Journal du vendredi 18 novembre 2005

Egalit鍊professionnelle : colloque au lyc饠Neruda le 24 novembre
On ne compte que 22 % de femmes
chefs d'entreprises ࠄieppe

L’駡lit頰rofessionnelle entre hommes et femmes : les chiffres le prouvent tant au niveau national que local, on en est encore loin ! A Dieppe, elles ne sont que 22 % ࠳’괲e lanc饠dans la grande aventure de la cr顴ion d’entreprise. Quant aux salaires en Haute-normandie, ͊ poste 鱵ivalent, les femmes gagnent 30 % de moins que leurs homologues masculins. Explications et rencontre avec une femme qui a fait carri貥 dans un univers tr賍 masculin.

Le patron des patrons est une patronne, ce qui n’emp꣨e pas les in駡lit鳠professionnelles entre les deux sexes de persister. Il est loin le temps oes femmes demandaient la permission ࠬeurs maris pour travailler. Cela ne veut n顮moins pas dire qu’elles acc褥nt ࠤes postes ͊ responsabilit頡vec autant de facilit鳠que leurs homologues masculins. Au niveau national, comme au niveau r駩onal, les filles sont plus dou饳 que les hommes pour les 鴵des, ce qui ne veut pas dire qu’elle trouve plus facilement un emploi (les femmes repr鳥ntent 55,5 % des 鴵diants). Elles sont par exemple pr賠de 27 500 ࠲echercher un emploi en Haute-Normandie, alors que les hommes sont eux pr賠de 25 900 (chiffres Insee 2004).

Si en th鯲ie, la volont頥st de d鶥lopper l’駡lit頰rofessionnelle, dans les faits, un long chemin reste ࠰arcourir.

De gros 飡rts de salaires

Les professions se sont aujourd’hui largement d魯cratis饳 : il n’est plus rare de trouver des m鴩ers dits d’hommes, occup鳠par des femmes : conductrice poids lourds, brigadier de police, commandant de pompiers, etc. sont devenus monnaie courante. Et pourtant, si les femmes ont la capacit鍊 d’occuper ces postes, cela ne veut pas dire qu’elles ont un salaire 鱵ivalent ࠣelui des hommes.

En Haute-Normandie par exemple, un homme qui occupe un poste de cadre gagne en moyenne 37 300 euros par an alors qu’une femme ࠬa mꭥ fonction ne gagne que 26 100 euros. Pourquoi de tels 飡rts ? Difficile ࠥxpliquer. Les femmes n駯cient peut-괲e moins bien leurs salaires que les hommes…

Pour contrecarrer ces 飡rts, un projet de loi a 鴩 pr鳥nt頰ar Nicole Ameline, la ministre de la Parit頥t de l'Egalit頰rofessionnelle. Ce dernier, tr賍 ambitieux, veut r餵ire ࠬ'horizon 2010 un 飡rt de r魵n鲡tion qui s'鴡blirait ࠲5 %.

Moins nombreuses dans l’industrie

Les femmes sont aussi brillantes que les hommes, mais visiblement moins enclines ࠳e lancer dans leurs propres entreprises. 렅lles sont 鶩dement plus nombreuses sur Dieppe comme ailleurs ࠯uvrir leurs magasins et leurs salons de coiffure, mais on les retrouve tr賠peu dans l’industrie explique la chambre de commerce et d’industrie de Dieppe. (voir infographie ci-contre). En tout, elles sont environ 22 %. C’est moins que la moyenne nationale, qui, elle, se situe ͊ 27 %.

Un fonds de garantie ࠬ’initiative des femmes a pourtant 鴩 cr驠: son objectif est d’encourager les femmes ࠣr饲, reprendre ou d鶥lopper une entreprise en leur facilitant l’acc賠au cr餩t bancaire.

Colloque sur l’駡lit鍊 professionnelle

Chaque ann饬 le lyc饠Pablo-Neruda organise une journ饍 d颡t avec les entreprises et les acteurs 飯nomiques. Cette ann饬 le th譥 retenu a 鴩 : 렌’駡lit頰rofessionnelle homme femme en entreprise : utopie ou r顬it頿 Cette journ饠se tiendra le jeudi 24 novembre, de 8 h 30 ࠱7 h 30 au lyc饠Pablo-Neruda. Fran篩s Fatou, de l’observatoire de la responsabilit頳ociale des entreprises devrait 괲e pr鳥nt. Il dressera le bilan de l’鴵de nationale sur l’駡lit頰rofessionnelle.

Les autres invit鳠seront entrepreneurs, enseignants, sous-pr馥t. Le minist貥 de l’Egalit頤es chances et de l’Insertion professionnelle devrait aussi 괲e repr鳥nt鮼/small>

Pour participer ࠣe colloque, les inscriptions peuvent se faire sur le site
www.ac-rouen.fr/lycees/neruda (30 euros comprenant le repas).

Virginie Veiss

Caroline Bernard, directrice d鬩gu饠ࠬa centrale de Penly

렐our r鵳sir, il faut avoir la niaque strong>

Pour Caroline Bernard, directrice d鬩gu饠de la centrale de Penly, la carri貥 d’une femme se dessine d賠l’enfance. Bien s si elle en est arriv饠lࠡujourd’hui, c’est gr⣥ ࠳a personnalit頥t surtout ͊ ses comp鴥nces. Mais aussi gr⣥ ࠬ’餵cation qu’elle a re絥.

렍a m貥 n’a pas eu deux filles et quatre gar篮s, mais six enfants. A la maison, pas de diff鲥nce donc : nous avons tous 鴩 餵qu鳠sur le mꭥ pied d’駡lit頥t incit鳠࠰ratiquer les mꭥs sports de comp鴩tion. Elle nous a appris ࠡvoir la 렮iaque t nous avons b⴩ notre vie sur cette philosophie /small>

Et cela a visiblement bien forg頬e caract貥 de Caroline, qui se donne toutes les chances pour faire une carri貥 scientifique. Apr賠une maise en physique fondamentale, et un DEA d’ing鮩鲩e nucl顩re, elle accepte son premier emploi chez EDF apr賠six mois de stage. Et depuis, cela fait 25 ans que cela dure : en tout, elle a occup頨uit postes. Elle a d颵t頠 25 ans comme ing鮩eur physicien, et a occup頤iverses fonctions ࠲esponsabilit頤epuis : chef d’essai de d魡rrage, chef de projet, elle a 駡lement travaill頤ans des cabinets et a 鴩 directrice d’op鲡tion de maintenance. Des postes qui l’ont men頤e Paris, ࠎogent, dans l’est de la France, etc, jusqu’ࠐenly.

Durant toutes ces ann饳, Caroline a baign頤ans un univers tr賠masculin, mais estime ne jamais avoir souffert de s駲駡tion. La seule remarque qu’elle fera ࠣe sujet est que 렱uand on est une femme, on se dit qu’il ne faut surtout pas se rater. On a peut-괲e une pression plus 鬥v饠sur les 鰡ules. On doit faire ses preuves tout le temps /small>

Mener de front carri貥 et famille

Au sein de chacun des postes occup鳬 Caroline s’investit sans compter et devient 렵ne c鬩bataire g鯧raphique /small>

렊’ai pu faire ce choix d’aller travailler sur diff鲥nts sites gr⣥ ࠭on mari, qui s’est investi dans l’餵cation de mes enfants et qui a compl败ment assum頳on r. Eux sont rest鳠en r駩on parisienne et moi je me d鰬ace au gr頤e mes postes /small>

La force de Caroline est qu’elle a su trouver un 鱵ilibre entre sa carri貥 et sa vie de famille. 렉l faut faire les bons choix et c’est ce qui est parfois difficile. Quand il a fallu le faire, pour mes enfants, j’ai frein頭a carri貥 pour 괲e ࠬeurs cs. Et je l’ai relanc饠quand j’ai senti que c’鴡it le bon moment /small>

Pour les jeunes femmes ing鮩eurs qui ont travaill頠 ses cs, Caroline est un exemple.   렉l m’arrive de rep鲥r celles qui ont du potentiel et d’essayer de les faire sortir de   l’ombre /small>

Le chemin qui reste ࠰arcourir n’est peut-괲e pas si long. Reste ͊ insuffler la 렮iaque toutes ces petites filles et leur prouver qu’elles peuvent aussi bien faire que ces messieurs.

V. V.


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