Journal du 27 d飥mbre 2005

Elle est tomb饍 malade en 2003,
peut-괲e dans le cadre de son travail

Le combat de Delphine contre la fibromyalgie

Delphine Limard 鴡it une jeune femme comme tout le monde. Mais en 2003, sa vie bascule, des douleurs insoutenables la plongent dans ce qui va devenir petit ࠰etit un enfer. Diagnostic: fibromyalgie due ࠵n exc賍 de mercure peut-괲e contract頤ans les entreprises olle a travaill鮼/small>

Elle s’appelle Delphine et a vingt-cinq ans. En 2003, elle m讥 une vie tout ࠦait normale: elle a un travail, un petit ami, elle aime sortir, faire du sport et s’amuser comme toutes les jeunes femmes de son ⧥. Mais cette ann饠va marquer un sombre virage dans son existence. Avant le moment fatal, la jeune femme encha deux contrats cons飵tifs en tant qu’op鲡teur sur presse dans des usines aliermontaises.

Arrivent alors courbatures insoutenables, douleurs lancinantes et 鰡rses. Elle est oblig饠de s’arr괥r de travailler. Puis, c’est l’engrenage: maux de t괥, naus饳, Delphine ne tardera pas ࠮e plus pouvoir manger seule et ࠢesoin d’aide pour se d鰬acer: 렊e suis devenue un vrai l駵me et j’avais tous les jours des sympts diff鲥nts. Je ne tenais plus debout et c’est tout mon corps qui me faisait souffrir. J’ai pris plus de trente kilos ffirme Delphine. C’est alors un r饬 parcours du combattant qui commence: elle multiplie les visites chez les m餥cins, mais ࠣhaque fois, ces derniers restent focalis鳠sur un 鶥ntuel stress, des angoisses. En un mot, elle souffrirait de troubles psychosomatiques. Il faut dire que les douleurs allant, la jeune femme tend ࠳e couper du monde et sombre dans la d鰲ession. Son petit ami, vraisemblablement las de la situation, la quitte. Delphine se sent seule et incomprise. Mais un jour, un m餥cin se penche plus s鲩eusement sur son cas et lui fait passer des examens plus pouss鳠qui r鶩leront la pr鳥nce d’une fibromyalgie.

Fibromyalgie: elle touche 2 % de la population

La fibromyalgie est une maladie 鰵isante, mais encore assez m飯nnue. C’est la douleur qui domine: tendons, muscles, nerfs, c’est tout le corps humain qui rentre en souffrance. La douleur est parfois tellement diffuse que le fibromyalgique assure 렳ouffrir de partout Elle s’exag貥 au froid ou ࠬ’effort. La fatigue est 駡lement omnipr鳥nte. Les nuits de la plupart des fibromyalgiques sont parasit饳 de dizaines de micro-r鶥ils qui passent inaper絳 mais qui perturbent quand mꭥ l’organisme. Pour l’instant, seul un examen clinique r鶩lant au moins onze points douloureux et une fatigue chronique permettent d’鶯quer avec plus ou moins de certitude qu’il s’agit bien d’une fibromyalgie.

C’est l’absence de preuve biologique ou radiologique et le terrain d鰲essif fr鱵emment rencontr鬠qui ont pouss頣ertains m餥cins ࠰arler, ࠴ort, de maladie psychiatrique. La d鰲ession survient car la douleur chronique rend d鰲essif, sans parler de l’incompr騥nsion du milieu m餩cal ou familial, exc餩 par les plaintes r鰩t饳 et inexpliqu饳 des malades. Certains vont mꭥ jusqu’ࠬ’appeler 렭aladie des temps modernes u 렮鯳pasmophilie Ainsi, en plus d’un combat contre la maladie, les malades doivent faire face ࠬa quasi m飯nnaissance g鮩rale du probl譥.

Victime d’empoisonnement ?

Mais il existe autour du cas de Delphine certaines zones d’ombre. En effet, un dosage sanguin r鶩lera 駡lement un taux anormal de mercure : 270 g pour un taux usuel de 25 ࠴0 g. Un m鬡nge toxique pour l’organisme. Pour certains m餥cins, le d鶥loppement de la maladie pourrait 괲e la cons鱵ence d’une pollution environnementale riche en m鴡ux lourds, un 력mpoisonnement qu’elle aurait subi en travaillant dans les deux entreprises aliermontaises. Prochainement, elle va d’ailleurs proc餥r ࠤes examens compl魥ntaires pour trouver l’origine de cette pr鳥nce toxique. D’autres m餥cins ont 駡lement pens頠 un contact trop prononc頡vec des moisissures. A l’鰯que, Delphine vivait en effet dans un appartement insalubre qu’elle a d’ailleurs duitter quand elle est tomb饠malade. 렊’ai vingt-cinq ans et j’ai l’impression que ma vie s’est arr괩e. J’ai detourner vivre chez mes parents, car, ne pouvant travailler, je n’avais plus d’argent pour m’assumer. Encore aujourd’hui, je ne touche que 438 euros par mois, car la s飵rit頳ociale ne reconnapas ma maladie xplique la jeune femme. Depuis juin pourtant, elle a 鴩 reconnue ࠸0 % pour son handicap et poss褥 sa carte d’invalide. Ne pouvant pas passer le permis de conduire, elle doit prendre tous les jours une ambulance pour aller suivre ses soins.

Delphine garde espoir

Pourtant, elle esp貥 un jour retravailler et prendre son ind鰥ndance, tout en acceptant de vivre avec sa maladie. Mais pour l’instant, difficile de retrouver une activit頰rofessionnelle. En effet, les s顮ces de kin鳩th鲡pie quotidiennes pour traiter les douleurs, la fatigue chronique, les pertes de m魯ire caus饳 par les diff鲥nts traitements (Delphine prend plus d’une dizaine de m餩caments par jour: antid鰲esseurs, antalgiques…) l’emp꣨ent de se reconstruire. Sa maladie lui 렶ole eaucoup de temps. Mais r飥mment, elle a pu noter quelques am鬩orations gr⣥ aux diff鲥nts traitements et un meilleur 鴡t psychologique. Dans quelques semaines, elle partira dans un centre sp飩alis頡u Touquet pour une cure.

J. V.


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