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Journal du 28 octobre 2005
Un pincement de
coeur pour l'ancien grutier
La grue Titan est tomb饠en deux jours
sous les yeux de Jos鼯b>

| Sa mort 鴡it programm饠de longue
date. L’鮯rme grue de la cale s裨e s’est couch饠lundi et mardi Jos鬠un
des derniers grutiers, en avait fait sa r鳩dence principale. Il a assist頡u
d魯ntage, le regard plong頤ans ses souvenirs. L
c’est carr魥nt la mort. C’est la fin Au moment oes deux grues
t鬥scopiques couchent le corps principal de la vieille Titan le long de la cale s裨e,
Jos頄e Bastos a du mal ࠣontenir l’魯tion. 렃’est ma deuxi譥 femme qui
s’en va, r鰨te-t-il ࠱ui veut entendre ses merveilleux souvenirs. J’y ai
pass頤es nuits, des samedis et des dimanches. Ma cabine, c’鴡it ma maison. Il y
avait mꭥ un parquet, et je le cirais r駵li貥ment. Quand vous passez 30 ans dans un
appartement, vous l’entretenez /small>
Un 렡ppartement l se rendait au gr頤es chargements et d飨argements
de mat鲩els pour les navires en r鰡ration dans la cale s裨e, 駡lement appel饠덊 forme de radoub au bord de la 렣arpente entre le pont Colbert et l’飬use
du port de commerce. Durant vingt-neuf ans, il a jou頡vec les manettes de la belle
m飡nique. Mieux qu’un joujou d’enfant: le r궥 d’une vie de grutier. 덊 Avant, je manipulais les petites grues de la soci鴩 Norb顠de Neuville pour la
construction de bments. Mais lଠce jour de 1970, c’鴡it ma premi貥 덊 grande avec quatre manettes qui permettaient de r駬er le m飡nisme en fonction du
poids ࠳oulever /small>
Souvenirs de temp괥
L’engin de 300 tonnes, qui pouvait soulever des
鬩ments de navires en ferraille pesant jusqu’࠳0 tonnes, 鴡it arriv頤u Havre
ࠄieppe en 1966. Quatre ans plus tard, Jos頥n prend les commandes, qu'il ne va pas
l⣨er jusqu'en 1999, moment ol est licenci頠 seulement quelques mois de la
retraite. En 2000, faute d’activit頤ans la cale s裨e, la Titan est elle aussi
mise ࠬa retraite. Mais ࠬ’inverse de Jos鬠qui a aujourd’hui 58 ans et ͊ qui on souhaite de profiter encore longuement des joies de la vie dont il est gourmand, sa
려euxi譥 鰯use e durera pas: cette semaine, elle a 鴩 d魯nt饠et
d飯up饮
렑uand je suis arriv頥n 1970, il m’a fallu un bon mois pour
m’habituer. On a commenc頰ar soulever du mat鲩el pour des bananiers, puis des
thoniers. Le bateau de recherche de l’Ifremer est mꭥ pass頰ar lOn
manœuvrait au millim贲e pr賠pour apporter les 鬩ments aux ouvriers du chantier
naval. Je la connaissais par cœur. J’ai mꭥ 鴩 me balader au bout de la
fl裨e ol m’arrivait de temps en temps d’aller pisser… Mon plus
mauvais souvenir, c’est lors d’une temp괥 en 1986: 렭a itan s’est
soulev饠d’un bon m贲e en arri貥, ce qui fait bien trois m贲es en haut.
J’ai tellement eu la trouille que je suis tomb頤ans les pommes pendant un quart
d’heure /small>
Morte et enterr饼/strong>
Lundi vers 15 heures, les ouvriers de l’entreprise
Gardet et de Bezenac du Havre ont soulev頬a fl裨e qui partait ࠬ’horizontale et
l’ont d鰯s饠au sol, ࠣ de son socle massif. Mardi, c’鴡it au tour
de ce dernier de se coucher en attendant d’괲e d飯up鮠Une lente descente au
tombeau ࠬaquelle a assist頊os鮠렊e viens tous les jours la voir ࠄieppe, ajoute
l’habitant de Rouxmesnil-Bouteilles. D’apr賠ce que m’a dit un
ferrailleur, ils vont la d飯uper sur place, et comme il y aurait de l’amiante
dedans, ils vont enterrer les morceaux Le responsable du chantier, qui ne
s’occupe que de la d鰯se et de la d飯upe, n’a pas pu nous le confirmer.
Au moment oa grue se couche, Jos頡per篩t le dernier projecteur rest頥n
place. Il se pr飩pite vers le chef de chantier en nous lan确t: 렃’est le
dernier qui reste, je vais le lui demander en souvenir small>
O.B. |
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