis頰ar le groupe folklorique Les
Polletais. Du Pollet, il en est pourtant sorti, courant les plus grands stades du monde,
jusqu’ࠣeux de trois Olympiades en 렍 es ann饳 60-70: Mexico, Munich,
Montr顬. Mais il faut croire que quand on met le doigt au Pollet, 硠vous colle ࠬa
peau, et qu’on ne peut jamais l’oublier.
Pourtant, c’est ࠎeuville qu’a d’abord habit頬e gamin n頡u
lendemain de la guerre. A huit ans, sans trop y croire, il participe d骠 ࠳a
premi貥 course ࠰ied par 鱵ipe, d馥ndant les couleurs de l’飯le Paul-Bert.
Puis il 려escend vec ses parents habiter au Pollet, 렵n quartier formidable e
cesse-t-il de r鰩ter. Inscrit avec une bourse ࠬ’飯le libre Saint-Charles
install饠alors sur la plage et aujourd’hui d鴲uite, il s’飨appe d賠la
fin de la classe ࠱6h30. 렊’ai toujours eu envie de vivre libre. Lଠau Pollet,
apr賠l’飯le, on filait sur les quais attendre les bateaux, attraper les amarres,
et se faire raconter des histoires de p꣨e par les anciens. On partait aussi faire de la
p꣨e ࠰ied, dont on vendait le produit aux restaurants du port /small>
R궥s de p꣨eur, r顬it鍊 du coureur
Aussi, quand au coll觥 de l’Emulation on
l’oriente vers un CAP de menuiserie, il refuse tout net. 렊’ai dit: si
c’est 硬 je m’embarque pour partir ࠬa p꣨e. Mais comme ma m貥 ne
voulait pas, on a rediscut頡vec le principal, qui a accept頱ue je passe un CAP de
m飡nique auto. Je me disais que 硠me permettrait toujours d’embarquer pour
l’entretien des moteurs de bateau Mais ce n’est finalement pas ce choix
scolaire qui guidera sa vie: ࠬ’Emulation, il tombe sur un prof de sport qui va
transformer sa vie: Yves Lavieuville.
렉l organisait des comp鴩tions contre les autres lyc饳. Alors, je suis
mont頬୨aut (au stade, ࠣ du lyc饠Ango), avec mes pataugas, mon gros short
boxer et mon pull molletonn鮠Je voulais reconnae le parcours de 2 ou 3 km avant le
d鰡rt de la course, mais le prof me dit que ce n’est pas indispensable, qu’il
suffit que je suive le groupe. En fait, je n’ai suivi personne, j’ai fait toute
la course en t괥 et me suis retrouv頡vec ma photo dans les Infos Il y en aura
d’autres.
Yves Lavieuville a 鶩demment d鴥ct頬a graine de champion, et pendant que
les autres lyc饮s font du foot ou du hand, lui court. C’鴡it parti pour les
chemins de la gloire. Il entre au DUC en 1962, puis rejoint le Stade dieppois ࠳a
cr顴ion en 1965, et ira 鶩demment comme militaire au bataillon de Joinville, r鳥rv鍊 aux sportifs, en 1966. Entre-temps, il est champion de France du 1500 m steeple le 3 juin
1965 au stade Charl鴹 de Paris, puis du 3000 m le 6 juin 1965 (record de France avec
8’48’’4, excusez du peu).
Sa s鬥ction pour les Jeux Olympiques n’est pas pour autant assur饮 La
loi des minima et des s鬥ctions est implacable, et on le fait courir dix-sept fois avant
de lui octroyer son premier billet pour une Olympiade. Ce sera donc Mexico, ol
remporte sa s鲩e du 3000 m steeple. 렅n finale, on m’a dit de suivre le Russe, de
ne pas m’occuper du reste. Mais il abandonne, la course 飬ate et ࠶00 m, je suis
encore deuxi譥 Il finira 9e, 렰arce qu’on n’a pas su m’exploiter ͊ ma juste valeur /small>
렌’amour du pays,
de Dieppe, du Pollet strong>
Et mꭥ lଠau-delࠤe l’Atlantique au milieu de la
feria mexicaine, Dieppe et le Pollet ne le l⣨ent pas: 렃omme le short du Stade
dieppois, blanc avec des galons bleus et rouges, ressemblait ࠣelui de l’鱵ipe de
France, c’est avec lui que j’ai couru. Tout le monde n’y a vu que du feu.
Heureusement, car j’aurais pu 괲e disqualifi頻. Libre, toujours… 덊 J’avais l’amour du pays, mais aussi et surtout de ma r駩on, de Dieppe, du
Pollet, du club. De Mexico, j’飲ivais des lettres aux amis, M. Untel, Le Pollet,
France /small>
Invaincu en 3000 m steeple lors de toutes les comp鴩tions de l’ann饍
1971, et surtout consacr頣hampion d’Europe de la discipline le 15 aoࠈelsinki
(8’25’’02, ࠴rois secondes du record du monde), il contracte une
h鰡tite B juste avant les Jeux de Munich de 1972. Il passe quand mꭥ les s鲩es et
finit 11e en finale. 렃’est marrant, il y a quelques mois, mon copain G鲡rd
Montalan, qui sais que je suis numismate, a trouv頵n timbre de la R鰵blique islamique
de Mauritanie qui me repr鳥nte en train de courir lors de la finale de Munich. Je ne
sais pas pourquoi la Mauritanie a choisi cette photo… /small>
Lors de ses troisi譥s Jeux, en 1976 ࠍontr顬, il finit septi譥 de sa
s鲩e et ne peut donc acc餥r ࠬa finale. 렐endant toute cette p鲩ode, j’ai
toujours gard頠 l’esprit que quand je n’aurais plus l’⧥ et la forme,
on me jetterait ࠬa poubelle. Je n’鴡is pas sup鲩eur aux autres, et je
continuais ࠶oir mes potes du Pollet, qui me refilaient du poisson et des coquilles
D’ailleurs, alors que sa carri貥 sportive n’est pas finie, il ach败 un
bateau de 8,50 m en 1976, L’Id顬, et se met ࠬa p꣨e tout en continuant ͊ courir le week-end. Sollicit頰ar Guy Drut venu le voir ࠄieppe alors qu’il sort
du bateau avec les cuissardes, il met L’Id顬 렡u rancart n 1978 pour
rechausser les crampons, courir au passage en 8’32’’ ͊ Saint-Maur-des-Foss鳠en r駩on parisienne, et devenir conseiller technique de
l’Education nationale, poste qu’il occupe toujours jusqu’ࠬa retraite,
dans un an et demi. Depuis, une salle et une course de 10 km ont pris son nom ࠐenly, et
Jean-Paul a couru son dernier 800 m ࠌillebonne le samedi 21 mai comme v鴩ran sous
les couleurs du C.O. Bresles, 력n 2’23’’ ouligne-t-il.
Aujourd’hui, il raccroche les pointes, mais reste p꣨eur, bricoleur et…
chantre du Pollet.
O.B.
Grandes dates
1er novembre 1946: naissance ࠄieppe d’une m貥
infirmi貥 ࠤomicile et d’un p貥 렣hiffonnier /small>
1962 : premi貥 course inter-lyc饳, remport饠haut la main, licence au
Dieppe Universit頣lub (DUC).
6 juin 1965: champion de France du 3000 m et record de France
(8’48’’4), trois jours apr賠le titre national en 1500 m steeple.
14 - 16 octobre 1968 : s鬥ction et finale du 3000 m steeple aux Jeux
Olympiques de Mexico (9e en finale).
15 ao1971: champion d’Europe du 3000 m steeple ࠈelsinki en
8’25’’02, ࠴rois secondes du record du monde. C’est son meilleur
chrono sur la distance.
1984 : naissance de ses deux jumeaux, avec sa compagne qui a d骠 deux
enfants.
1987 : naissance du 렰etit dernier qui aujourd’hui, comme ses deux
fr貥s, fait… de l’athl鴩sme au C.O. Bresles.
21 mai 2005: dernier 800 m couru en 2’23’’ aux interclubs de
Lillebonne sous les couleurs du C.O. Bresles qu’il a rejoint apr賠ses fils. |
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