| Apr賠un cas mortel au printemps,
puis la mort de R駩s (17 ans) en juin ࠎeuville-l賭Dieppe, et Marine (7 mois) en
septembre ࠄieppe, la m鮩ngite bact鲩enne vient de tuer deux fois le week-end
dernier : Bryan, 2 ans et demi de Neuville-l賭Dieppe, et une toute petite de 2 mois et
demi ࠄieppe. L’inqui鴵de, et parfois la col貥, commencent ࠳e faire sentir.
Notre travail consistant ࠲efuser le silence, nous avons contact頴outes les autorit鳍
sanitaires, jusqu’au ministre lui-mꭥ. Il est plus que temps de mettre le paquet
pour 鲡diquer ce v鲩table fl页 ! Pourquoi ? Pourquoi
autant de cas ࠄieppe, et toujours dans la mꭥ r駩on, alors que la bact鲩e a
forc魥nt de propager ailleurs. Mais c’est ici qu’elle tue le plus : cinq
fois, peut-괲e six depuis le d颵t de l’ann饮 Ost le foyer ? Quels sont les
facteurs d飬enchant ? On est la recherche ? Comment mieux se pr魵nir ?
Trop, c’est trop ! Apr賠la mort de Bryan, deux ans et demi, foudroy頥n
࠰eine six heures dans la nuit de vendredi ࠳amedi ࠬ’htal de Dieppe (voir
page ci-contre), puis celle d’un b颩, une fillette dieppoise de deux mois et demi
emport饠par le fl页 dimanche soir ࠲1 heures ࠬ’htal Charles-Nicolle de
Rouen (cas de m鮩ngite ࠭鮩ngocoque confirm頭ardi par la DDASS), la population de
la r駩on dieppoise a le droit d’en savoir plus.
Des parents de victimes nous ont parl頤e col貥, d’autres que nous
cyons tous les jours – et nous-mꭥs –, ainsi d’ailleurs que des
m餥cins, ressentons une inqui鴵de grandissante. Il est temps de dire tout ce que
l’on sait sur ce dramatique sujet qui nous secoue maintenant r駵li貥ment depuis
trois ans. Aussi avons-nous contact頴ous les interlocuteurs concern鳬 et ce
jusqu’au ministre de la Sant頬ui-mꭥ, Xavier Bertrand – ࠱ui nous avons
adress頵n mail (de mꭥ d’ailleurs que l’ont fait par courrier le d鰵t鍊 Edouard Leveau, la s鮡trice Sandrine Hurel et la pr鳩dente de l’association
Audrey m鮩ngite R駩s 76). Nous attendons la r鰯nse du ministre, que nous publierons
ainsi que notre courrier, d賠r飥ption. A tous la mꭥ question : pourquoi la
m鮩ngite continue-t-elle de tuer autour de Dieppe, et presque seulement ࠄieppe, qui
enregistre la moiti頤es cas mortels de France ?
Un m餥cin du Val-Druel
Il existe quelque part un foyer, et les autorit鳍
sanitaires ne l’ont toujours pas trouv鬠indique ce m餥cin du Val-Druel. Il
faudrait r顬iser une v鲩table enqu괥 ࠬa Sherlock Holmes pour savoir exactement
tous les endroits que les victimes et leurs parents ont fr鱵ent鳠nous avons pos鍊 la question ࠬ’Institut national de veille sanitaire, qui affirme qu’il
s’agit l࠰r飩s魥nt du travail des 鰩d魩ologistes. Mais aucun parent de
victime ne nous a dit avoir 鴩 interrog頴r賠pr飩s魥nt sur ces questions
directement par l’INVS, mais par la DDASS).
렑uel est le facteur d飬enchant, y a-t-il un foyer ? A ma connaissance, peu
d’enqu괥urs sont venus sur le terrain, ajoute notre m餥cin. A d馡ut de
r鰯nses et enfin d’un vaccin, il faut pr鶥nir en amont. 70 % des cas
diagnostiqu鳠l’ont 鴩 par des m餥cins g鮩ralistes. Nous avons dans nos
cabinets l’antibiotique ࠩnjecter s’il s’agit d’une m鮩ngite de
type B. En tant qu’ancien urgentiste, j’insiste sur le fait que les gens ne
doivent pas engorger les urgences pour des bobos sans gravit鬠mais laisser les m餥cins
de garde se concentrer sur les cas qui peuvent 괲e mortels. Enfin, il n’est pas
normal que nous, m餥cins au plus pr賠des victimes, soyons inform鳠des cas par la
presse. La moindre des choses serait de nous faxer un communiqu頯u de nous passer un
coup de fil, que nous sachions rapidement ce qui se passe dans notre r駩on, et adaptions
diagnostics et traitements /small>
Explications de la DDASS de Rouen
Pour une fois, au lieu de communiqu鳠laconiques, la DDASS
prend le temps de r鰯ndre os questions. Le Dr Nicole Bohic se veut explicite, mꭥ
si elle reste prudente dans ses affirmations. 렐ourquoi la maladie se d鶥loppe ࠴el
endroit, plutqu’un autre ? Bien s cette question est toujours pos饮 Nous
interrogeons les familles, pr鬥vons le germe responsable et remontons les informations
ࠬ'Institut national de veille sanitaire, au Centre national de la recherche et ࠬa
direction g鮩rale de la sant頨minist貥). Il y a un vrai travail de fond r顬is鍊 de fa篮 continue depuis deux ans par le Centre national de la recherche et
l’Institut Pasteur /small>
Objectif : trouver enfin le vaccin. Mais si maintenant l’on sait qu’il
s’agit d’un germe proche d’une souche norv駩enne, pour laquelle un vaccin
existe d骠, il n’y a pas encore d’autorisation de mise sur le march鮠Il
semblerait que ce vaccin norv駩en pourrait 괲e efficace contre la souche dieppoise,
mais pourrait 괲e mal tol鲩, et n’aurait pas d’efficacit頩mm餩ate car
il devrait 괲e inocul頥n trois injections, un peu comme pour le t鴡nos. Des tests,
voire une adaptation du vaccin ࠬa souche sp飩fiquement dieppoise, seraient en cours
selon nos informations. 렅n tout cas, il est 鶩dent que le jour oous obtenons
quelque chose, le vaccin sera aussitutilis頻 ajoute le m餥cin de la DDASS. Quand
? Myst貥…
La DDASS lance, apr賠celle de d飥mbre 2004, une nouvelle campagne
d’information d賠la semaine prochaine en direction de tous les enfants du
d鰡rtement scolaris鳠de la maternelle au lyc饬 aux m餥cins, pharmaciens, PMI et
centres de pr鶥ntion.
Vendredi midi en pleine
forme, dans la nuit il mourait
Les parents de Bryan frapp鳠brutalement
C’est sans doute l’un des cas les plus
foudroyants rencontr頠 ce jour. Bryan a lutt頪usqu’au bout, mais a 鴩
emport頳amedi dernier ࠲ h 45 du matin ࠬ’htal de Dieppe. Douze heures plus
t il 鴡it en pleine forme, racontent son p貥 Christopher et sa m貥 Fanny, en
col貥 non pas contre tel ou tel m餥cin, mais contre la sournoise maladie et 렬e
manque d’informations son sujet.
Bryan, petit Neuvillais de deux ans et demi en pleine forme avant cela, est mort
brutalement samedi ࠲ h 45 du matin ࠬ’htal de Dieppe. Le lendemain, dimanche
࠲1 heures, un b颩 de 2 mois et demi, une fillette de Dieppe, subissait le mꭥ sort
atroce au CHU de Rouen. Malgr頬eur deuil, Christopher et Fanny, les parents de Bryan,
ont voulu nous recevoir chez les grands-parents, ࠎeuville, pour clamer leur douleur,
leur incompr騥nsion, leur col貥 et leur envie que tout se sache sur 렣ette saloperie
de maladie qu’il faut arr괥r, parce que maintenant, 硠suffit /small>
Le d鲯ulement des faits racont鳠tr賠lucidement par Christopher fait froid
dans le dos. 렅n fin de semaine pr飩dente, Bryan qui 鴡it un enfant en pleine
sant頡vait attrap頵ne laryngite. On lui avait donn頳es cachets pendant huit jours,
mais on ne savait pas encore que la salet頤e bact鲩e s’鴡it d飬ar饮
Vendredi dernier (4 novembre, NDLR) il allait beaucoup mieux, et il a mꭥ mang頠 midi
Contrairement aux informations non officielles qui nous avait 鴩 donn饳 dans le
quartier (les Infos du 8 novembre), Bryan n’a absolument pas vomi, ni ࠣe
moment-lଠni ࠡucun moment d’ailleurs.
렌a seule chose, ajoute le p貥, c’est qu’il semblait plus
affectueux que d’habitude, comme en recherche de c⬩ns. Dans l’apr賭midi, il
s’est mis ࠦaire un peu de fi趲e, qui est mont饠en fin de journ饠࠳9
렔⣨es rouges ࠲3 h 45 strong>
A partir de ce moment-lଠplus d’h鳩tation : les
urgences de l’htal de Dieppe. 렏n est descendu ࠱9 heures. Bryan n’avait
aucune t⣨e rouge. Apr賠lui avoir donn頤u Doliprane ou de l’Efferalgan pour
faire tomber la fi趲e, les infirmi貥s lui ont mis un patch sur la main ࠲1 h 25,
pour endormir localement avant de faire une prise de sang. Il est mont頥n p餩atrie ͊ 21 h 50 pour la prise de sang, mais celle-ci n’a pu 괲e faite qu’࠲3 h 45.
C’est ࠣe moment-l࠱u’on a vu qu’il avait des t⣨es rouges partout
Trois heures plus tard, c’鴡it fini…
Sans vouloir incriminer quiconque, et certainement pas le p餩atre ni les deux
infirmi貥s rest鳠au chevet de Bryan qu’ils remercient (렩ls n’ont mꭥ
pas pu s’emp꣨er de pleurer quand il est mort ainsi d’ailleurs que les
pompes fun袲es JDB, Christopher et Fanny pestent contre l’aspect pernicieux de la
maladie qui a ralenti les secours. En effet, admis ࠱9 heures, le petit gar篮
n’est mont頥n p餩atrie qu’࠲1 h 50, pr賠de deux heures plus tard, et
n’a subi la prise de sang qu’࠲3 h 45, soit pr賠de cinq heures apr賠son
admission. 렁 21 h 50, il allait bien, il 鴡it juste un peu p⬥, abattu par la
fi趲e et il demandait ࠢoire tout le temps. En fait, on lui a fait la prise de sang
alors qu’il commen硩t ࠭ourir avec l’apparition des t⣨es rouges (purpura fulminans, signe d’une infection g鮩ralis饠du sang).
렎e retiens pas tes larmes strong>
렃’est au moment de l’apparition des t⣨es
rouges que le SAMU de Rouen a 鴩 appel鮠On nous a dit qu’il serait l࠵ne heure
plus tard, mais il est arriv頠 2 heures du matin car il 鴡it sur une autre
intervention. Pourquoi ils n’ont pas envoy頵n h鬩co e demande le p貥.
Question l駩time, mais cela n’aurait sans doute servi ࠲ien, et Rouen
n’aurait probablement rien pu faire de plus que Dieppe…
렂ryan s’est battu jusqu’au bout, avec 5 de tension. On veut que
tous les parents soient au courant : le docteur m’a dit que quand un enfant a de la
fi趲e et change de comportement, il faut lui enlever ses chaussettes et le mettre en
body. Pour voir si les t⣨es apparaissent (la m貥 de R駩s, l’ado mort en juin,
conseille de le mettre u). Et pas s’inqui鴥r de la couleur de ses dents, comme
l’a fait une infirmi貥 au lieu de faire tout de suite une prise de sang… /small>
Se promettant de contacter l’association Audrey m鮩ngite R駩s 76,
Christopher clame dans un dernier acc賠de col貥 렬es chercheurs trouveront le
vaccin, mais apr賠combien de morts. Il ne faut pas prendre les gens pour des cons. On
doit 괲e inform頡 La mise en bi貥 de Bryan a eu lieu hier jeudi ࠸ heures ͊ Dieppe, l’avant-derni貥 petite victime de la m鮩ngite a 鴩 incin鲩e ͊ Rouen. La courte c鲩monie a 鴩 accompagn饠de la musique que l’enfant
pr馩rait, 렐lus belle la vie la Star Acad魹 et un morceau d’Amel
Bent… 렎e retiens pas tes larmes 133;
Enqu괥 : Olivier Bassine
Institut national de veille
sanitaire (Val-de-Marne)
Plus on s’鬯igne du terrain, et plus les r鰯nses
sont s裨es. Piqu饠au vif par nos questions directes, la personne en charge du dossier
ࠬ’INVS – qui fait pourtant un travail de surveillance continu et r駵lier
(tous les mois) depuis maintenant deux ans sur la situation particuli貥 ࠄieppe et au
d鰡rtement – semble indign饬 et n’apporte aucune info suppl魥ntaire.
렉l n’y a rien de plus que ce qui est indiqu頤ans les bulletins
鰩d魩ologiques, r鴯rque-t-elle. Le dernier dat頤u 26 octobre indique que 덊 l’hyper-end魩cit頯bserv饠sur le secteur de Dieppe (voir carte) depuis
l’ann饠2003 persiste. L’incidence annuelle dans le secteur de Dieppe est
actuellement de 11,8 cas pour 100 000 habitants (elle vient de passer ࠱4,2 depuis le
week-end dernier, NDLR), soit une incidence presque huit fois sup鲩eure ࠬa moyenne
nationale neuf fois et demi depuis les deux morts de samedi et dimanche). Et
d’ajouter que s’il y avait moins de d飨s qu’en 2004 (au 16 octobre, ce
qui n’est plus le cas), la proportion de cas avec un 렰urpura fulminans t⣨e
rouges sur le corps indiquant une infection g鮩ralis饠du sang) 력st
particuli貥ment 鬥v饠(40,5 %), ce qui traduit la gravit頤es cas li鳠ࠣette
souche /small>
Quant aux soins, ce n’est pas le boulot de l’INVS qui, dans de
pr飩dents bulletins 鰩d魩ologiques, indiquait que l’anciennet頤e cette
souche, rep鲩e pour la premi貥 fois en 1987, fait que l’administration
d’antibiotiques ࠴oute la population de la zone (comme cela a 鴩 fait ࠍetz),
n’aurait aucun effet, la souche ayant diss魩n鮠Nos seuls espoirs reposent donc
sur la d鴥ction pr飯ce (car la m鮩ngite B se soigne par antibio quand elle est prise
࠴emps) et l’attente d’un vaccin dans un d鬡i inconnu.
렂ien sque nous relions les cas entre eux, que nous demandons aux familles
les endroits fr鱵ent鳠par les victimes : c’est l’essence mꭥ du travail
d’鰩d魩ologiste, clame notre interlocutrice ࠬ’INVS. En tout cas,
l’enqu괥 렠 la Sherlock Holmes ue r飬ame notre m餥cin, ne semble pas en
marche…
Son fils est mort ࠎeuville en
juin dernier
L’exp鲩ence et les conseils de la m貥 de
R駩s
Micheline Hornung, de Neuville-l賭Dieppe, a perdu son fils
R駩s, 17 ans, en juin dernier. Depuis, elle n’a de cesse de contacter les
autorit鳬 d’organiser des r鵮ions d’informations, et de venir en aide aux
familles de victimes. Cela lui permet de r飯lter un maximum de d鴡ils utiles pour
d鴥cter la maladie.
렐our l’instant, il n’y a rien de rien pour assurer la gu鲩son
quand la maladie est ࠵n stade avanc鬠explique-t-elle. Je ne vois pas tellement bouger
les choses du c de la recherche. Il faut d颬oquer des fonds, et revoir au moins
localement la campagne contre les antibiotiques. Car tout se joue donc dans le rep鲡ge
des premiers signes cliniques Elle a r顬is頵n questionnaire sous forme de
plaquette qui indique qu’en cas de conjonction de trois sympts sur les sept
suivants (en plus d’une forte fi趲e de pr賠de 40oujours pr鳥nte) 렩l faut
exiger un m餥cin du SAMU – et pas un simple standardiste qui ne vous prend pas au
s鲩eux quand vous composez le 15 – ou filer imm餩atement aux urgences de
l’htal Les sept sympts des cas qui lui ont 鴩 racont鳠sont les
suivants :
1. Courbatures, mal ࠬa nuque, raideurs musculaires.
2. Maux de t괥 violents.
3. Maux de ventre aigus.
4. Vomissements en jets.
5. Somnolence et mollesse g鮩ralis饠chez l’enfant.
6. P⬥ur du visage et l趲es violac饳.
7. Yeux sensibles ࠬa lumi貥.
Et dans tous les cas, si apparaissent des t⣨es rouges en t괥
d’鰩ngle 렱ui ne disparaissent pas au moment oous appuyez un verre dessus
le temps est compt鮠Il est donc important pour Micheline Hornung 려e mettre
l’enfant u /small>
La DDASS confirme d’ailleurs la complexit頤e diagnostic. 렍ꭥ un
parent m餥cin peut avoir un retard dans le diagnostic, c’est arriv鬠car les cas
sont tr賠diff鲥nts : certains malades sont r鳩stants, d’autres abattus /small>
Pour en savoir plus, l’association Audrey
m鮩ngite R駩s 76 organise une r鵮ion publique le vendredi 25 novembre ࠲0 h 30 ͊ la Chambre de commerce et d’industrie. |