| Les voitures n’ont pas br ͊ Dieppe, tant mieux. Mais la grande r鶯lte des banlieues, au-delࠤe l’immense
g⣨is caus頠 la soci鴩 tout enti貥, a r鶩l頬e probl譥 r饬 de la
discrimination ࠬ’embauche. Test sans succ賠et t魯ignages sur Dieppe, et
entretien avec le chef d’entreprise de Mantes-la-Jolie Aziz Senni, qui 鴡it samedi
19 novembre chez Ardisson et mardi 22 ࠬ’Ecole sup鲩eure de commerce de Rouen. C’est
vrai, Dieppe est rest饠ࠬ’飡rt de l’embrasement g鮩ralis頤es cit鳮
Tant mieux. Preuve que l’air marin et la chaleur d’une ambiance portuaire
favorisent la fraternisation entre populations d’origines diff鲥ntes. Et si le
Dieppois est rugueux, il n’est g鮩ralement pas raciste. A l’exception de
quelques abrutis au stade Thoumyre certains samedis soirs…
Mais pour autant, tout va-t-il chez nous pour le mieux dans le meilleur des
mondes de l’int駲ation ? Certes non. Il n’y a d’ailleurs aucune raison
pour que les travers rencontr鳠ailleurs n'existent pas chez nous aussi, ͊ l’exception de ces flamb饳 de violences. Car s’il lui arrive de p鴥r les
plombs quand il a trop bu, le Dieppois, mꭥ d’origine 鴲ang貥, est plut
respectueux des forces de l’ordre et des institutions.
Des jeunes font donc parfois des conneries – mais les bandes sont en petit
nombre et ne troublent que tr賠peu l’ordre public – et des plus anciens
install鳠du bon c du manche peuvent parfois pratiquer la discrimination.
Un petit 렴esting u CV
pour voir…
Les mots ont 鴩 l⣨鳠il y a quinze jours par le
pr鳩dent de la R鰵blique lui-mꭥ. 렔rop de CV finissent directement ࠬa
corbeille ࠣause d’un patronyme, d’une origine ou d’un lieu de r鳩dence
C’est vrai que si on s’appelle Rachid et que l’on habite les barres de
Neuville, le Val-Druel ou les Bruy貥s, c’est plus difficile de trouver un emploi
(dans une ville qui compte 19,5 % de churs) que si on s’appelle Fran篩s et que
l’on est domicili頥n centre-ville ou ࠐuys.
Preuve, les difficult鳠rencontr饳 par Fatiha, qui pour franchir plus
facilement la premi貥 porte pr顬able ࠬ’embauche (le fameux CV qui finit au
panier), y a mentionn頣omme pr鮯m… Francine (voir page 5). Mais mꭥ si
l’on est convoqu頠 un entretien, la couleur de peau de Francine peut alors
provoquer un embarras se traduisant par un 렃’est dommage, le poste vient
d’괲e pris par quelqu’un d’autre /small>
Alors pour en avoir le cœur net, nous avons tent頬a m鴨ode dite du 덊 testing ue pratiquent r駵li貥ment les associations antiracistes ࠬ’entr饍
des discoth豵es ou dans les salles d’attente des entreprises. R鰯ndant ࠵ne
annonce recherchant pour Dieppe un 렣onseiller vendeur n contrat ࠤur饍
ind鴥rmin饠avec formation assur饬 nous avons envoy頤eux CV ࠬa mꭥ entreprise
: celui d’un Fran硩s suppos頫 de souche tant donn頳on patronyme (Olivier
Michel) et sa photo, et celui d’un Fran硩s d’origine maghr颩ne pour les
mꭥs raisons (Imad Belloua). Tous deux ont le mꭥ dipl (BTS force de vente), mais
le Fran硩s d’origine a un parcours professionnel plus cahotique. En toute logique,
le fils d’immigr頨actuel pseudo-vendeur informatique ࠒouen) a th鯲iquement
plus de chance de d飲ocher un rendez-vous…
Depuis dix jours, malgr頵ne relance par Internet du 렦aux mmigr頱ui
explique dans son mail qu’il attend une r鰯nse rapide car il a re絠une autre
proposition sur Rouen (mais qu’il pr馨re Dieppe pour des raisons de proximit鍊 avec son domicile) aucun des deux portables n’a sonn鬠et aucune r鰯nse ne nous
est parvenue par Internet. L’offre d’emploi a d’ailleurs 鴩 retir饮
Sans doute le poste a-t-il 鴩 pourvu, mais l’envoi d’un CV avec courrier de
motivation, et surtout d’un mail de relance demandant une r鰯nse rapide, m鲩tait
au moins ladite r鰯nse. A ce jour, c’est toujours le vide total sur les messageries
de l’infortun頦aux Imad Belloua. Nous avons effectu頵n autre test t鬩phonique,
mais sans pr飩ser aucun patronyme : il s’agit cette fois d’un job
d’appoint de vente ࠤomicile, et la responsable ne nous pose aucune question sur
notre nom, notre origine ou notre domicile. Voyant notre h鳩tation ࠶enir la
rencontrer, elle nous incite ࠬe faire. Lଠaucune discrimination, mais il ne
s’agit pas d’un contrat d’embauche, juste d’une collaboration sans
contrat r魵n鲩e au r鳵ltat. Est-ce ࠤire que les jeunes immigr鳠dipls
n’ont droit qu’ࠤes petits boulots ?..
Enqu괥 :Julie Voisin et Olivier Bassine
Le sociologue
Jean-Fran篩s Amadieu
a pratiqu頬e 렴esting grande 飨elle
75 r鰯nses pour un Parisien 려e souche /big>
14 pour un Maghr颩n
La m鴨ode dite du 렴esting reconnue par une
jurisprudence de la Cour de Cassation) a 鴩 pratiqu饠en mai 2004 par le sociologue
Jean-Fran篩s Amadieu. Il a envoy頤es centaines de courriers ࠤes entreprises ayant
publi頵ne offre d’emploi. Chacun avec CV, photo et lettre de motivation. Le 덊 candidat ࠣhaque fois le mꭥ profil (dipls, exp鲩ence, parcours
professionnel), mais il est tour ࠴our parisien fran硩s de souche, femme, maghr颩n,
quinquag鮡ire, fran硩s habitant le Val-Fourr頠 Mantes-la-Jolie, handicap頯u homme
au visage d馯rm鮼/small>
Selon le magazine 렖aleurs mutualistes qui cite cette enqu괥 dans son
餩tion de novembre/d飥mbre 2005, les r鳵ltats sont affligeants : si l’homme de
Paris bien fait de sa personne et surtout fran硩s de souche obtient 75 r鰯nses pour un
entretien d’embauche, la femme de mꭥ profil n’en a que 69, le Fran硩s de la
cit頴5, le Fran硩s au visage difforme 33, le quinquag鮡ire 20, le Maghr颩n 14 et
l’handicap頵. Car la discrimination ࠬ’駡rd des handicap鳠est
manifestement pire que toutes les autres.
Alors bonne chance aux Maghr颩nes moches, ⧩es de 50 ans, souffrant
d’un handicap et vivant dans une cit頡
Des recruteurs de plus en plus
vigilants…
Aucune personne ne peut 괲e 飡rt饠d’une
proc餵re de recrutement ou de l’acc賠࠵n stage ou d’une p鲩ode de
formation en entreprise, (…) en raison de son origine tipule l’article
L122-45 du code du travail. Pourtant, de nombreux abus ont 鴩 d鮯nc鳬 tant dans les
processus de recrutement en entreprise que par des agences int鲩maires. SOS Racisme
vient d'鰩ngler deux importantes agences d'int鲩m parisiennes qui se sont rendues
complices de telles discriminations, gr⣥ ࠵n contr d'huissier obtenu sur
ordonnance du pr鳩dent du tribunal de Grande Instance de Paris, et gr⣥ au contr
d'un inspecteur du travail. Pour l'une des deux agences d'int鲩m, les informations
provenaient d'un ancien stagiaire qui s'鴡it indign頡upr賠de SOS Racisme des
pratiques discriminatoires qu'on lui imposait. Les int鲩maires sont class鳠en fonction
de leur couleur de peau : PRI pour bonne pr鳥ntation (orale et physique), PRII pour
pr鳥ntation passable (orale et physique) ou PRIV : noirs (indique la couleur de peau de
l'int鲩maire). Ainsi, lorsqu'un client demande un int鲩maire, il peut comme si rien
n’鴡it, demander un 뢬anc e mani貥 cod饠en r飬amant un 렂BR Bleu
Blanc Rouge) ou un 렮on PRIV/small>
Pour Sylvain Delaunay, responsable chez Crit Interim Haute-Normandie, les
pr骵g鳠sont durs ࠣombattre : 렏n a du mal ࠣombattre certains r馬exes
humains. Il s’agit d’un probl譥 鴨ique individuel qui va au-delࠤe la
politique de l’entreprise. Toutefois, on a pu remarquer de nombreux changements ces
derni貥s ann饳. Avant, certains chefs d’entreprises ne se gꮡient pas pour
formuler certaines demandes quant aux origines des personnes qu’il fallait ou non
recruter. On 鴡it dans une certaine banalisation. Aujourd’hui, apr賠de multiples
condamnations, 硠n’arrive plus. C’est malheureusement la politique du bn
qui fonctionne, egrette Sylvain Delaunay.
A l’飨elle r駩onale, une sensibilisation des collaborateurs et mꭥ
des diff鲥nts interlocuteurs, comme les int鲩maires eux-mꭥs, est mise en place : 덊 A l’interne, on essaie de travailler ࠴ous les stades du m鴩er de recrutement,
mꭥ ࠬ’accueil, pour que chacun soit acteur du processus ouligne Sylvain
Delaunay. Crit Int鲩m est aussi signataire de la 렣harte de la diversit頤ans
l’entreprise ui repose sur une id饠simple : nos entreprises ont int鲪t ͊ refl鴥r la diversit頤e la soci鴩 dans laquelle elles sont implant饳. La mesure
remonte d颵t 2004, lorsque l’Institut Montaigne lan硩t dans son rapport intitul鍊 렌es oubli鳠de l’駡lit頤es chances ’id饠d’une Charte de la
diversit頰our encourager les entreprises ࠲efl鴥r dans leur effectif les diverses
composantes de la soci鴩 fran硩se, et ࠦaire de la non-discrimination et de la
diversit頵n axe strat駩que.
Aziz Senni a pr la
려iscrimination positive territoriale r>
mardi dernier ࠒouen
L’ascenseur social 鴡nt en panne, il a pris
l’escalier…
Parti avec un simple monospace dans son quartier du
Val-Fourr頠 Mantes-la-Jolie, Aziz Senni a imagin頵n concept de taxi collectif ࠢon
march頱ui s’est d鶥lopp頤ans toute la France. Le jeune chef d’entreprise
est surtout l’auteur d’un livre, 렌’Ascenseur social est en panne,
j’ai pris l’escalier Il 鴡it mardi 22 novembre ࠒouen pour prr la 덊 discrimination positive par quartier/small>
La discrimination, il sait ce que c’est. Mais s’il jette un regard
tr賠critique sur l’鶯lution de la soci鴩 fran硩se dans sa devise - Libert鬍
Egalit鬠Fraternit頭 et dresse pour l’avoir v飵 le constat d’une soci鴩
qui se veut 駡litaire dans ses principes, mais qui ne l’est pas en r顬it鬠Aziz
Senni reste positif et estime que 렭algr頳es d馡illances, l’飯le reste la
meilleure arme our permettre ࠣhacun de grimper les 鴡ges de la promotion sociale.
Et que 렬e bulletin de vote est bien plus efficace que les cocktails molotov /small>
L’auteur de ce qui est en train de devenir un best-seller d’actualit鍊 (suite aux violences dans les banlieues et aux propos t鬩vis鳠du chef de l’Etat
il y a quinze jours), 렌’Ascenseur social est en panne, j’ai pris
l’escalier a grandi dans le quartier du Val-Fourr鬠ࠍantes-la-Jolie dans les
Yvelines. Malgr頬es embes et les chausse-trappes, sans aide ext鲩eure
particuli貥 et affubl頤’un patronyme et d’un visage qui n’ouvrent pas
particuli貥ment les portes, il cr饠sa petite entreprise en 2000 dans son quartier de
Mantes. ATA, c’est d’abord un simple monospace qui sert de taxi collectif pour
les habitants du quartier qui ne peuvent se payer le taxi. A plusieurs, c’est moins
cher. Le concept marche si bien qu’Aziz Senni est aujourd’hui ࠬa t괥
d’une soci鴩 qui emploie 100 personnes ࠍantes-la-Jolie, Rouen, Caen, Toulouse,
Montpellier, Annemasse, et bientMarseille et Rennes.
Ni joueur de foot, ni com餩en, ni chanteur, le chef d’entreprise devenu
auteur veut faire passer le message de ce qu’il appelle la 려iscrimination positive
territoriale une sorte de quotas d’embauche r鳥rv鳠non ࠣertaines ethnies,
mais ࠵n territoire, un quartier par exemple. Il 鴡it ࠬ’Ecole sup鲩eure de
commerce de Rouen mardi 22 novembre ࠱8 h 30 pour en parler. Nous l’avions joint au
t鬩phone, apr賠une interview pour une t鬩vision hollandaise et ࠬa veille de son
passage le samedi 19 novembre ࠬ’魩ssion 렔out le monde en parle ol a
tenu les mꭥs propos que ceux recueillis ci-dessous.
렌’飯le reste la
meilleure arme strong>
Les Informations Dieppoises : Quel est le constat que vous
dressez de la situation sociale en France aujourd’hui ?
Aziz Senni : Je ne suis pas surpris. Il existe en France des poches de mis貥
avec des taux de 30 ࠴0 % de churs, et jusqu’࠶0-70 % chez les 18-25 ans. Et
quand tu t’appelles Mohammed, tu as trois fois moins de chance de t’en tirer que
si tu t’appelles Fran篩s. Le ph鮯m讥 est cyclique. ǡ a p鴩 au d颵t des
ann饳 quatre-vingt, puis au d颵t des ann饳 quatre-vingt-dix et maintenant.
Comment faire pour sortir de cette spirale ghetto-飨ec-violence ?
A ces cris de mis貥 sociale, j’ai envie de r鰯ndre par la
discrimination positive territoriale, quelle que soit la couleur de peau. Il faut
g鮩raliser les zones franches (zones disposant d’exemptions de taxes et charges,
NDLR) dans tous les quartiers en difficult鬠et je suis favorable ࠤes quotas, de 10 %
par exemple, d’embauche de gens du quartier, quelle que soit leur origine car il y a
aussi des Fran硩s qui souffrent dans ces quartiers, pas seulement des immigr鳮
Vous dites dans votre livre que l’ascenseur social - comme on se plaisait
ࠡppeler un syst譥 qui se veut 駡litaire pour tous d賠l’飯le - est en panne
et que vous avez drendre l’escalier. Comment cela s’est pass頿
Tout le monde devrait pouvoir prendre cet ascenseur, mais force est de constater
qu’il est r鳥rv頠 certains. Moi, et des millions d’autres, on prend
l’escalier parce qu’on n’a pas le choix. Il y a trois mois, je me suis
rendu en discoth豵e avec un coll觵e chef d’entreprise fran硩s d’origine.
Le videur lui a dit : 렖ous, vous rentrez, et en me montrant du doigt a ajout頶ous,
vous restez dehors Aujourd’hui, l’ascenseur social fonctionne mieux en
Pologne ou en Roumanie, par exemple.
Oui, mais ce sont des pays sortis du communisme, qui connaissent la
croissance…
Le probl譥 de la France, c’est qu’elle reproduit ses 鬩tes et ses
couches laborieuses. Les contes et les ducs se passent le pouvoir, et les gueux restent en
bas de l’飨elle. Un seul exemple : je d颡ttais il y a trois jours avec Fran篩s
Hollande sur France 3. Christine Ockrent lui faisait remarquer que son parti ne respectait
pas toujours la loi sur la parit頨ommes-femmes, et tout ce qu’il a trouv頠 dire
c’est : 렏ui, c’est vrai Oa-t-on si ceux qui sont cens鳠faire les
lois ne les respectent pas ?
Que pr飯nisez-vous pour r鴡blir une 駡lit頤e fait ?
Malgr頳es d馡illances, l’飯le et les dipls restent la meilleure
arme, mꭥ si nous autres issus de quartiers difficiles on doit bosser trois fois plus.
Et le bulletin de vote est bien plus efficace d’un cocktail molotov. Les feignants
resteront des feignants, quelle que soit leur origine, mais force est de constater
qu’il n’y a pas grand-chose en place pour aider ceux qui veulent vraiment
s’en sortir.
Propos recueillis par Olivier Bassine
L’association Bel-Air
accompagne les personnes
d’origine 鴲ang貥 vers l’emploi
Discrimination, injustice, d飯uragement font
partie du quotidien des 鴲angers qui viennent chercher de l’aide ͊ l’association Bel-Air pour d飲ocher un travail. Fatima Mezerai, coordinatrice ͊ l’association, est souvent confront饠aux probl譥s de discrimination ͊ l’embauche…
A l’association Bel-Air de Neuville-l賭Dieppe, Fatima Mezerai,
s’occupe de recevoir et d’aider les personnes d’origine 鴲ang貥. Aide
ࠬ’insertion par le biais d’activit鳬 ateliers de recherche d’emploi et
d’aide administrative, les services propos鳠sont nombreux et souvent sollicit鳮
Les personnes qui viennent pour obtenir un soutien sont souvent d飯urag饳 ou perdues.
Elles envoient un CV, on ne leur r鰯nd pas ou on leur donne un rendez-vous et on leur
annonce que le poste est pris quand elles se pr鳥ntent : 렉l existe une r饬le
discrimination ࠬ’embauche, mꭥ si ce n’est plus toujours flagrant. Quand on
est 鴲anger, on est souvent catalogu鬠mꭥ ࠣomp鴥nces 駡les sur un poste
explique Fatima Mezerai.
Parce que l’emploi est le premier pas vers l’int駲ation,
l’association les r鯲iente dans leurs recherches et fait jouer ses relations : 덊 Gr⣥ au r鳥au de l’association, on met de nombreux contacts ࠬa port饠des
demandeurs d’emploi. On parvient ࠦaire aboutir de nombreuses recherches, mais les
飨ecs sont aussi nombreux. A titre d’exemple, je n’ai pas r鵳si ࠰lacer
une informaticienne sur l’agglom鲡tion dieppoise ; son pr鮯m : Fatima. Certains
en arrivent mꭥ ࠣhanger de pr鮯m : une certaine Fatiha se fait appeler Francine.
Mon p貥 me disait Tu es fran硩s mais tu seras toujours consid鲩 comme 鴲anger se rappelle Fatima Mezerai.
Sur Neuville, beaucoup de familles fran硩ses issues de l’immigration se
retrouvent s鰡r饳, parce que les hommes ne trouvent pas de travail sur le bassin
dieppois, mꭥ des emplois faiblement qualifi鳮 C’est souvent en r駩on
parisienne qu’ils finissent par obtenir un emploi. Pour Fatima Mezerai, le 덊 brassage culturel es grandes villes amenuise la discrimination ࠬ’embauche
mꭥ si elle reconnaque les 鴲angers ne sont bien 鶩demment pas les seuls ͊ pr de la conjoncture 飯nomique et du chge.
Quant ࠬ’avenir, Fatima Mezerai esp貥 un changement dans les d飩sions
du gouvernement : 렉l existe un vrai potentiel de jeunesse en France. La diversit鍊 culturelle y est pour beaucoup : c’est la force de la France. Cependant, il faut
arriver ࠥxploiter cette richesse. Je reste sceptique quand on parle de discrimination
positive. Pour moi, il existe une r饬le crise identitaire et les gens r飬ament plus de
reconnaissance. Le maintien du lien social, la mise en place de m餩ateurs dans les
secteurs sensibles sont sans aucun doute des 鬩ments de r鰯nse ࠣette crise explique la coordinatrice.
Une loi et une Haute autorit鼯strong>
La loi du 16 novembre 2001 est pourtant claire : 렁ucune
personne ne peut 괲e 飡rt饠d’une proc餵re de recrutement en raison de son
origine, de son sexe, de ses mœurs, de son ⧥, de son apparence physique, de son
鴡t de sant頯u de son handicap Mais ࠭oins de pratiquer le testing sur CV (car
lors d’un entretien d’embauche les crit貥s deviennent plus subjectifs),
comment prouver qu’il y a discrimination ? Et les parquets de France ne sont pas
encore enclins ࠤiligenter enqu괥s et proc餵res. Nul doute qu’apr賠novembre
2005, les choses vont 鶯luer.
En attendant, si vous pensez faire l’objet d’une discrimination ͊ l’embauche (immigr頭ais aussi femme, handicap頯u ⧥ trop avanc马 vous pouvez
contacter la Haute autorit頤e lutte contre les discriminations et pour l’駡lit鍊 mise en place en mars 2005. Haute autorit頤e lutte contre les discriminations et pour
l’駡lit頨Halde), 11 rue Saint-Georges, Paris IXe. T鬮 :08 1 000 5 000. www.halde.fr |