Journal du vendredi 18 novembre 2005

La DDASS face aux observations empiriques
des familles de victimes

M鮩ngite : "La distribution d'antibiotiques
sur un quartier de Dieppe serait n馡ste"

La m貥 de R駩s, le Neuvillais de 17 ans mort en juin dernier de la m鮩ngite ࠭鮩ngocoque, a effectu頰lusieurs recoupements entre les familles de victimes. Elle en conclut que certaines se connaissaient, et avaient en commun le quartier de Janval ࠄieppe. Une th賥 empirique que r馵te la DDASS, estimant que ses enqu괥s 렱uasi polici貥s e se limitent pas ࠵n quartier en particulier, et qu’une distribution pr鶥ntive d’antibiotiques aurait des effets dangereux.

Alors que la Direction d鰡rtementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) de Seine-Maritime se mobilisait une nouvelle fois, hier jeudi, pour faire passer le message de la pr鶥ntion face ࠫ l’hyper-end魩e e cas de m鮩ngite sur la r駩on dieppoise (cinq morts depuis le d颵t de l’ann饬 dont deux le week-end des 5 et 6 novembre), la pr鳩dente de l’association Audrey m鮩ngite R駩s 76, Micheline Hornung, faisait 鴡t de ses observations. Cette maman qui a perdu son fils R駩s en juin dernier se bat pour consoler les familles de victimes et aupr賠des pouvoirs publics afin d’obtenir des moyens exceptionnels pour ce qui est - sinon une 鰩d魩e en terme strictement m餩cal (encore que…) - du moins selon les dires du docteur Sesbou鬠responsable du dossier ࠬa DDASS, 려es cas pr鯣cupants qui nous placent en alerte maximale /small>

A force de recevoir les familles de victimes, les aider dans leurs d魡rches et de discuter longuement avec elles, Micheline Hornung a effectu頵n certain nombre d’observations empiriques qui, si elles n’ont pas valeur scientifique, m鲩tent d’괲e au moins 飯ut饳. 렊’ai commenc頠 tisser ma toile d’araign饬 explique la m貥 de R駩s, et lors d’une permanence, j’ai re絠en mꭥ temps la m貥 du petit Pierre, 3 ans, mort en novembre 2003, et la maman de Marine, le b颩 de sept mois d飩d頥n septembre dernier. En fait, elles se connaissaient : la m貥 de Pierre travaillait avec une dame de Janval amie de la m貥 de Marine. D’ailleurs, cette derni貥 habitait Janval avant d’aller ͊ Saint-Aubin-sur-Scie, et c’est ࠊanval qu’elle a fait baptiser Marine dix jours avant que celle-ci ne d飨de de la m鮩ngite /small>

Comme son fils avait particip頠 un barbecue dans le mꭥ quartier dix jours avant sa maladie, Micheline Hornung s’est mise ࠥssayer de faire des rapprochements. Elle en conclut que sept cas, de mars 2001 ࠮ovembre 2005, dont trois derniers mortels sur Dieppe (R駩s 17 ans, Marine 7 mois, et le b颩 de deux mois et demi) ont des points communs avec ce quartier. Nous avons nous-mꭥs interrog鍊 Christopher Feuilly, le p貥 de Bryan d飩d頳amedi 5 novembre dernier ͊ l’htal de Dieppe, qui nous a dit que la maman de son fils 렡vait 鴩 en contact avec un homme qui a eu un enfant avec la maman du b颩 d飩d頬e lendemain de mon fils /small>

렕ne antibioth鲡pie aurait de graves cons鱵ences strong>

Dans le doute, Micheline Hornung estime que 렧a vaut le coup de distribuer pr鶥ntivement des antibiotiques. Sur un seul quartier, ce n’est pas la mer ࠢoire L’exp鲩ence a d’ailleurs 鴩 tent饠ࠍetz sur une autre souche de m鮩ngite, avec 10 000 personnes plac饳 sous antibiotiques. Mais l’hypoth賥 est 飡rt饠fermement par la DDASS, qui en plus voit dans les recoupements empiriques une mani貥 de focaliser un ph鮯m讥 qui en fait est beaucoup plus diffus (donc pernicieux) que sur un seul quartier tel que celui de Janval, qu’il ne faudrait surtout pas stigmatiser.

렌a question du territoire - pourquoi autour de Dieppe et en Seine-Maritime - doit 괲e appr騥nd饠de mani貥 scientifique explique la directrice adjointe de la DDASS, sp飩aliste du dossier de la m鮩ngite, Claire Sesbou鮠렄es recoupements sans m鴨odologie scientifique rigoureuse ne peuvent 괲e valides. La souche qui s鶩t ࠄieppe est la plus s鶨re, mais il y en a un peu partout en France. On constate par contre un exc賠de cas autour de Dieppe, ph鮯m讥 contre lequel nous sommes investis ࠰lus de 100 %. Nous menons des enqu괥s quasi-polici貥s autour des cas, et les autorit鳠nationales sont compl败ment mobilis饳 /small>

Pour l’instant, l’Institut national de veille sanitaire (INVS) ne parle pas d’鰩d魩e, mais d’hyper-end魩e. Or, si les trois derniers cas (Marine en septembre, Bryan et le b颩 de 2 mois et demi les 5 et 6 novembre) ont contract頬a mꭥ souche, 鴡nt donn頱ue le taux du secteur (84 000 habitants autour de Dieppe) est sup鲩eur au seuil de 10 cas sur 100 000 habitants sur les 52 derni貥s semaines (14,2 depuis le week-end tragique des 5 et 6 novembre), il s’agira bel et bien d’une 鰩d魩e selon la circulaire de l’INVS du 15 juillet 2002. Mais pour le Dr Sesbou鬠cela ne change rien : 렩pid魩e ou hyper-end魩e, peu importe, la diff鲥nce de terme n’aurait pour effet que d’affoler la population. Ce qui est s c’est que nous sommes face ࠵n nombre de cas
pr鯣cupant qui nous place en alerte maximale /small>

Quant ࠥnvisager une campagne de distribution d’antibiotiques, ࠊanval, ࠄieppe ou plus largement, c’est totalement exclu. 렉l est illusoire de penser que cela servirait ࠱uelque chose, et en plus cela pr鳥nterait des risques gravissimes. Etant donn頱ue la souche est aussi ailleurs qu’ࠄieppe, elle reviendra, et les antibiotiques ne tueront pas la 렢괥 dans la gorge es uns et des autres. Mais en plus, ce qui serait extrꭥment grave, c’est que cela risquerait de s鬥ctionner des germes r鳩stants. Car il est totalement faux de penser que les antibiotiques classiques pour les infections ORL genre angine peuvent avoir un quelconque effet. Contre la m鮩ngite ࠭鮩ngocoque de type B, c’est la grosse artillerie qu’il faut sortir, des antibiotiques beaucoup plus puissants Comme l’an dernier - et dans l’attente d’un vaccin inspir頤’une souche norv駩enne sur lequel travaillent le Centre national de la recherche et l’Institut Pasteur - la seule mani貥 de pr鶥nir reste la vigilance et la mobilisation apr賠information. D’oa nouvelle plaquette d’infos qui sera distribu饠࠴ous les enfants et jeunes scolaris鳠du d鰡rtement, ainsi qu’aux cr裨es et centre de pr鶥ntion maternelle infantile (PMI).

O.B.

D颡t sur la m鮩ngite

Pourquoi plus ࠄieppe qu’ailleurs ? Comment pr鶥nir du mieux possible la maladie qui vient encore d’enlever deux jeunes vies ࠬeurs parents ? On est l’鴡t de la recherche sur un vaccin ? Que peuvent les autorit鳠sanitaires ? C’est pour r鰯ndre notamment ࠣes questions, et ͊ d’autres, que l’association Audrey m鮩ngite R駩s 76 organise un d颡t vendredi 25 novembre ࠲0 h 30 ࠬa Chambre de commerce et d’industrie de Dieppe.

La pr鳩dente de l’association a invit頬e docteur Sesbou鬠sp飩aliste du sujet, ainsi que deux autres m餥cins de la DDASS qui r鰯ndront aux questions pos饳. Renseignements : 02 35 85 86 64.

Permanence

Une permanence de l’association Audrey m鮩ngite R駩s 76 sera tenue par Micheline Hornung, pr鳩dente. La permanence aura lieu le samedi 19 novembre de 17 heures ࠱9 heures ࠬa Maison des associations de Dieppe. L’association r鰯ndra ࠴outes les questions que les parents se posent sur les sympts de la terrible maladie, et prodiguera quelques conseils simples. Une autre permanence aura lieu le jeudi 1er d飥mbre, mꭥ heure, mꭥ endroit.

Derni貥 minute

Un vaccin dans quelques mois

Mobilisation g鮩rale, jeudi apr賭midi dans les locaux de la DDASS ࠒouen. En lan确t la nouvelle campagne de communication dans le d鰡rtement, la responsable du dossier ࠬa DDASS et le Pr Caron du CHU de Rouen, ont annonc頱u’une cellule d’aide nationale ࠬa d飩sion s’鴡it r鵮ie la semaine derni貥, et que le conseil sup鲩eur d’hygi讥 publique de France devait se r鵮ir d’ici une dizaine de jours.

렉l mettra ࠰lat toutes les donn饳 scientifiques concernant la Seine-Maritime, et 鶯quera des pistes pour des strat駩es ult鲩eures Parmi ces strat駩es, la piste du vaccin norv駩en inspir鬠d’une source proche de celle qui s鶩t dans la r駩on dieppoise, est 鶯qu饮 렓i la d飩sion est prise dans dix jours par le conseil sup鲩eur d’hygi讥 publique, un vaccin pourrait 괲e disponible dans quelques mois ndiquent Claire Sesbou頥t le Professeur Fran篩s Caron.

En attendant, pour pr鶥nir, le meilleur moyen reste la d鴥ction des sympts indiqu鳠sur la plaquette d’informations, et le 렴est de vitropression n cas d’apparition de t⣨es rouges : si la t⣨e reste malgr鍊 l’application d’un verre, il s’agit d’un purpura fulminans (risque de septic魩e) et il faut appeler d’urgence le 15 ou se rendre ࠬ’htal.


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